Les dirigeants des Investissements Daroph, Dany St-Pierre et Philippe Tremblay­, devront payer une amende de 5000 $ pour avoir procédé à la coupe de presque tous les arbres sur un terrain de 4,5 hectares à Cowansville.

Déboisement illégal: une amende de 5000 $

Les promoteurs immobiliers responsables du déboisement illégal d’une petite forêt derrière la rue Jules-Monast à Cowansville devront payer une amende de 5000 $ en plus de devoir planter des arbres.

L’analyse de photos aériennes antérieures au déboisement a permis de déterminer qu’une superficie équivalente à 1,1 hectare de forêt a été rasée sans permis, en violation de la réglementation municipale, indique Olivier Ricard, directeur du service de l’aménagement urbain et de l’environnement de la ville. L’amende a été donnée en vertu de la Loi sur l’aménagement et l’urbanisme. Le montant minimal est imposé parce qu’il s’agit d’une première offense. Elle aurait pu être de 15 000 $.

Outre l’amende, les dirigeants des Investissements Daroph, Dany St-Pierre et Philippe Tremblay, devront également procéder à la plantation d’arbres en fond de terrain des maisons déjà construites sur la rue Jules-Monast afin de créer un écran. Un plan de reboisement est attendu, a dit M. Ricard dans un échange de courriel. « [...] la plantation sera faite rapidement afin d’atteindre l’objectif de reboiser le site », nous a-t-il écrit.

La mairesse Sylvie Beauregard, accompagnée de M. Ricard, a rencontré M. St-Pierre la semaine dernière pour parler de la situation. Elle se dit satisfaite du montant de l’amende. « Ils sont conscients qu’ils ont fait une erreur. Il faut faire en sorte que ça devienne une affaire positive », a-t-elle dit en entrevue vendredi.

Les Investissements Daroph ont fait abattre tous les arbres le mois dernier sur le terrain de 4,5 hectares destiné à accueillir 47 maisons. Seuls quelques conifères dans la partie est du terrain ont été épargnés. La compagnie possédait un permis de déboisement pour une emprise de rue, soit l’équivalent d’une largeur de 15 mètres. L’entrepreneur retenu pour abattre les arbres a plutôt coupé sur une largeur d’environ 75 mètres.

Promoteurs d’expérience
Lorsqu’on a fait remarquer à Mme Beauregard que les deux promoteurs comptent plusieurs années d’expérience dans le domaine et sont au fait des règlements municipaux, la mairesse ne voit pas de mauvaise foi de leur part. Elle attribue l’abattage de ces arbres à une « erreur de communication ». « Ils ont toujours respecté les règles par le passé », a-t-elle dit.

Joint mardi, M. Tremblay croit que l’amende imposée par la Ville est raisonnable. « L’erreur est faite. On doit apprendre de nos erreurs », a-t-il dit.

Le service de l’urbanisme pourrait revoir ses façons de faire, s’interroge Mme Beauregard. Une surveillance des travaux de déboisement pourrait prévenir que trop d’arbres soient coupés, croit-elle. « Peut-être devrait-on s’assurer d’être présent à ce moment », a-t-elle dit. Les entrepreneurs pourraient devoir soumettre un calendrier des travaux d’abattage et s’y tenir. De cette façon, la municipalité pourrait prévoir la présence d’un de ses inspecteurs.