Le vice-président aux opérations de La Fabrique de Matelas de Granby, Réal Beauregard, et le contremaître Pierre Lettre posent ici avec l’un des matelas offerts au Collectif Bienvenue.

De beaux rêves grâce à une entreprise d’ici

Des dizaines de familles de réfugiés passent des nuits un peu plus confortables et paisibles grâce à La Fabrique de Matelas. Depuis environ deux mois, l’entreprise granbyenne a en effet offert près de 80 matelas à des familles dans le besoin via le Collectif Bienvenue, un organisme dédié à l’accueil de demandeurs d’asile dans la région de Montréal.

Le don de ces matelas, comme la participation à d’autres oeuvres de bienfaisance, s’inscrit dans l’ADN de l’entreprise granbyenne qui juge important de donner au suivant, souligne le vice-président aux ventes Marc-André Maheu.

« Pour nous, si les matelas sont en bon état et peuvent servir, on ne voit pas pourquoi on ne les offrirait pas à des gens qui en ont besoin, souligne-t-il. Ça fait plusieurs années qu’on redonne à la communauté, autant à Granby qu’à Sherbrooke, Montréal et Saint-Hyacinthe, où on est installés. »

Le Centre d’entraide maskoutain et la Fondation Roger-Talbot ont également bénéficié de la générosité de la compagnie au fil des ans.

Les matelas offerts comportent de petits défauts à leur sortie de l’usine et, plutôt que d’être mis en vente à prix réduit, sont donnés gratuitement à des familles. Ou bien il s’agit de matelas repris par l’entreprise lors de la livraison d’un modèle neuf.

« Souvent, les clients veulent se débarrasser de leur ancien matelas, mais ne savent pas à qui l’offrir. Ils ne veulent pas non plus le laisser au bord du chemin ou l’apporter à l’écocentre, parce qu’il est encore en bon état et pourrait servir à quelqu’un d’autre », indique M. Maheu.

Les matelas jugés trop usés ou abîmés pour connaître une deuxième vie sont cependant écartés du processus, précise-t-on.

Impact

Ainsi, depuis le début du mois de janvier, l’équipe de La Fabrique de Matelas permet au Collectif Bienvenue de venir récupérer les matelas pour les redistribuer à des réfugiés, ce qui, selon l’organisme, « a un impact réel et positif sur la vie de ces familles ».

« On doit louer un camion pour venir chercher les matelas à Granby. Mais ça nous fait vraiment plaisir ! », lance Charles Faubert, directeur des opérations et de la logistique pour le compte de l’organisme.

Celui-ci a démarré sous la forme d’un projet pilote à l’hiver 2017.

Depuis un peu plus d’un an, il s’est incorporé en tant qu’organisme à but non lucratif et a aidé près de 360 familles de réfugiés en leur offrant de quoi meubler leur logement.

« La plupart de ces familles arrivent à pied à la frontière du Canada avec les États-Unis, explique le directeur. À ce moment-là, elles sont arrêtées par la police et sont hébergées dans des résidences tenues par le YMCA pendant quelques semaines. Ensuite, elles doivent se trouver un appartement, mais elles sont arrivées ici avec rien du tout. »

Souvent, il s’agit de familles vulnérables, composées de gens âgés ou de mères monoparentales, enceintes ou non, qui débarquent avec plusieurs enfants à sa charge.

« C’est difficile pour ces personnes, qui se butent aussi à la barrière de la langue, de sortir et d’aller chercher tous les biens dont elles ont besoin, renchérit M. Faubert. Notre organisation s’est donnée pour objectif de leur donner un coup de main à se meubler et à se sentir plus en sécurité. »

C’est d’ailleurs une des bénévoles du Collectif Bienvenue demeurant dans la région qui a fait le lien entre l’organisme et l’entreprise de Granby.

« La Fabrique de Matelas est de loin notre partenaire le plus important en raison de ses dons, souligne Charles Faubert. Ça serait super de compter sur d’autres entreprises comme celle-là pour répondre aux besoins des immigrants. La plupart de ce qu’on récolte provient essentiellement de dons de particuliers qui se défont d’articles dont ils n’ont plus besoin. »