Le Zoo de Granby veut accentuer ses efforts pour favoriser la reproduction des léopards de l’Amour, une espèce classée en danger critique d’extinction, selon l’UICN.

De nouveaux espaces pour les léopards de l'Amour

Le Zoo de Granby a profité de la Saint-Valentin mercredi pour dévoiler de nouveaux parcs extérieurs aménagés pour les léopards de l’Amour. L’institution zoologique souhaite de cette façon accentuer ses efforts pour la reproduction de l’espèce, la plus menacée des grands félins au monde.

Le Zoo avait déjà annoncé son intention l’an dernier de se spécialiser dans la reproduction de cette espèce, avec laquelle il a réussi, il y a deux ans, une première nord-américaine qui lui a valu beaucoup d’attention de la communauté scientifique, soit la naissance de deux léopardeaux par césarienne.

Avec ces nouveaux parcs, aménagés près des quartiers intérieurs des léopards de l’Amour, le Zoo s’est ainsi positionné parmi les institutions zoologiques à offrir le plus d’espace à cette espèce qui, de nature solitaire, a besoin d’une superficie plus importante, a souligné lors d’un point de presse le directeur des soins animaliers, Karl Fournier.

Les nouvelles installations ne seront pas visibles du public, mais elles faciliteront la gestion des cinq léopards de l’Amour, actuellement au Zoo. Deux couples ont été ciblés. Dans un monde idéal, ils se reproduiront en alternance, avance M. Fournier.

Match parfait
Depuis l’an dernier, le Zoo souhaite que Dimitri et Megan, le couple à l’origine de la naissance par césarienne, se reproduisent à nouveau. Mais, à ce jour, les efforts n’ont pas porté leurs fruits. « Comme ils sont un peu âgés, on va arrêter, si ça ne fonctionne pas cette année », relève Karl Fournier.

Mais la relève est assurée. Lorsque leur maturité sexuelle sera atteinte, Baïko, le rejeton de Dimitri et Megan, sera couplé à Hope, une femelle de deux ans et demie, arrivée d’un zoo de Finlande l’an dernier. D’un point de vue génétique, le « match est parfait », lance M. Fournier.

Les léopards de l’Amour aimant grimper, plusieurs modules sont aménagés en hauteur dans les nouveaux parcs extérieurs, relève le directeur des soins animaliers, Karl Fournier.

Un troisième mâle au Zoo depuis environ quatre ans, Argoun, sera aussi appelé à jouer un rôle dans cet effort de conservation de l’espèce. Des femelles ont été ciblées. Il prendra éventuellement le relais de Dimitri.

Ces efforts sont d’autant plus importants, affirme le directeur des soins animaliers, que les léopards de l’Amour sont une espèce dont en entend peu parler. Mais, avec seulement de 60 à 70 spécimens localisés dans l’extrême est de la Russie et au nord-est de la Chine, il en reste très peu en nature. Il y en aurait environ 200 en captivité sur la planète. L’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) a classé cette espèce en danger critique d’extinction.

Partenariat
Les nouveaux quartiers extérieurs des léopards de l’Amour, où plusieurs modules sont aménagés en hauteur pour ces adeptes de la grimpe, ont entraîné un investissement de 120 000 $. La MRC de la Haute-Yamaska a assumé la moitié de la facture. La Fondation du Zoo a, pour sa part, injecté 40 000 $ dans ce projet, grâce à ses activités de financement et aux dons, a souligné le directeur de la Fondation du Zoo et du développement des affaires, Benoit Chabot. Le Zoo de Granby a défrayé le reste des coûts.

La MRC appuie la Fondation depuis 15 ans, a rappelé le préfet, Paul Sarrazin. Depuis 2003, ce sont 320 000 $ qui ont été remis pour la réalisation de différents projets. L’aide de la MRC est souvent sollicitée par différentes organisations, mais le Zoo fait partie de celles que le conseil des maires souhaite soutenir.

Le directeur général du Zoo, Paul Gosselin, s’est réjoui de ce partenariat. À ses yeux, au-delà d’une participation financière, cette aide de la MRC de la Haute-Yamaska reconnaît le Zoo comme « institution scientifique ».

Le Zoo de Granby souhaite d’ailleurs mettre de plus en plus d’emphase sur ses activités de conservation au cours des prochaines années, a affirmé M. Gosselin.

Benoit Chabot a par ailleurs profité de l’occasion mercredi pour annoncer le retour en septembre de la course de 5 km, organisée sur le site du jardin zoologique. Les détails seront communiqués ultérieurement. La première édition a attiré l’an dernier près de 2000 personnes et a permis à la Fondation d’amasser 65 000 $. « Ça nous permet de réinvestir dans des projets comme ça », note M. Chabot.