Le recyclage demeure l’habitude écoresponsable la plus pratiquée dans les foyers québécois, avec un taux de tout près de 90%, une statistique similaire à l’an dernier.
Le recyclage demeure l’habitude écoresponsable la plus pratiquée dans les foyers québécois, avec un taux de tout près de 90%, une statistique similaire à l’an dernier.

De bonnes habitudes de consommation malgré la pandémie

Marie-Ève Martel
Marie-Ève Martel
La Voix de l'Est
Même en temps de pandémie, les Québécois continuent d’adopter de meilleures habitudes de consommation. C’est ce qui ressort du plus récent Baromètre de l’Observatoire de la consommation responsable (OCR).

Depuis 2010, l’OCR publie annuellement les résultats d’une enquête portant sur les comportements et les pratiques responsables de consommation adoptées dans la province. Cela inclut aussi bien le recyclage, le compostage, la déconsommation, l’usage de moyens de transport verts, la protection de l’environnement que la consommation locale.

Il en ressort que 80% des Québécois ont le sentiment de consommer de manière responsable, une augmentation d’un peu plus de 8% par année depuis 2018. Plus d’un répondant sur trois à l’enquête a également affirmé être à la recherche de moyens pour réduire davantage leur impact environnemental.

Le recyclage demeure toujours l’habitude écoresponsable la plus pratiquée dans les foyers québécois, avec un taux de tout près de 90%, une statistique similaire à l’an dernier, alors que 41% des ménages pratiquent le compostage — une hausse de 3% par rapport à 2019.

Entre autres habitudes visant à limiter leur empreinte écologique, plus de la moitié des Québécois se procurent des produits à base de papier recyclé (55,7%), des produits d’entretien ménager verts (54,6%) et des sacs à ordures biodégradables (50,8%).

Fait intéressant, l’OCR dresse le portrait type du consommateur responsable. Selon ces données, on serait de plus en plus porté vers le recyclage, l’achat local, la déconsommation et la protection de l’environnement au fur et à mesure que l’on vieillit; il en va de même plus on atteint un niveau de scolarité élevé.

Les personnes demeurant dans la grande région de Montréal seraient plus sensibilisées à la protection des animaux et de l’environnement, de même qu’au transport en commun.

Enfin, les femmes seraient également plus conscientisées à la protection des animaux et de l’environnement que les hommes, tout comme elles sont plus portées à la consommation citoyenne et à la déconsommation.

L’effet pandémie

La pandémie de la COVID-19 a certainement eu un effet sur les habitudes des consommateurs québécois, a relevé l’enquête, où l’on apprend qu’environ une personne sur cinq (21,8%) estime être un consommateur plus responsable qu’avant. Six sur dix estiment qu’ils n’ont pas vraiment changé leur manière de consommer alors que 18,8% des répondants disent être moins responsables depuis le début de la pandémie.

Parmi les changements d’habitudes relevés, le plus marqué concerne l’usage du transport en commun, qui a chuté de 13% entre 2019 et 2020, pour atteindre 21% d’usagers fréquents cette année. Cela peut s’expliquer par le confinement et la crainte de contracter le virus lors d’un déplacement.

La consommation collaborative et la redistribution, pratiquée par 50% des répondants en 2019, a elle aussi diminué de 3% cette année. On peut en déduire que la distanciation sociale et le confinement ont fait reculer quelque peu cette pratique.

La pandémie a toutefois et probablement influencé l’achat local, qui a gagné deux points de pourcentage en 2020, avec 61% des citoyens qui s’y adonnent fréquemment. Qui plus est, en un an, 18% plus de personnes estiment que d’acheter des produits fabriqués au Québec était important, portant à 86,4% la proportion de Québécois qui jugent primordial d’être solidaire avec les entrepreneurs d’ici.

D’ailleurs, 72% des consommations ont l’intention de poursuivre dans cette veine, voire d’augmenter leurs achats auprès d’entreprises québécoises à l’avenir, et ce, même après la pandémie. Pas moins de 44% des Québécois ont aussi fait savoir que la pandémie leur a fait découvrir des entreprises locales qu’ils ne connaissaient pas.

Les Québécois aux fourneaux

«La croissance des achats locaux dans l’alimentation est particulièrement importante», mentionne l’étude. En effet, deux répondants sur trois ont indiqué acheter «fréquemment» des aliments locaux.

Qui plus est, nombreux sont les Québécois qui ont passé plus de temps derrière les fourneaux au cours des dernières semaines (77,3%). L’OCR explique cependant cette hausse de la «popote» par un désir de réduire le gaspillage, d’économiser et d’améliorer ses compétences plutôt qu’en raison de la pandémie.

D’autres activités «faites maison» ont aussi eu la cote cette année, notamment le jardinage et l’aménagement d’un potager chez soi, la rénovation et la réparation ainsi que le bricolage. Près de 4 personnes sur 10 ont indiqué avoir consulté des tutoriels en ligne pour apprendre de nouvelles tâches.

Cette capacité à créer ou réparer a aussi eu des répercussions sur le volume d’achat de bien des gens. Plus de trois consommateurs sur quatre (77,4%) ont avoué avoir eu moins envie de magasiner au cours du dernier mois; presque tout autant ont diminué leurs achats en raison de la pandémie et 61,3% ont affirmé avoir moins dépensé qu’avant le confinement dans les commerces.