Ariane Guertin-Cabana, Alexandre Gilbert et Virginie Thibault Petel (absente sur la photo) sont responsables de la préparation des aliments servis aux nombreux pensionnaires du Zoo.

Dans les cuisines du Zoo

Les visiteurs du Zoo de Granby peuvent compter sur une équipe de cuisiniers pour combler leurs fringales ; l’imposant contingent d’animaux pensionnaires aussi. Un trio de techniciens en santé animale s’active au quotidien dans une petite cuisine pour nourrir la majorité d’entre eux. Incursion dans les coulisses du Zoo.

Ariane Guertin-Cabana, Alexandre Gilbert et Virginie Thibault Petel maîtrisent tous les besoins alimentaires de la grande famille animale. Ils connaissent la préférence des chauves-souris pour les bananes bien mûres et savent que les lémurs ne doivent pas consommer d’aliments riches en fer, comme le brocoli ou les épinards. S’ils souhaitent faire plaisir à Miko, le kinkajou, ils n’ont qu’à lui servir des avocats. Ils veillent aussi à ce que Chilly, une femelle macaque japonais diabétique, ait une diète moins riche en glucides.

Rien n’est laissé hasard, relève Ariane Guertin-Cabana. La diète de chaque espèce est consignée — au gramme près — dans un épais cartable qui fait en quelque sorte office de livre de recettes.

« On a beaucoup d’animaux à gérer. Il faut aussi savoir qui mange à chaque jour parce que ce n’est pas tout le monde qui mange quotidiennement, comme les serpents. Il y en a qui mangent de une à deux fois par semaine. Les plus gros, c’est aux deux semaines », précise-t-elle.

Sept jours sur sept, les membres du trio se relaient ainsi dans la petite cuisine, non visible du public, pour préparer les rations quotidiennes des animaux sous leur responsabilité, soit ceux qui consomment des fruits, des légumes et de la moulée, c’est-à-dire environ 80 % des 250 espèces animales présentes au Zoo. Les autres, comme les éléphants, les hippopotames ainsi que les félins, sont pour leur part nourris directement par leurs gardiens de foin, de moulée ou de viande, selon leur alimentation.

La facture d’épicerie annuelle pour sustenter l’ensemble des animaux du Zoo s’élève à environ 250 000 $, selon les informations transmises.

Fraîcheur
Deux fois par semaine, le grossiste en alimentation Dubé Loiselle effectue ainsi des livraisons pour remplir les frigos et étagères de tout ce qui est servi aux pensionnaires. « On s’assure d’avoir la même qualité que les restos. On a pour philosophie que si, nous, on ne le mangerait pas, on ne le passe pas aux animaux », relève Ariane Guertin-Cabana.

Depuis quelques années, l’équipe d’horticulteurs du Zoo cultive elle-même des laitues — consommées en très grande quantité par les primates et les tortues — ainsi que du bambou dans des serres aménagées sur le site.

Certains, comme les paresseux, ont droit à des portions individuelles de fruits et légumes, tandis que d’autres, comme les primates, mangent en groupe.

Comme ailleurs, le gaspillage est proscrit dans la cuisine. Il reste trop de bananes mûres? « On fait de la purée de bananes et on met ça en glaçon. Il y a des primates qui sont très heureux d’avoir des glaçons de bananes », relève la technicienne en santé animale. Même chose avec le surplus de tomates qui finit aussi en purée et fait notamment le bonheur des singes-araignées.

Préparer l’ensemble des rations distribuées aux animaux nécessite environ cinq heures par jour, dit Ariane Guertin-Cabana. Tout est acheminé aux principaux intéressés par le biais d’un système de livraison interne.

Parfois, le trio aux cuisines a aussi des demandes des gardiens afin de préparer des mets qui ne figurent pas dans la diète régulière de leurs protégés, mais qui sont notamment utilisés lors d’activités d’enrichissement.

Faits méconnus: les paresseux mangent du tofu, tandis que les moufettes aiment le yogourt et le fromage cottage. Sensibles aux odeurs, les primates, eux, ont parfois droit à des pâtes cuites, mélangées à des épices qui éveillent leur sens. Une fois par deux semaines, les éléphants ont pour leur part du « Jell-O santé avec une gélatine neutre non sucrée ».

Petits soins
Alexandre Gilbert et Ariane Guertin-Cabana ont tous deux été gardiens d’animaux avant de commencer à travailler à la cuisine il y a quelques années. Ils affirment aimer ce travail, car leur tâche ne se résume pas qu’à couper des légumes.

« C’est un secteur à part entière. Il faut faire la gestion des inventaires, des commandes », souligne M. Gilbert.

Leur quart de travail se terminant en fin de soirée, c’est aussi à eux que revient la tâche d’effectuer une dernière tournée du Zoo avant de quitter. Ils peuvent donner des traitements au besoin et assister les vétérinaires en cas d’intervention.

L’été, ils veillent aussi à ce que certaines espèces passent la nuit à l’intérieur. Parfois, ils y vont d’un dernier biberon aux poupons du moment, comme c’est arrivé avec de petits macaques japonais.

Bref, ils sont littéralement aux petits soins avec la grande famille animale du Zoo.