Pierre Bélanger (troisième sur la photo) a dû défendre la proposition du Parti conservateur d’abolir les cégeps. Il participait au débat en compagnie de Lyne Laverdure du Parti libéral, de Chantal Beauchemin du Parti québécois, de François Bonnardel de la Coalition avenir Québec, d’Anne-Sophie Legault de Québec solidaire et de Daphné Poulin du Parti vert.

Débat au Cégep de Granby: le conservateur sur la sellette

Profiter d’un débat électoral au Cégep de Granby pour rappeler la promesse de son parti d’abolir les cégeps, un exercice périlleux auquel le candidat du Parti conservateur du Québec, Pierre Bélanger, s’est prêté mercredi.

« Si c’était si performant, d’autres régions du monde auraient adopté ce système », a déclaré le notaire à une cinquantaine d’étudiants et d’employés du collège réunis au café étudiant.

Mis sur pied il y a 50 ans pour permettre un meilleur accès aux études supérieures, les cégeps sont un échec, a-t-il ajouté, puisque les Québécois restent les citoyens les moins diplômés au pays.

Comment pallier leur disparition ? , a demandé un cégépien à la période de questions. Suffit d’ajouter une année d’études après le secondaire 5 et plus de cours à l’entrée à l’université, a expliqué M. Bélanger. « On ajuste ça des deux côtés. Il y a déjà plusieurs programmes universitaires qui durent quatre ans. »

Ça ne va pas coûter cher aux indécis ? , a demandé un autre élève. « Ça les forcerait à faire des choix plus rapidement, a répondu le conservateur. De toute façon, les étudiants doivent participer plus aux frais de scolarité. C’est inadmissible que ce soit toujours à la société à payer pour les individus. »

Hormis M. Bélanger, tous les candidats se sont engagés à maintenir la double vocation des cégeps, soit les secteurs technique et préuniversitaire. « Si on coupe cette double formation, on arrive avec des gens qui n’ont pas réfléchi », a dit Daphné Poulin, du Parti vert.

Répartition
Lyne Laverdure, du Parti libéral, a souligné qu’il fallait « actualiser la formation générale » tout en déplorant que le Cégep de Granby soit « trop réparti » entre son bâtiment de base, celui de la rue Principale et le Centre régional intégré de formation, qui relève toutefois de la... commission scolaire du Val-des-Cerfs.

Candide comme à l’accoutumée, Chantal Beauchemin, du Parti québécois, a confié que ses années au collégial avaient été « les plus belles de sa vie » et qu’elle avait « tout expérimenté » au Cégep de Granby. « Le journal, l’impro, la radio, et surtout les partys ! » a-t-elle énuméré.

Le député sortant François Bonnardel, de la Coalition avenir Québec, s’est fait plus grave en déclarant aux cégépiens que « l’équilibre budgétaire s’est fait sur votre dos ». « On a demandé aux cégeps de baisser leurs budgets », a-t-il dit en faisant référence à l’austérité libérale.

« Et bizarrement, on a haussé les budgets après quatre ans. Mais on ne peut pas jouer au yo-yo avec l’éducation », a ajouté le candidat dont le parti a successivement promis d’abolir les commissions scolaires, puis de les réduire, et finalement d’en modifier seulement l’appellation et la vocation.

« On doit mettre toutes nos ressources disponibles pour assurer une meilleure diplomation de nos jeunes. Il ne faut plus jamais de coupures en éducation », a-t-il clamé.

Équilibre
Tout comme Mme Beauchemin, la candidate de Québec solidaire, Anne-Sophie Legault, s’est démarquée par son naturel et sa spontanéité. Répondant à une question de la candidate péquiste, elle a soutenu que les projections financières de son parti étaient équilibrées.

« On dit qu’on est des chevaucheurs de licornes, mais ça se tient ! , a dit Mme Legault en provoquant des rires dans la salle. La plateforme de Québec solidaire est complète et audacieuse. »

Les rires ont tourné aux grognements quand, au segment environnement, le candidat Pierre Bélanger a admis que son parti n’avait « pas de résolution là-dessus. » « Avec nous, les entreprises seraient moins taxées. C’est tout ce que j’ai à dire. »

Daphné Poulin a de son côté proposé de bannir les pailles, les verres cirés, les ustensiles à usage unique, les sacs en plastique et le suremballage, tandis qu’Anne-Sophie Legault veut « aller plus loin » dans le compostage et la réduction des déchets. « C’est un peu arriéré qu’il n’y ait pas de compostage à Granby », a-t-elle fait remarquer.

Pénalités
Face aux problèmes en santé, Chantal Beauchemin a promis qu’un gouvernement péquiste injecterait 500 M $ sur-le-champ pour créer des postes d’infirmières et de préposées aux bénéficiaires. En réplique, Lyne Laverdure a défendu le bilan du Parti libéral en santé en rappelant que le gouvernement péquiste de Lucien Bouchard avait massivement coupé dans ce secteur... il y a 20 ans.

Mme Laverdure, tout comme M. Bélanger, s’est opposée à rouvrir les ententes salariales des médecins spécialistes. Les pénalités qui en découleraient « coûteraient tout aussi cher », a dit la candidate libérale, tandis que le conservateur a, sans surprise, suggéré que le privé prenne une plus grande place en santé afin que « les hôpitaux soient en compétition entre eux ».

Sans surprise non plus, tous les candidats se sont engagés à éliminer le temps supplémentaire obligatoire des infirmières, et François Bonnardel a soumis que l’argent de la réduction des salaires des médecins devrait être placé dans une fiducie.