Les six candidats dans Shefford ont débattu mercredi soir en vue des élections fédérales du 21 octobre prochain.

Débat électoral dans Shefford: des échanges animés entre les candidats

C’est dans une salle pleine et un environnement respectueux que le débat électoral organisé par la Chambre de commerce Haute-Yamaska a eu lieu mercredi soir à l’église St-Georges. Les six candidats dans Shefford en quête d’un siège aux élections fédérales ont pu s’exprimer sur les actions, projets et valeurs propres à leurs partis concernant trois grands thèmes : l’aide aux entreprises, le transport ainsi que l’emploi et l’immigration.

Diffusé en direct sur les ondes de m105, le débat a attiré une population tous azimuts, allant des jeunes avec des macarons partisans aux personnes un peu indécises qui s’étaient déplacées dans l’espoir d’éclairer leur choix.

« Je suis plus du genre à voter pour le candidat du comté que celui du pays, a rapporté Jimmy Cliche, un citoyen de Granby, parce que c’est lui qui peut apporter des changements au niveau local. C’est à ce niveau qu’on a besoin d’aide, que ce soit dans le communautaire, dans les entreprises, peu importe le domaine. C’est au niveau local que ça se produit. »

AbonnezvousBarometre

D’emblée, le débat a commencé par une présentation sommaire des grandes lignes des partis, où, comme c’est la coutume, les tours de parole ont été pigés au hasard.

Aide aux entreprises

Que ce soit le Bloc québécois par les mots d’Andréanne Larouche qui a insisté sur la protection de « nos fleurons économiques uniques au Québec », ou Raymonde Plamondon, candidate du Nouveau Parti démocratique et ancienne mairesse de Saint-Valérien-de-Milton, qui a assuré qu’elle connaît les défis rencontrés par les entrepreneurs, les six candidats ont présenté leur désir d’aider la circonscription de Shefford et les familles d’ici.

Mme Plamondon veut par ailleurs favoriser l’innovation des technologies propres et canadiennes. Pour sa part, Katherine Turgeon, du Parti vert du Canada, a insisté sur l’importance d’une économie verte et des entreprises qui se servent du « bien-être des employés plutôt que du PIB ». Elle a d’ailleurs mentionné vouloir « instaurer un fonds fédéral pour les nouvelles entreprises vertes. »

De son côté, Mme Larouche a rappelé la volonté du Bloc d’encourager l’achat local et taxer les GAFAs.

Mariam Sabbagh, du Parti populaire du Canada, a d’abord encouragé la population à participer à la politique à tous les niveaux, puis a promis de mettre « fin aux subventions aux entreprises, car nous ne croyons pas au favoritisme », tandis que le Parti conservateur, représenté par Nathalie Clermont, veut « annuler les hausses d’impôts sur les investissements des petites entreprises imposées par Trudeau. »

De son côté, Pierre Breton, le député sortant du Parti libéral dans Shefford, estime qu’il a démontré avoir « été à l’écoute des besoins des entreprises » lors de son mandat. « Nous avons aidé les entrepreneurs canadiens à créer plus d’un million d’emplois au Canada. Uniquement dans Shefford, on a injecté 15 millions $ dans nos entreprises, ce qui leur a permis de créer 4000 emplois. On a baissé le taux d’imposition des petites et moyennes entreprises de 11 à 9 % », a-t-il énuméré.

Transport

Ensuite, les candidats ont été appelés à se prononcer sur l’enjeu du transport. Raymonde Plamondon a souligné l’importance du transport en commun « afin de réduire l’isolement des personnes âgées et à mobilité réduite. » Elle propose notamment de réduire la dépendance des citoyens à leur véhicule et d’instaurer des autobus ruraux.

Trois partis ont mentionné leur appui au projet de train Montréal-Sherbrooke, soit le Bloc québécois, le Parti libéral et le Parti conservateur. Andréanne Larouche a ajouté qu’elle « veut exiger un entretien constant des rails et accompagner les municipalités » dans leurs projets d’électrification. La promotion du transport électrique était aussi de mise pour plusieurs partis, notamment du côté du Parti libéral, qui promet l’installation de 5000 bornes électriques à travers le pays.

« Notre plan ? 3 milliards $ supplémentaires pour le transport en commun. D’ici 2040, 100 % des voitures vendues seront électriques », a affirmé Pierre Breton.

« Il est certain que le but ultime de notre vision du transport est zéro émission, sécuritaire et efficace », a lancé pour sa part Katherine Turgeon du Parti vert. Optimiste, la candidate a lancé l’idée que l’achat de bicyclette soit déductible d’impôt, et a prôné l’instauration d’un programme d’allocation de non-utilisation de la voiture et du stationnement, qui prioriserait le télétravail.

« De multiples solutions existent, comme le biocarburant. J’ai même récemment lu sur un tracteur qui fonctionnait au fumier ! », a poursuivi Mme Turgeon, à la fin de son tour de parole.

Pour sa part, Nathalie Clermont du Parti conservateur a pour objectif de traiter en priorité les projets qui réduisent le temps de déplacements ayant « des répercussions sur notre bien-être ». Elle s’engage également à soutenir le développement de batteries électriques.

Enfin, Mariam Sabbagh a suggéré que « les routes en composite de plastique soient testées au Québec. Ce serait un excellent moyen de réutiliser le plastique. »

Emploi et immigration

Enfin, le troisième et dernier sujet abordait l’intégration de l’emploi, les travailleurs étrangers et la pénurie de main-d’œuvre. Des problèmes dont les solutions passent, selon le NPD, par la valorisation de la formation et l’intégration de la jeunesse par les stages.

Mme Larouche, qui revenait du Salon priorité emploi, a prôné un crédit d’impôt pour la formation et le maintien des 65 ans et plus au travail, auréolé d’une hausse salariale sans pénalité. « On veut aussi simplifier le processus d’embauche du personnel pour éliminer les délais interminables des traitements des dossiers dans le programme des travailleurs étrangers », a noté la candidate bloquiste.

Mme Turgeon a souligné l’importance du bien-être des employés, qui serait rehaussé en augmentant les congés payés, en soutenant les semaines de travail écourtées et en instaurant l’équité salariale et un revenu garanti.

« Notre plan passe par la formation de la main-d’œuvre, le retour et le maintien au travail des aînés, pour ceux qui le souhaitent, a pour sa part noté Pierre Breton. Nous avons conclu une entente avec le gouvernement du Québec, et nous allons investir dans la formation 6 milliards de dollars. » Pour le Parti libéral, l’immigration fait partie de la solution. Ainsi, il mettrait en place des programmes pour attirer des travailleurs étrangers qualifiés dans la région.

Remettre de l’ordre dans le système d’immigration et réduire le temps d’attente des dossiers est en haut de liste du Parti conservateur. « Un gouvernement conservateur ne contestera pas la Loi sur la laïcité adoptée par le gouvernement du Québec », a-t-elle aussi fait valoir.

Le Parti populaire, quant à lui, promet de réduire le nombre d’immigrants. La pénurie de main-d’œuvre, « c’est probablement parce qu’ils ne payent pas très bien », a dit Mme Sabbagh. « Ce qui rend les employés heureux, c’est les augmentations de salaire, le sentiment d’accomplissement et les bénéfices sociaux. »

« J’invite les citoyens à voter pour le candidat qui représente le plus leurs valeurs », a indiqué quant à elle Katherine Turgeon pour conclure la soirée électorale des candidats de Shefford.