La Ville de Cowansville émettra des amendes aux promoteurs Philippe Tremblay­ et Dany St-Pierre pour le déboisement illégal d’une forêt à Cowansville à des fins résidentielles.

Déboisement illégal: des amendes aux promoteurs

Les promoteurs immobiliers responsables du déboisement d’une forêt dans le secteur de la rue Jules-Monast à Cowansville n’ont pas respecté les limites de leur permis. Ils devront payer des amendes pour avoir abattu illégalement des arbres.

« Ils ont procédé de façon sauvage », dénonce Olivier Ricard, directeur de l’urbanisme et de l’environnement de la municipalité. « On ne peut pas prendre ça à la légère ; c’est certain qu’on va émettre des amendes et qu’ils vont devoir les payer. Il n’y a pas vraiment de contestation possible quand on voit ce qu’ils ont fait », a-t-il indiqué mardi en entrevue à La Voix de l’Est.

Un travail de recherche et d’analyse s’est enclenché au service de l’urbanisme pour déterminer combien d’arbres ont été coupés. Les amendes seront imposées selon le nombre. L’analyse s’annonce difficile puisque les souches ont été enlevées par la compagnie d’excavation St-Pierre et Tremblay. Des photos aériennes antérieures à la coupe seront utilisées pour réaliser l’analyse, a indiqué M. Ricard. « Ça va nous donner une bonne idée du nombre d’arbres qu’il y avait avant. On va l’analyser de la façon la plus sévère possible. »

Les promoteurs possédaient un permis pour déboiser la largeur de la future rue, soit environ 15 mètres, a dit M. Ricard. Or, les coupes n’ont épargné aucun arbre, à l’exception de conifères dans la section est du terrain de 4,5 hectares.

De la cochonnerie
Philippe Tremblay, l’autre promoteur impliqué dans le projet, a reconnu mardi que presque tous les arbres avaient été abattus. Le mandat, dit-il, était d’enlever seulement les petits arbres, ceux dont le diamètre était inférieur à 10 centimètres à 30 cm du sol, comme le permet la réglementation municipale. Les employés chargés du travail ne se sont pas arrêtés là. « J’ai parlé au surintendant. Ils en ont enlevé qui était plus grand que ça. »

Les essences d’arbres abattus ne valaient pas la peine d’être conservées, selon M. Tremblay. « C’était des bouleaux et des trembles. De la cochonnerie qui casse au vent. On les a coupés parce qu’ils sont dangereux », a-t-il réaffirmé.

Les amendes à venir s’expliquent par des raisons politiques, croit M. Tremblay. La Ville cède aux pressions de citoyens opposés à leur venue, selon lui. Elle agit pour ne pas mal paraître, estime-t-il.

M. Tremblay n’a pas l’intention de contester les amendes, a-t-il dit.

Le service de l’urbanisme pourrait-il revoir sa procédure d’émission de permis de déboisement pour éviter d’autres situations du genre ? La mairesse Sylvie Beauregard est ouverte à réfléchir à la question. « Il faut qu’on analyse l’ensemble du dossier pour comprendre ce qui s’est passé, est-ce qu’on peut procéder différemment. Je pense qu’il y a une réflexion à faire là-dessus », a-t-elle dit en entrevue en fin d’après-midi.

Mme Beauregard n’est pas allée sur place pour constater l’ampleur du déboisement. Elle a souligné que les promoteurs immobiliers actifs à Cowansville respectent habituellement les règlements municipaux.