Isabelle et Sébastien Royea ont la chance d’avoir l’aide précieuse de Cinthia Beaupré durant la guérison de leur cancer.
Isabelle et Sébastien Royea ont la chance d’avoir l’aide précieuse de Cinthia Beaupré durant la guérison de leur cancer.

De l'aide tombée du ciel pour composer avec le cancer

Cynthia Laflamme
Cynthia Laflamme
Initiative de journalisme local - La Voix de l'Est
Lutter contre le cancer sans être assuré pour les maladies graves ajoute une dose à l’anxiété déjà grande chez la personne qui est aux prises avec ce diagnostic. L’assurance-emploi du gouvernement ne paie qu’un maximum de 15 semaines de prestations de maladie, ce qui est insuffisant pour guérir d’un cancer. L’aide de la communauté peut alors faire toute la différence. Sébastien Royea et sa sœur Isabelle ont eu la chance de pouvoir compter sur une bonne Samaritaine au cœur immense.

La Cowansvilloise de 44 ans a été la première de la fratrie à avoir un cancer. Les résultats de sa biopsie, le 24 décembre 2018, ont gâché le temps des Fêtes et le suivant, puisque son système immunitaire était faible. Son cancer du sein est du type le plus agressif. Sans trop attendre, on lui a retiré les deux seins avec reconstruction immédiate, au CHUM.

« Je répondais à un protocole de recherche, donc j’ai accepté de faire partie d’une recherche sur ce type de cancer là. C’est un peu comme une immunothérapie. Je l’ai pendant un an de temps. Ça a commencé en février dernier avec la chimio, et là, il me reste trois traitements à recevoir. Mais je n’ai plus de trace du cancer. »

Ce cancer est génétique. Sa grand-mère paternelle en est morte avant qu’elle puisse la connaître et les trois frères et sœurs Royea sont porteurs du gène.

Même si elle était assurée, Isabelle a pu avoir de l’aide de Cinthia Beaupré, maman de six enfants et grand-maman de deux enfants.

« Je suis éducatrice en petite enfance et j’ai eu des enfants de Cinthia dans mon groupe. Elle m’a beaucoup aimée et là, elle nous aide beaucoup. Ça l’a touchée quand elle a su j’avais un cancer. Elle fait des pieds et des mains pour nous aider. »

L’aide continue

Parce qu’après avoir aidé Isabelle en organisant toutes sortes d’activités de financement, elle aide maintenant son frère Sébastien, qu’elle ne connaissait pas.

« Je m’en allais souper à Maniwaki et j’ai perdu connaissance dans le restaurant, raconte le camionneur qui fait du transport de bois. J’aurais pu être dans le bois », raconte-t-il. « Ou sur la route », renchérit sa sœur.

Des tests ont permis de découvrir une masse sur un poumon, près de l’œsophage. Il ne s’agit pas du même type de cancer que sa petite sœur, mais il est tout aussi agressif. Ses traitements le sont tout autant.

Recevoir ce diagnostic a été tout un choc. Mais avec l’idée de voir son compte en banque se vider durant les traitements, faute d’assurance, le désespoir est plus grand.

Cinthia Beaupré aide sans attente l’ancienne éducatrice de ses enfants et le frère de celle-ci.

« Son histoire me touche beaucoup, confie Cinthia Beaupré, qui se sent près de lui. C’est un papa et un grand-papa, comme moi je suis maman et grand-maman. J’ai 43 ans, il en a 46. Je veux donner au suivant. »

Cinthia a été malade il y a quelques années. Elle va beaucoup mieux depuis et veut pouvoir aider des gens qui en ont besoin. Sans hésitation, elle a pris l’initiative d’organiser des activités pour Sébastien.

Fin du chômage

Pour faire attention à ses dépenses et pour recevoir de l’aide au quotidien, il a déménagé chez sa grande sœur Stéphanie, à Farnham. Lorsqu’il suit ses traitements à Sherbrooke, il loge à peu de frais au centre d’hébergement de la Fondation québécoise du cancer, ce qui lui permet de sauver temps, argent et énergie.

« Mon chômage est presque terminé et j’ai seulement la moitié de mes traitements de radiothérapie de faits, explique-t-il, la voix affaiblie par le cancer. Une quinzaine de semaines de chômage, ça passe quand même assez vite. »

Il interpelle par ailleurs le gouvernement Legault pour que la période de chômage pour maladie grave dure plus longtemps.

Le coup de main de Cinthia Beaupré et des citoyens qui participent aux collectes de fonds lui ont fait l’effet d’un baume, surtout que ça lui vient d’une personne qui lui était inconnue il y a encore quelques semaines.

Activités à venir

La bonne samaritaine a organisé un souper spaghetti pour Isabelle, avec une centaine de cadeaux à faire tirer, grâce aux commanditaires qu’elle a trouvés. Elle a notamment fait tirer une paire de billets pour une partie de Canadiens de Montréal et un certificat de 700 $ pour un voyage. Elle a organisé une journée où les gens pouvaient se faire tatouer un dessin réalisé à partir du ruban rose.

« Pour Sébastien, on a vendu des bouteilles de vin du domaine Bresee et du chocolat belge, énumère Cinthia. Et je vais faire la même chose pour la vente de billets pour des cadeaux pendant un souper que je vais organiser. Le 2 février, on fait une journée de tatouages pour Sébastien. »

Cinthia est par ailleurs ouverte aux suggestions pour d’autres collectes de fonds. Les personnes intéressées à participer d’une façon ou d’une autre peuvent suivre la page Facebook Pour Sébastien Royea.

« Mon but c’est de l’aider. Il a besoin d’un coup de main. »