Michel Duchesneau a exhibé une table sur laquelle il avait entassé un bout de chacune des quelque 100 souches, dont certaines de petits diamètres et d’autres provenant d’arbres morts, qu’il a coupées.
Michel Duchesneau a exhibé une table sur laquelle il avait entassé un bout de chacune des quelque 100 souches, dont certaines de petits diamètres et d’autres provenant d’arbres morts, qu’il a coupées.

De l’action et des souches d’arbres au conseil municipal de Granby

Marie-France Létourneau
Marie-France Létourneau
La Voix de l'Est
La présence du promoteur Michel Duchesneau n’est pas passée inaperçue à la séance du conseil municipal de la ville de Granby lundi et a donné lieu à quelques échanges musclés avec le maire Pascal Bonin.

M. Duchesneau a dénoncé avoir été victime «d’abus» de la part de la Ville, alors qu’il est contraint de remettre en état la bande de protection boisée où il a coupé des arbres de façon illégale dans le prolongement de la rue de Verchères. Il a fait cette déclaration après avoir exhibé une table sur laquelle il avait entassé un bout de chacune des quelque 100 souches, dont certaines de petits diamètres et d’autres provenant d’arbres morts, qu’il a coupées.

Le promoteur a réitéré avoir effectué une «coupe de jardinage» pour expliquer les travaux. «Vous donnez l’exemple d’une certaine exagération», a-t-il lancé aux élus, lors de la période de questions. «Je pense qu’il y a un peu d’abus là-dedans», a-t-il repris.

Le promoteur, également ex-maire de Granby, a dit trouver la situation «tout à fait regrettable». Il estime que, dans le cadre du traitement des événements, une «atteinte a été portée à sa réputation» de promoteur. Des résidants du secteur ont qualifié les travaux de «saccage». «Maintenant, c’est aux gens de se faire une idée de ce qui est arrivé réellement», a-t-il laissé tomber.

«C’est une belle démonstration. Ça va faire des belles photos dans le journal, mais ça ne changera pas la situation à l’heure actuelle», a réagi le maire Pascal Bonin.


« Je trouve que vous vous ridiculisez. Vous avez dit que vous ne voulez pas la chicane et que vous voulez développer. Qu’est ce que la sortie de ce soir amène dans le fait de vouloir développer. »
Le maire de Granby, Pascal Bonin

Avoir raison

Le maire a, dans la foulée, évoqué une requête déposée par Michel Duchesneau en 2010 pour réclamer des dommages de 700 000 $ à la Ville, alors que le développement était bloqué, car la Ville souhaitait préserver un plateau de roc.

«Est-ce que vous trouvez ça abusif d’avoir poursuivi la municipalité pour 700 000 $», a demandé M. Bonin à M. Duchesneau. Ce dernier a par ailleurs annoncé en juillet son intention de déposer sa candidature à la mairie de Granby en novembre 2021.

La préservation du plateau rocheux était une «expropriation déguisée», a fait valoir le promoteur pour justifier son geste.

Michel Duchesneau a en outre voulu dénoncer «l’ironie» de la situation, alors qu’il a dû dynamiter il y a quelques années un important cap rocheux pour un autre développement qu’il a réalisé dans le secteur de la Montée des Seigneurs.

«M. Duchesneau, j’aime votre art de déformer un événement et de l’amener à votre réalité», a laissé tomber le maire.

«Je trouve que vous vous ridiculisez. Vous avez dit que vous ne voulez pas la chicane et que vous voulez développer. Qu’est ce que la sortie de ce soir amène dans le fait de vouloir développer. (...) Je ne comprends pas le besoin inhérent d’avoir raison à tout prix sur tous les dossiers», a-t-il ajouté.

Ce n’était pas la première fois que le développement planifié dans le prolongement de la rue de Verchères rebondit à la séance du conseil municipal. Il est au coeur de l’actualité depuis le début de l’été. Le déboisement illégal réalisé dans la bande boisée de protection qui doit être préservée entre les résidences des rues de Versailles et le prolongement de la rue de Verchères a été abordé à quelques reprises.

Au début du mois, une poignée de citoyens intéressés à s’établir dans ce nouveau développement ont notamment dénoncé les conditions contraignantes, selon eux, de l’entente qui lie le promoteur, Michel Duchesneau, à la Ville.