Katherine Turgeon du Parti vert, Nathalie Clermont du Parti conservateur, Pierre Breton du Parti libéral, Raymonde Plamondon du Nouveau Parti démocratique et Andréanne Larouche du Bloc québécois ont pris part au débat organisé au Cégep de Granby, mercredi.

Débat au Cégep de Granby: la conservatrice malmenée

Les étudiants du Cégep de Granby ont réservé un accueil froid à certaines déclarations de la candidate conservatrice dans Shefford, Nathalie Clermont, lors d’un débat tenu mercredi.

Les huées ont fusé lorsque l’aspirante députée a blâmé le Parti libéral pour ne pas avoir su prévenir la fuite de données personnelles chez Desjardins, en juin.

«Qui était au pouvoir durant cette fuite?», a demandé Mme Clermont lors du segment portant sur la protection de telles données.

«N’ayez crainte, c’est pas les libéraux qui ont vos données dans nos machines», a répondu le député sortant Pierre Breton. La centaine d’élèves et de membres du personnel présents au café étudiant ont ri de bon coeur.

Le libéral a de nouveau déridé l’assemblée en déclarant «les conservateurs, ces grands donneurs de leçons en environnement!» à la suite d’une question qui lui était adressée par Mme Clermont.

Elle lui avait demandé d’expliquer l’«hypocrisie» des libéraux qui se drapent de verts atours écologiques pendant que leur chef fait campagne à travers le pays avec deux avions-cargo.

La taxe carbone instaurée par Justin Trudeau hérisse également la candidate conservatrice, qui y voit une façon de «permettre aux riches de polluer» tout en alourdissant le fardeau financier des Canadiens. Ce à quoi M. Breton a mentionné que «la pollution n’est plus gratuite».

Le Parti conservateur mettrait toutefois fin à la taxe carbone afin de ne pas alourdir davantage le fardeau financier des Canadiens.

«On parle beaucoup de l’avenir environnemental, mais il faut aussi penser à notre avenir financier», a dit Mme Clermont.

«L’environnement, c’est la base»

Les candidates du Bloc québécois et du Parti vert, Andréanne Larouche et Katherine Turgeon, se sont démarquées avec des déclarations claires et livrées sur un ton déterminé. À l’instar de Pierre Breton, mais en moins obséquieux.

«L’environnement, c’est la base, a souligné Mme Turgeon lors du segment portant sur ce sujet. Si on n’a plus d’environnement, on n’a plus d’endroit où vivre! Il faut changer notre mode de vie, maintenant, tout de suite.»

La candidate verte s’est aussi bien débrouillée lorsque M. Breton lui a demandé comment son parti comptait financer ses promesses électorales s’élevant à 100 milliards $.

«La protection de notre environnement n’a pas de prix, a répondu Mme Turgeon. On n’a pas dit que c’était facile, mais réalisable.»

Transférer en environnement les 54 milliards $ versés annuellement en subventions à l’industrie pétrolière serait un bon début, a-t-elle ajouté.

À une question du public, Andréanne Larouche n’a pas hésité à réitérer la pertinence de son parti sur la scène fédérale, qui au mieux se retrouverait dans l’opposition.

«Le Bloc a permis de faire des gains importants, d’influencer des décisions et d’aider le Québec à obtenir sa juste part, a dit la bloquiste. Tout ce que je veux, c’est défendre vos intérêts.»

Rappelant l’importance d’une opposition forte, elle a mis d’autres candidats au défi de démissionner si leur parti n’était pas porté au pouvoir.

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«Retards inacceptables»

Raymonde Plamondon du Nouveau Parti démocratique a paru moins à l’aise avec le format débat, et tout comme Nathalie Clermont lisait fréquemment ses notes de façon monotone.

Son étoile a brillé davantage au troisième et dernier segment portant sur l’immigration et l’intégration culturelle. Mme Plamondon a alors dénoncé les «retards inacceptables» dans le système de traitement des demandes d’immigration, tout comme le «plafond injuste» dans les demandes de parrainage.

«La réunification des familles doit être une priorité», a dit la néodémocrate.

«On le sait que les étudiants votent moins et le débat leur servira à se faire une idée», a souligné Alexis Lacombe, animateur du débat et conseiller pédagogique au cégep.

La candidate du Parti populaire du Canada, Mariam Sabbagh, n’avait pas été invitée. L’Association étudiante du Cégep de Granby avait indiqué à La Voix de l’Est vouloir prioriser les candidats de partis qui ont le plus de chances d’être élus et, par le fait même, donner plus de temps aux panélistes pour s’exprimer.