Yan Lépine, de Sainte-Étienne-de-Bolton, a plaidé coupable mardi à des accusations d’agression sexuelle, de voies de fait et de menaces.
Yan Lépine, de Sainte-Étienne-de-Bolton, a plaidé coupable mardi à des accusations d’agression sexuelle, de voies de fait et de menaces.

De sauveur à agresseur

Pascal Faucher
Pascal Faucher
La Voix de l'Est
Croyant avoir trouvé son «sauveur», l’amour de sa vie, une femme de la MRC de Memphrémagog s’est plutôt retrouvée en plein cauchemar. Son amoureux de l'époque, Yan Lépine, vient de plaider coupable à des accusations d’agression sexuelle, de voies de fait et de menaces.

Sa «relation conflictuelle» avec cet homme de 43 ans de Saint-Étienne-de-Bolton, en Estrie, a démarré en 2013, a décrit mardi Me Valérie Simard-Croteau, procureure aux poursuites criminelles et pénales, au palais de justice de Granby.

«Elle le percevait comme son sauveur», a dit l’avocate. La suite lui a donné tort. 

À l’aube de son procès, l’employé d’un commerce de détail a reconnu les gestes reprochés.

Dépression

Les choses avaient mal commencé, puisque M. Lépine a d’abord quitté la plaignante le... jour de leur mariage. Mais le duo refait vie commune l’année suivante et se marie.

Madame se sent «soutenue dans sa dépression». Or, son conjoint devient de plus en plus «jaloux et dénigrant». La violence se fait psychologique, puis physique et sexuelle. Toutes les infractions ont eu lieu à la résidence du couple, à Sainte-Étienne-de-Bolton. 

Lors de la première, en 2017, il l’attrape par les jambes, alors qu’elle est assise sur le lit, et la pénètre violemment contre son gré. En une autre occasion, après une pluie de coups de poing et de pieds, il lui tire les cheveux et la force à lui faire une fellation. Il l’agresse aussi avec ses doigts.

Finalement, lors du «pire événement», Yan Lépine arrache la chaîne qu’elle porte au cou et la couvre d’ecchymoses — que la femme aujourd’hui âgée de 34 ans prend soin de photographier par la suite — et menace de lui «détruire la face». Elle porte alors plainte à la police.

Évaluation

L’accusé a reconnu tous ces faits, mardi. Mais avant de déterminer la peine à lui imposer, Me Simard-Croteau a demandé à ce qu’il soit évalué par un psychiatre quant à sa personnalité et sa sexualité. 

Une requête à laquelle ne se sont pas opposés Me Benoît Cliche et Me Alexie Galarneau, à la défense, et que la juge Julie Beauchesne, de la Cour du Québec, a acceptée.

Le dossier de M. Lépine a été remis, pour la forme, en janvier 2021. Entre-temps, il reste en liberté sous conditions. L’accusé n’a pas d’antécédent judiciaire et s’expose à une peine maximale de dix ans de prison.