De retour du caucus national du Bloc Québécois, qui s’est déroulé cette semaine à Bonaventure en Gaspésie, la députée de Shefford Andréanne Larouche est prête à reprendre le collier pour une toute nouvelle session parlementaire enrobée d’une bonne couche d’inconnu.
De retour du caucus national du Bloc Québécois, qui s’est déroulé cette semaine à Bonaventure en Gaspésie, la députée de Shefford Andréanne Larouche est prête à reprendre le collier pour une toute nouvelle session parlementaire enrobée d’une bonne couche d’inconnu.

De retour du caucus de son parti: Andréanne Larouche gonflée à bloc

Marie-Ève Martel
Marie-Ève Martel
La Voix de l'Est
De retour du caucus national du Bloc Québécois, qui s’est déroulé cette semaine à Bonaventure en Gaspésie, la députée de Shefford Andréanne Larouche est prête à reprendre le collier pour une toute nouvelle session parlementaire enrobée d’une bonne couche d’inconnu.

Le caucus du parti a marqué de chaleureuses retrouvailles pour les 32 députés bloquistes, qui ne s’étaient pas réunis physiquement depuis le mois de mars. «On a vraiment attendu que ce soit possible avec un assouplissement des règles sanitaires», relate l’élue qui était fort heureuse d’enfin revoir ses collègues.

Et c’est la «tête pleine» qu’elle est revenue de la Baie des chaleurs, non pas sans une nécessaire escale à l’Espace René-Lévesque de New Carlisle, histoire de se «ressourcer».

Cinq priorités

Cinq priorités ont été établies par le caucus bloquiste en vue de son retour à la Chambre des communes, avec pour objectif de préparer une sortie de crise post-COVID. Du lot, les trois premières tiennent grandement à coeur à la députée Larouche, à commencer par une bonification du supplément de revenu pour les aînés moins nantis, afin que ceux-ci puissent conserver leur pouvoir d’achat malgré la hausse des prix provoqués par la pandémie.

Le Bloc réclame ensuite le versement du deuxième paiement de compensation promis aux producteurs agricoles, qui attendent depuis l’hiver de toucher cet argent en échange des contrecoups du remplacement de l’ALENA par un nouvel accord de libre-échange entre le Canada, le Mexique et les États-Unis.

Puis, la question de l’avenir de la Prestation canadienne d’urgence, mesure d’aide mise en place dans la foulée de la pandémie, intéresse tout particulièrement l’élue de Shefford, puisque de nombreuses entreprises de sa circonscription connaissent un manque de main-d’oeuvre, conséquence de l’indemnité fédérale.

«On souhaiterait la rendre modulable pour inciter les travailleurs à retourner en emploi afin de relancer l’économie et soutenir les entreprises», précise Mme Larouche.

L’augmentation des transferts fédéraux en santé aux provinces ainsi que le rapatriement de la part québécoise des 900 millions de dollars qui auraient pu être gérés par l’organisme UNIS, avant que n’éclate la controverse impliquant M. Morneau et le premier ministre Trudeau, figurent aussi parmi les exigences du parti d’Yves-François Blanchet.

«Mais c’est sûr qu’avant même de penser à récupérer ces sommes, on s’attend à ce que le gouvernement nous éclaire et réponde à toutes les questions qu’on pourra avoir sur la question», précise Andréanne Larouche.

Des élections cet automne?

«Ça a été trois journées assez chargées! Entre le temps où j’ai quitté la circonscription, la fin de semaine dernière, et où je suis arrivée en Gaspésie, on a eu droit à tout un revirement politique!», lâche l’élue, faisant allusion à la démission du ministre des Finances Bill Morneau et à la nomination de la vice-première ministre Chrystia Freeland dans ses fonctions, en plus de la prorogation du Parlement.

Mais ce remaniement ministériel et la suspension des travaux parlementaires amènent leur dose d’inconnu. Si une odeur d’élections flotte aux alentours de Rideau Hall depuis quelques jours, rien ne garantit actuellement que les Canadiens seront appelés aux urnes cet automne.

«On ne sait rien pour le moment. On ne sait pas ce qui va arriver et il est encore trop tôt pour spéculer», avance Andréanne Larouche.

Celle-ci déplore toutefois que la prorogation du Parlement, visiblement pour elle une tentative d’étouffer l’affaire UNIS, ralentisse les autres travaux parlementaires. «Des comités se réunissaient, même cet été, pour faire avancer des dossiers. Maintenant, tout ça est arrêté», mentionne-t-elle.

D’ici à la rentrée parlementaire prévue le 21 septembre, les députés du Bloc québécois sont invités à être très présents sur le terrain, ce que compte faire Andréanne Larouche. Celle-ci compte aller à la rencontre de citoyens, d’élus et d’entrepreneurs, entre autres, afin de prendre le pouls de Shefford.

«Tout ça va me permettre d’alimenter la réflexion de notre parti à propos des suites de la pandémie», souligne-t-elle.