Cinq des six candidats aspirant à être élus dans Shefford ont participé au débat sur l’environnement organisé à Granby. Seule la candidate du Parti conservateur, Nathalie Clermont, était absente. Mariam Sabbagh, candidate au Parti populaire du Canada, est pour sa part arrivée avec quelques minutes de retard.

Débat sur l'environnement: un enjeu prioritaire pour tous

Le débat « L’environnement, parlons-en » a été présenté au Cégep de Granby jeudi soir au même moment que 118 autres débats sur le même thème partout au pays dans le cadre du programme pancanadien 100debates.

Cette initiative a été créée dans le but d’avoir une discussion sur l’environnement entre les candidats et les électeurs régionaux de partout au Canada, en cette époque charnière de protection de l’environnement.

Cinq des six candidats aspirant à être élus dans Shefford ont participé à l’exercice organisé à Granby par le Regroupement pour l’environnement de la Haute-Yamaska. Seule la candidate du Parti conservateur, Nathalie Clermont, était absente.

« On est dans une étape d’angoisse climatique », a noté Andréanne Larouche, candidate au Bloc québécois. « C’est l’enjeu le plus important, le plus inquiétant », a clamé pour sa part le député sortant de Shefford et candidat du Parti libéral, Pierre Breton.

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Certes, les cinq candidats s’entendaient sur un point : l’enjeu de l’environnement est primordial. À Granby, ce jeudi, quatre questions nationales et deux régionales ont été posées aux cinq candidats présents.

Le débat, animé par la journaliste de La Voix de l’Est Marie-Ève Martel, comprenait cinq grands thèmes, soit les gaz à effet de serre, la protection de l’eau, la biodiversité, les produits toxiques et les pesticides. Il était également demandé aux candidats de parler d’un projet régional qui leur tient à coeur.

Parti libéral du Canada

Pierre Breton a étayé d’emblée l’intention des libéraux d’investir dans les sources d’énergie renouvelable ainsi que dans l’électrification du transport en commun afin d’enrayer les émissions de gaz à effet de serre. « Notamment, nous planterons 2 milliards d’arbres d’ici 2030 », a-t-il affirmé.

Pour ce qui est de l’eau, il a rappelé l’investissement de 2 milliards $ de son parti pour aider les communautés à prévenir les catastrophes naturelles. Un fonds de protection de la nature serait aussi créé sous son mandat advenant la réélection d’un gouvernement libéral.

Breton a toutefois été questionné à plusieurs reprises sur le projet de l’oléoduc TransMountain par les autres candidats, mais aussi par les citoyens. Certains ont notamment remis en question le fait que planter 2 milliards d’arbres serait suffisant pour compenser l’impact du pipeline.

« Nous sommes en période de transition. Il est irréaliste de croire que nous pourrions éliminer l’hydrocarbure demain matin », a répondu Breton. Il est plus sûr, a-t-il expliqué, d’acheminer les ressources par oléoduc que par d’autres moyens de transport qui produiront beaucoup de GES.

Quant aux pesticides, M. Breton a assuré que ces derniers devront respecter des normes et qu’ils feraient l’objet d’études scientifiques.

Pour le député sortant, la protection des milieux naturels de la région, notamment les travaux du SÉTHY et de Nature Québec Action, fait partie de ses priorités. « Il faut unir nos efforts. L’avenir est entre nos mains », a-t-il conclu.

Bloc québécois

Andréanne Larouche, candidate du Bloc québécois, s’est d’entrée de jeu qualifiée avant tout de « militante et environnementaliste ». Elle se positionne fermement contre le projet d’oléoduc, et souhaiterait instaurer une loi qui oblige le gouvernement à diminuer les GES.

Elle souhaite qu’un suivi serré soit effectué sur ce point, et que les pollueurs soient pénalisés. La recherche et l’investissement dans de nouvelles technologies font partie des solutions proposées par Mme Larouche, qui veut notamment éliminer complètement les pesticides de type néonicotinoïdes, dits « tueurs d’abeilles ».

Interdire la coupe à blanc et remplacer le plastique par des produits biodégradables sont des exemples de mesures concrètes qu’elle souhaiterait mettre en place.

Les droits environnementaux font partie prenante des droits de l’homme, a-t-elle affirmé. Œuvrant sur le dossier du train Montréal-Sherbrooke depuis ses débuts, projet qui aidera grandement la région à réduire sa consommation de carburant, Andréanne Larouche a aussi assuré son intention d’accompagner le promoteur du projet jusqu’au bout.

« L’environnement, c’est une lutte intergénérationnelle », a-t-elle relevé.

Nouveau parti démocratique du Canada

D’emblée, Raymonde Plamondon du Nouveau Parti démocratique a fait part de sa volonté de « faire payer les grands pollueurs. » « Il faut qu’on agisse à quelque part. Par exemple, en changeant nos façons de nous déplacer. »

La candidate propose ainsi un plan de valorisation de la marche et du vélo et d’investir dans la recherche sur les moyens de transport à zéro émission. Dans son plan environnement, le NPD mettrait sur pied une politique nationale de l’eau, qui s’assurerait notamment que l’eau d’ici ne soit pas vendue.

L’interdiction du plastique à usage unique, l’élaboration d’un réseau de parcs nationaux urbains, la réduction d’émissions provenant de la pêche et le reboisement responsable sont quelques mesures prônées par le parti. Mme Plamondon a également suggéré de s’associer avec les agriculteurs et les collectivités afin de protéger les insectes pollinisateurs.

La protection de l’environnement, selon Mme Plamondon, passe beaucoup par la sensibilisation des consommateurs, des vendeurs et des entreprises et par le recyclage et l’achat local.

« Il faut travailler avec les municipalités, tous ensemble », a-t-elle mentionné.

Parti populaire du Canada

Mariam Sabbagh, candidate au Parti populaire du Canada dans Shefford, est arrivée au débat avec quelques minutes de retard. Néanmoins, elle a pu assurer le public de son écoute face aux problèmes d’ordre environnemental qui se présenteraient. « Quiconque voit un problème doit nous le faire savoir. »

D’ailleurs, Mme Sabbagh a rappelé l’importance de fournir les communautés autochtones en eau potable. Son parti s’engage à examiner les écosystèmes environnants et à sensibiliser la population et les consommateurs sur des choix quotidiens éclairés.

Parmi les solutions proposées au niveau local, Mme Sabbagh propose entre autres de déplacer les filets oranges sur les berges du lac Boivin afin d’aider les oies à avoir accès à de la nourriture. Aussi, les clients pourraient payer à l’avance les agriculteurs, sans savoir nécessairement quelle récolte ils auront.

La candidate du Parti populaire a également déploré l’habitude bien installée des consommateurs de toujours vouloir « le fruit parfait. »

Parti vert

Bien à sa place et la tête pleine de projets, la candidate du Parti vert, Katherine Turgeon, a annoncé son intention de réduire les émissions de gaz à effet de serre de 60 %.

« On dit que la Chine est un grand pollueur, mais c’est nous, au Canada, qui fait polluer la Chine, avec nos habitudes de consommation. »

Comme les autres candidats, elle compte aussi encourager l’achat local. Son parti voulant protéger 30 % de l’eau douce, aucun écart de conduite ne serait par ailleurs toléré de la part des entreprises pour ce qui est du déversement des eaux usées.

Selon Mme Turgeon qui, rappelons-le, a distribué ses « pamphlets » de campagne sur des feuilles d’arbres, la protection de l’environnement passe d’abord par des gestes simples : élargir les bandes riveraines, réduire l’utilisation du sel de déglaçage, planter du trèfle (facile d’entretien), laisser pousser la nature chez soi, etc.

Il importe aussi de discuter de permaculture avec les agriculteurs, et de financer la recherche. « Le pesticide néonicotinoïde tue les insectes en attaquant leur système nerveux et nous, on trouve que c’est une bonne idée de manger ça... ! Il faudrait qu’il soit écrit “chimique” sur les fruits, plutôt que “biologique” », a-t-elle imagé.

Ainsi, le Parti vert interdirait ces pesticides, mais ferait aussi une conscientisation citoyenne, en donnant des ateliers sur la fabrication de produits ménagers, le reboisement des berges, l’identification des plantes sauvages et la création de jardins communautaires en lien avec les écoles primaires.

« L’environnement, c’est notre cheval de bataille », a-t-elle assuré.

Le débat s’est clôt par des questions citoyennes, dont certaines ont plutôt pris la tournure de demandes, telles que « je veux vous voir planter des arbres dans le comté », ou encore, « je voudrais voir vos promesses chiffrées en tonnes de carbone et non en pièces de monnaie. »