Leur amour de la parentalité et le souci du bien-être d’autrui ont mené Roxane St-Martin et Tanya Fréchette Leblanc à mettre au monde La Basse-cour, services périnatals.

De nouveaux services périnatals offerts aux parents

L’une est maman de trois garçons ; l’autre a découvert la maternité il y a à peine trois mois. Leur amour de la parentalité et le souci du bien-être d’autrui ont mené Roxane St-Martin et Tanya Fréchette Leblanc, deux amies de longue date, à mettre au monde La Basse-cour, services périnatals, une entreprise qui souhaite redonner ses lettres de noblesse au rôle millénaire des doulas.

Souvent confondue avec la sage-femme, la doula est plutôt une accompagnatrice, dont la mission est de contribuer à ce que la naissance de l’enfant soit une expérience agréable pour les parents, peu importe qu’ils décident de le mettre au monde à l’hôpital, chez eux ou dans une maison de naissance. « On essaie de mettre les parents dans le bon état d’esprit, d’aider la mère à faire confiance à son corps et à son bébé », explique Mme Fréchette Leblanc.

« Notre service est complémentaire à celui d’un médecin ou d’une sage-femme. On s’occupe de soutenir les parents psychologiquement et émotivement, renchérit Mme St-Martin. On peut aussi soulager physiquement la mère par des massages ou en appliquant des points de pression à certains endroits. On offre des outils de gestion de la douleur qui sont plus naturels. »

Diplômées en éducation spécialisée, les doulas granbyennes ont suivi une formation dispensée par une accompagnatrice à la naissance d’expérience. Le métier n’est toutefois pas homologué comme tel et il n’existe pas d’ordre professionnel ou de titre qui confère un statut quelconque à la doula.

Vivre l’accouchement souhaité

Si la mère décide toutefois d’y aller pour une intervention médicale, comme la péridurale, la doula ne jugera pas son choix. « On s’assure simplement que ce choix est bien celui de la mère, qu’il est en phase avec ses souhaits et qu’elle connaît les conséquences de sa décision, explique Tanya Fréchette Leblanc. Dans notre cœur, on souhaite que la femme reprenne sa puissance et qu’elle vive l’accouchement comme elle le désire. »

« Certaines femmes n’ont pas eu l’empreinte de leur accouchement et c’est traumatisant pour elles, poursuit-elle. Elles ont le sentiment que c’est le médecin qui a accouché leur bébé et pas elles. »

C’est pourquoi les doulas prônent la négociation des interventions, c’est-à-dire d’y aller à son rythme et d’accepter les interventions médicales que lorsqu’on se sent à l’aise de le faire. « La femme ne devrait pas avoir un chronomètre pour accoucher », déplore Mme St-Martin, à propos du fait que certains accouchements sont provoqués ou planifiés lorsque cela n’est pas nécessaire, ce qu’elle appelle la violence obstétricale.

La défense des droits des parents, particulièrement ceux des mères, est aussi au cœur de l’action des doulas. « Notre mission est de s’assurer que les parents sont bien informés sur leurs droits et qu’ils font des choix éclairés pendant la grossesse et l’accouchement, poursuit Mme St-Martin. Mais on ne s’interpose pas dans le travail médical. »

L’accueil et l’ouverture à la présence de doulas en salle d’accouchement varient d’un membre du personnel à l’autre et d’un hôpital à l’autre, indiquent Mmes Fréchette Leblanc et St-Martin.

De la grossesse à la famille

Une doula peut s’impliquer auprès de la famille dès les premiers mois de grossesse. L’accompagnatrice aide les futurs parents à comprendre le processus ainsi que ce qui les attendra au cours des prochains mois, voire des premières années de vie de l’enfant à naître.

« Un bébé la première fois, c’est l’inconnu total. Il y a de l’anxiété, la peur d’accoucher. On est là pour guider les mamans et les papas », indique Mme St-Martin.

« Tu ne sais pas à quoi t’attendre. Tout le monde se réfère aux films, mais ça ne reflète pas la réalité ! » relance sa collègue.

Ce faisant, La Basse-cour offre différents services tant pour les mères que pour la famille au grand complet : ateliers préparatoires à la naissance, blogue et conférences sur des thématiques diverses portant sur la famille et les enfants : la sexualité pendant la grossesse, les droits de la femme et le deuil périnatal, pour ne nommer que celles-là, des cours de yoga pré ou post natal de même que des ateliers de portage.

Des causeries gratuites sont par ailleurs organisées chaque 2e lundi du mois au Loupiot, ce qui permet aux nouveaux parents de socialiser et d’échanger. « Ça permet à plusieurs de briser l’isolement qu’ils vivent pendant le congé parental et aussi de comprendre qu’ils ne sont pas les seuls à vivre ce qu’ils vivent », précise Mme St-Martin.

Les deux femmes se spécialisent aussi dans l’organisation de « Blessing Way », une célébration prénatale inspirée d’une tradition des Amérindiens de Navajo, un peuple autochtone d’Amérique du Nord. Loin d’être un shower comme on en voit plus fréquemment, le « Blessing Way » accorde toute l’importance à la femme, qui découvrira la maternité.

« Il y a un côté spirituel à ce rite de passage, explique Mme Fréchette Leblanc. On crée une bulle d’amour autour de cette femme-là, qui ne cesse pas d’être une femme parce qu’elle devient mère. C’est très émotif, car on demande à toutes les femmes de préparer un petit mot pour la future maman. Cette célébration-là est dédiée à la mère. Pas question de lui offrir un gâteau de couches ! »

La Basse-cour, qui soufflera bientôt sa première bougie, sera présent au Salon de la maternité et du bébé qui aura lieu à l’érablière La Grillade, le 11 mai prochain.