Les employés des municipalités appelés à travailler sur le terrain, notamment dans les parcs et les fossés, sont à risque d’être piqués par des tiques.

Dangers des tiques: les employés municipaux à risque

Les amoureux de la nature ne sont pas les seuls à risque d’être piqués par des tiques. Les employés municipaux responsables de l’entretien des parcs, des travaux de voirie et les animateurs de camps de jour doivent également se prémunir contre ces insectes.

« Nos employés doivent vraiment faire attention parce qu’on trouve ces insectes à plusieurs endroits où on travaille », insiste Robert Daniel, directeur des travaux publics et des services techniques de la Ville de Lac-Brome. « C’est une réalité et on doit vivre avec ça. »

Les employés de la municipalité appelés à travailler dans les parcs et ceux qui assurent l’entretien des fossés et des sentiers sont informés des précautions à prendre pour éviter des piqûres de tiques, explique M. Daniel. « Ils doivent porter des pantalons longs en tout temps et des bottes hautes. C’est une bonne façon de se protéger », dit-il.

Le comité de santé et de sécurité de la municipalité travaille présentement sur un programme de prévention des tiques à l’intention de ses employés, a dit M. Daniel. Un protocole sera mis sur pied pour réduire au maximum les possibilités qu’un d’eux soit piqué par une tique et ne risque de développer la maladie de Lyme.

Un employé du service de l’urbanisme de la Ville de Lac-Brome a contracté cette maladie l’an dernier, a indiqué M. Daniel. Il est en congé de maladie depuis.

Tous les employés municipaux à Bromont sont également informés des risques associés aux tiques, souligne Annie Cabana, coordonnatrice aux sports, loisirs et plein air de la municipalité. Dès qu’un nouvel employé fait son entrée à la Ville, il reçoit un cartable avec les informations sur les tiques et la maladie de Lyme. La lecture du cartable est obligatoire, insiste-t-elle.

Outre l’habillement obligatoire (pantalons et bas longs), la Ville exhorte ses employés à utiliser un répulsif antimoustique contenant du DEET, puis une fois à la maison d’enlever leurs vêtements, de vérifier s’ils ont été piqués et de les mettre dans la sécheuse à haute température pour tuer les tiques qui pourraient y être accrochées. « C’est la meilleure façon de s’assurer qu’elles ne piqueront pas quelqu’un d’autre dans la maison. »

Le monde municipal doit mettre à jour ses assurances collectives pour faire face aux dangers des tiques, fait remarquer le maire de Sutton, Michel Lafrance. Des discussions sont en cours avec des compagnies d’assurance pour que les employés municipaux soient couverts au cas où ils seraient atteints de cette maladie, a-t-il dit.

« On leur a bien spécifié que nos employés doivent être couverts », a insisté M. Lafrance en entrevue.

Camps de jour
Juguler les risques des tiques représente un défi de taille pour les responsables des camps de jour dans les municipalités. Des enfants sont concernés et les activités ont souvent lieu dans des milieux naturels, des endroits propices à la présence de tiques.

C’est le cas de la Ville de Bromont où son camp se déroule dans le domaine naturel du mont Gale, en pleine nature. Une centaine de jeunes y prennent part chaque année.

Depuis cinq ans, la Ville forme ses animateurs pour non seulement qu’ils se protègent des tiques, mais également pour s’assurer que les enfants sous leur garde ne se fassent pas piquer, indique Mme Cabana.

Les animateurs reçoivent une semaine de formation avant le début des camps. Lors de celle-ci, les risques liés aux tiques leur sont expliqués tout comme les mesures à prendre, dit Mme Cabana. « On leur présente une procédure claire à suivre. On leur montre comment vérifier si les enfants ont des tiques et quoi faire si l’un d’eux s’est fait piquer. Ils doivent conserver la tique, la mettre dans un contenant au réfrigérateur. Elle pourra être analysée si nécessaire. Les parents sont avisés. Ils ont reçu au début du camp un dépliant leur expliquant quoi faire à la maison. On aide les gens à bien s’informer. »

Au fil des ans, des animateurs et des enfants ont été piqués par des tiques. Aucun n’a contracté la maladie de Lyme, assure Mme Cabana.

La trentaine de moniteurs des camps d’été à Cowansville reçoit aussi une formation spéciale sur les tiques, dit Isabelle Gariépy, responsable aquatique et de la vie communautaire de la municipalité.

« Autant ils vérifient si les enfants ont mis leur crème de protection solaire, autant ils vont vérifier si les enfants ont été piqués par des tiques. On vérifie surtout quand on a eu des activités près d’un boisé », dit-elle.

Plus de 200 enfants participeront chaque semaine aux camps de la Ville de Cowansville.

Par ailleurs, la Ville de Lac-Brome étendra de la poussière de roche dans le sentier Argyll sur une distance de trois kilomètres dans le secteur de Knowlton. Elle veut ainsi éliminer les herbes hautes qui s’y trouvent et réduire les risques que des tiques s’y trouvent. Des travaux similaires ont été réalisés l’an dernier dans un segment du sentier dans le secteur de Fulford.