Les activités de faucardage continuent à s’accentuer alors que les opérations sont permises sur une plus grande superficie du lac Boivin cette année.

Davantage de faucardage au lac Boivin

GRANBY — Au programme depuis quatre ans, les activités de faucardage dans le lac Boivin à Granby continuent à s’accentuer alors que les opérations sont permises sur une plus grande superficie cette année, affirme le coordonnateur de la division environnement à la Ville, Serge Drolet.

La Ville de Granby a eu le feu vert du ministère de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques afin que la zone de faucardage soit revue à la hausse, soit à 38,5 hectares, contrairement à 30 hectares l’an dernier et aux 20 hectares autorisés en 2016 et 2017, souligne M. Drolet.

Selon lui, les 38,5 hectares représentent 20,8 % du lac et correspondent pratiquement à ce que la Ville visait.

« On avait demandé 40 hectares, mais le ministère a préféré qu’on ne s’approche pas trop d’une zone à l’est, qui est reconnue, avec le Centre d’interprétation de la nature du lac Boivin, comme une aire de conservation pour les oiseaux aquatiques », note-t-il.

Marc-André Morency, l’attaché de presse du député de Granby, François Bonnardel, a par ailleurs laissé savoir à La Voix de l’Est que des interventions ont été réalisées par le bureau du député au ministère de l’Environnement afin que « le dossier chemine positivement ». M. Bonnardel avait ciblé la santé du lac Boivin parmi ses priorités lors de la dernière campagne électorale.

Pour les néophytes, les activités de faucardage consistent à couper les plantes aquatiques envahissantes et à les retirer du plan d’eau.

La Ville de Granby a d’ailleurs fait l’acquisition en 2016 d’une faucardeuse industrielle, au coût de 165 000 $.

Le coordonnateur de la division environnement à la Ville de Granby, Serge Drolet

Améliorations

En cours depuis le début juillet, les activités de faucardage, prévues dans le plan d’action pour l’avenir du lac Boivin, se poursuivront quasi quotidiennement jusqu’à la fin octobre, précise le coordonnateur de la division environnement. Elles se déroulent dans le secteur du parc Daniel-Johnson, ainsi qu’en bordure de la piste cyclable l’Estriade, grosso modo entre le pont flottant et la Halte des Générations.

Si 26 tonnes de résidus verts ont été retirées du lac en 2016, ce nombre a grimpé à 34 tonnes en 2017 et à 102 tonnes l’an dernier.

Une première coupe est réalisée, en juillet et en août, à 50 cm de la surface de l’eau. « Comme ça, il n’y a aucun problème pour les activités comme le canot, le kayak et la pêche », fait valoir Serge Drolet.

Une deuxième coupe des plantes est par la suite généralement effectuée en septembre et en octobre, mais cette fois-ci à 30 cm du fond.

À court terme, le faucardage permet certes une meilleure pratique des activités aquatiques dans le lac, mais une diminution des épisodes de cyanobactéries et des odeurs liées à la décomposition des plantes figurent également parmi les effets observés, souligne Serge Drolet.

Autres actions

À moyen et à plus long terme, la Ville doit toutefois poursuivre ses actions sur le terrain pour réduire le taux de phosphore dans le lac ; phosphore qui contribue à la croissance des plantes dans le plan d’eau.

« Le ministère nous donne le certificat d’autorisation, mais à la condition qu’on fasse des actions pour réduire l’apport de phosphore pour ne pas qu’on ait à refaire le même exercice ad vitam aeternam », relève Serge Drolet.

La firme Gestrie-Sol a ainsi été mandatée par la Ville le printemps dernier pour accompagner les producteurs agricoles pour qu’ils adoptent des pratiques au champ moins dommageables pour les cours d’eau.

L’OBV Yamaska coordonne pour sa part un projet collectif d’amélioration de la qualité de l’eau en milieu agricole sur le territoire du bassin versant du lac Boivin.

« J’ai bon espoir qu’avec les actions aux champs on puisse réduire les apports de phosphore et, qu’avec le temps, on ait moins besoin de la faucardeuse », avance le coordonnateur de la division environnement à la Ville.

Chose certaine, les actions de faucardage à Granby attirent l’attention. Chaque année, les représentants d’une poignée de municipalités en quête d’informations contactent Serge Drolet.

« Bromont a testé le traitement Phoslock pour son lac, nous, on teste le faucardage. Les gens s’intéressent aux résultats », dit Serge Drolet.