Luc Genest et Isabelle Tardif, respectivement intervenant et directrice de Justice alternative et médiation de Granby.

De l'aide pour former des médiateurs

Comme sept autres organismes de la Montérégie, Justice alternative et médiation de Granby recevra une aide financière du ministère de la Justice afin de mettre sur pied une équipe de médiateurs bénévoles.
En tout, le ministère de la Justice­ accorde une somme de 240 141 $ pour soutenir 8 projets dans la région dans le cadre du Programme d'aide financière pour favoriser l'accès à la justice, qui mettait un million de dollars à la disposition de 34 projets. Du montant, Justice alternative et médiation touche une enveloppe d'environ 14 000 $.
Fondé en 1983, l'organisme dessert les MRC de La Haute-Yamaska, de Brome-Missisquoi et une partie de la MRC de Rouville. Sa principale clientèle en est une de jeunes contrevenants lui étant référés, en lien avec la Loi sur le système de justice­ pénale pour les adolescents. 
La subvention servira toutefois à bonifier le volet de médiation citoyenne de l'organisme, qui lui, existe depuis le tournant du millénaire, bien qu'il soit encore méconnu.
Dans le cadre d'un projet-pilote d'un an ayant débuté en début d'année, on compte former, dès avril, jusqu'à six citoyens volontaires destinés à agir à titre de médiateurs pour répondre à plus de demandes de médiation.
« La subvention nous permettra d'implanter le tout et d'essayer des choses pendant un an, explique la directrice Isabelle Tardif. Après, si ça fonctionne bien, on pourra maintenir le projet si les bénévoles veulent continuer. »
Pour l'instant, quatre volontaires se sont manifestés, mais il est encore possible de signifier son intérêt à prendre part au projet en communiquant avec Justice alternative et médiation de Granby au (450) 777-4208. Une première rencontre est prévue la semaine prochaine.
Les autres organismes bénéficiaires de la subvention du ministère de la Justice sont Juripop, le Collectif de défense des droits de la Montérégie­, Le Petit Pont, Justice­ alternative Richelieu-Yamaska, Justice­ alternative Pierre-de-Saurel­, Justice alternative du Suroit et le Centre intégré de santé et de services sociaux de la Montérégie-Est.
Compromis
« Un conflit, ce n'est pas nécessairement quelque chose qui doit se judiciariser, explique Luc Genest, intervenant pour l'organisme. Ça peut être un problème entre deux voisins, une mésentente, un conflit interpersonnel. On n'a pas toujours besoin d'aller en Cour pour que ça se règle. »
« Il y a aussi un volet préventif à la médiation. Ça sert à éviter que ces conflits-là dégénèrent », ajoute Mme Tardif.
« Quand les gens viennent nous voir, le conflit est souvent là depuis longtemps parce que les gens attendaient, pensant que ça allait se régler avec le temps, relate M. Genest. Mais c'est plus difficile de dénouer une crise quand elle dure. »
En 2016, une trentaine de conflits ont été présentés à l'organisme. Du nombre, seuls cinq ont nécessité une médiation formelle pour se résoudre. « Le reste, c'est beaucoup d'écoute, de référencement, d'accompagnement, énumère M. Genest. Parfois, juste obtenir un point de vue extérieur à la situation nous permet d'en avoir une nouvelle perception et d'en venir à d'autres avenues. »
« C'est une démarche qui doit être volontaire et dans l'optique d'arriver à un compromis, ajoute-t-il. Quelqu'un qui veut avoir raison à tout prix trouverait ça difficile. »
Les échanges, qui demeurent confidentiels, peuvent avoir lieu en face à face ou avec la présence d'une tierce partie. Parfois, une seule rencontre permet d'en venir à une entente. Mais la solution doit émaner des parties en cause. « Les gens doivent décider eux-mêmes quelle sera la solution, contrairement à un tribunal où c'est une autre personne qui tranche », indique l'intervenant.
Le rôle du médiateur est aussi de rediriger les gens vers d'autres ressources si leur problème nécessite la prise en charge par un avocat, un juriste ou un arbitre, par exemple. C'est automatiquement le cas des situations en matière de droit familial. « Il y a des cas où le résultat ne passe pas toujours par la médiation, explique Mme Tardif. Mais on peut écouter la personne et l'accompagner. »