«Le message qu’on envoie aux développeurs et à la population par rapport à la coupe d’arbres est très simple, c’est qu’on ne les laissera pas passer. (...) On va exiger que les lieux soient remis en état», a laissé tomber lundi soir le maire Pascal Bonin, lors de la séance du conseil municipal.
«Le message qu’on envoie aux développeurs et à la population par rapport à la coupe d’arbres est très simple, c’est qu’on ne les laissera pas passer. (...) On va exiger que les lieux soient remis en état», a laissé tomber lundi soir le maire Pascal Bonin, lors de la séance du conseil municipal.

Déboisement illégal: Michel Duchesneau devra remettre les lieux en état

Marie-France Létourneau
Marie-France Létourneau
La Voix de l'Est
Le promoteur Michel Duchesneau et son entreprise Jonesco devront remettre en état la bande de protection boisée où des travaux de déboisement illégaux ont été réalisés au début de l’été dans le prolongement de la rue de Verchères, selon une entente survenue avec la Ville de Granby.

«Le message qu’on envoie aux développeurs et à la population par rapport à la coupe d’arbres est très simple, c’est qu’on ne les laissera pas passer. (...) On va exiger que les lieux soient remis en état. Ne pas se conformer et faire ce qui est arrivé coûte beaucoup plus cher que d’avoir respecté l’entente qu’on avait initialement», a laissé tomber lundi soir le maire Pascal Bonin, lors de la séance du conseil municipal.

Les travaux réalisés par le promoteur Duchesneau avaient soulevé une levée de boucliers des résidants du secteur en juin dernier. Une portion de la bande boisée de protection de six à vingt mètres qui devait être préservée, entre les résidences de la rue de Versailles et le prolongement de la rue de Verchères, en vertu du Plan d’implantation et d’intégration architectural (PIIA) adopté en 2016, a été rasée.

La Ville avait annoncé son intention d’entreprendre des recours juridiques contre M. Duchesneau, également ex-maire de Granby. L’émission du permis de lotissement avait été, dans la foulée, suspendue. Une fois qu’elle aura été homologuée par un tribunal, l’entente survenue récemment entre les deux parties prévoit cependant que le permis pourra être émis.

Série de conditions

Le promoteur pourra ainsi poursuivre le développement de la phase deux du développement des Jardins Quévillon, mais il devra néanmoins se soumettre à une série de conditions.

Celui qui souhaite briguer la mairie de Granby en 2021 disposera ainsi d’une période d’un an pour réaliser les travaux de remise en état. À défaut, la Ville pourra faire réaliser les travaux aux frais de Jonesco et une peine de 20 000 $ sera également prévue, est-il convenu.

Selon le sommaire décisionnel remis aux élus, dont les médias ont obtenu copie, la Ville mandatera un ingénieur forestier qui devra produire un rapport détaillant l’ensemble

des travaux de remise en état à effectuer. Ses honoraires professionnels seront assumés par Jonesco.

Autre condition prévue à l’entente: «les végétaux plantés devront avoir un taux de survie minimal de 90 % après trois ans». Des vérifications annuelles seront effectuées à cet effet par l’ingénieur forestier, est-il précisé.

Des cautionnements seront également fournis pour les honoraires de l’ingénieur forestier, ainsi que pour la réalisation des travaux.

«Il (Michel Duchesneau) a un certain temps pour faire la remise en état (...). Il a aussi une obligation de résultats sur trois ans. Ce qui ne l’empêche pas de construire ses maisons, tout en faisant la réparation des lieux», estime le maire Bonin.

Point important, selon lui: l’entente initiale, survenue en 2016 dans le cadre du PIIA, devrait dorénavant être respectée «à la lettre, d’un côté, comme de l’autre».

Le dénouement du dossier entraînera des coûts importants pour le promoteur, «dans les six chiffres», estime le maire, mais aucun pour les citoyens de la Ville.

Pascal Bonin laisse ainsi savoir que l’administration, forte de son nouveau Plan environnement adopté au printemps, a l’intention de «protéger le territoire».

Par ailleurs, le conseiller municipal Éric Duchesneau s’est retiré de la table du conseil lorsque ce point a été traité, car l’entreprise de son oncle (Michel Duchesneau), Jonesco, est un de ses créanciers hypothécaires.