L'organisme Action patrimoine considère que la démolition de l'ancienne banque Molson n'est pas la solution appropriée en raison de « son intérêt historique et architectural ».

De l'opposition à la démolition de l'ancienne banque Molson

Le comité de démolition de la Ville de Bedford rendra sa décision la semaine prochaine au sujet de l'ancienne banque Molson. L'intersection des routes 202 et 235 où elle est installée nécessite un réaménagement pour y augmenter la sécurité.
Déjà, le directeur général de Bedford, Guy Coulombe, confirme que la Ville a reçu plusieurs objections de la part de citoyens concernant la démolition du bâtiment datant de 1922, qui est inoccupé depuis 2011. Les opposants avaient jusqu'à lundi pour se manifester. 
« Le comité de démolition analysera toutes les objections reçues et émettra une recommandation au conseil. Le conseil décidera par la suite ce qu'il fera. Les citoyens auront de nouveau 30 jours pour interjeter appel de la décision », explique le DG. Théoriquement, le dossier pourrait donc connaître un dénouement le 10 avril. 
L'organisme Action patrimoine considère que la démolition de l'ancienne banque Molson n'est pas la solution appropriée en raison de « son intérêt historique et architectural ». Le 17 février dernier, les membres de l'organisme ont transmis une lettre aux élus municipaux leur faisant part de leurs recommandations. 
L'ancienne banque Molson figure comme « bâtiment d'intérêt moyen » dans l'inventaire des bâtiments patrimoniaux de la municipalité de Bedford. « Malgré ce statut, aucune étude patrimoniale n'aurait été effectuée à ce jour sur ce bâtiment. Nous croyons qu'il est essentiel qu'une telle étude soit faite avant de prendre une décision sur son avenir », écrit Action Patrimoine. 
Selon l'organisme, certaines succursales Molson, notamment à Sorel et à Drummondville, ont trouvé de nouvelles vocations. « Les édifices bancaires sont reconnus pour leur facilité de conversion et les exemples sont nombreux. Leur volume et leur distribution répondent aux usages commerciaux, tandis que les hauts plafonds, la qualité de leurs matériaux et les grandes fenêtres en font des intérieurs très convoités », souligne-t-il. 
« La démolition n'est assurément pas la seule option envisageable pour améliorer la sécurité de cette intersection. Nous croyons qu'il est possible, par une réflexion élargie, d'améliorer à la fois les enjeux de circulation et de sécurité et d'assurer la mise en valeur de ce bâtiment d'intérêt », conclut Action Patrimoine.
« Alternative concrète »
Le directeur général de Bedford rappelle toutefois qu'une « alternative concrète » avait été évoquée advenant la démolition de l'ancienne banque Molson. « On ne voulait pas seulement démolir et rien amener après. Ça n'intéresse pas les gens. Il fallait apporter du nouveau au centre-ville », soutient-il.
La Ville souhaite ainsi qu'un bâtiment multifonctionnel de deux étages et demi soit érigé sur le terrain laissé vacant avec la disparition de la banque et du bâtiment adjacent. Les coûts de ce bâtiment seraient à la charge d'un promoteur. En janvier, le maire, Yves Lévesque, avait indiqué à La Voix de l'Est qu'il y avait déjà des intéressés.
Rappelons que dans son rapport rédigé à la suite de la mort de Mildred Erno, 84 ans, happée mortellement par un poids lourd le 17 février 2016, le coroner Alexandre Crich avait jugé que le bâtiment de l'ancienne Banque Molson réduisait « substantiellement » la visibilité à l'intersection. Propriété du ministère des Transports du Québec (MTQ), le bâtiment était vacant depuis la construction du pont Zéphyr-Falcon, en 2011.
Advenant que l'ancienne banque Molson - d'une valeur immobilière d'environ 70 000 $ - évite la démolition, elle serait déplacée à la place du bâtiment voisin. Une manoeuvre dont le coût est évalué à plus de 700 000 $. « Il faudrait alors la rénover et lui trouver une nouvelle utilité. Les coûts de rénovation seraient importants », affirme Guy Coulombe. La superficie de l'ancienne banque fait moins de la moitié du futur bâtiment projeté. 
Au dire du DG, le Ministère veut aller de l'avant « le plus rapidement possible » pour le réaménagement. « La sécurité de cette intersection est une préoccupation à régler à court terme », souligne M. Coulombe.