Plusieurs artères étaient gorgées d’eau jeudi matin à Granby, dont le boulevard Fortin.

Dame Nature fait des siennes

La neige tombée mercredi soir, l’épisode de pluie verglaçante qui a suivi et le réchauffement de la température ont donné du fil à retordre aux usagers de la route jeudi.

Si plusieurs artères avaient des airs de patinoire en début de nuit, jeudi, elles étaient gorgées d’eau au petit matin. C’était le cas, par exemple, de la rue Dufferin, entre le boulevard Leclerc et la rue York, de la rue Léon-Harmel et du boulevard Fortin. MétéoMédia explique que le sol gelé « a une capacité réduite pour absorber la quantité de pluie reçue ». 

Une soixantaine d’employés des travaux publics de Granby, soutenus par quelques entrepreneurs privés, ont trimé dur toute la journée, en soirée et une partie de la nuit pour limiter les désagréments provoqués par la météo. « Ils font un travail colossal et efficace », commente le directeur du service des travaux publics de la municipalité, François Méthot-Borduas. 

Celui-ci assure que la situation est sous contrôle. En avant-midi, les cols bleus se sont affairés à déboucher des puisards pour éviter que l’eau ne s’accumule dans les rues. « On y va par priorités et par secteurs », explique M. Méthot-Borduas. 

Services suspendus

En raison des conditions routières difficiles, les écoles des commissions scolaires du Val-des-Cerfs, des Hautes-Rivières et Eastern Townships ont été fermées et le transport scolaire, annulé. Il en a été de même pour le Collège Mont-Sacré-Coeur ainsi que l’École secondaire du Verbe Divin à Granby, mais le Centre régional intégré de formation est demeuré ouvert.

Le service de transport Ami-Bus a également interrompu ses activités pour la journée, et ce, sur tout son réseau. En matinée, il avait été annoncé que les transports à Granby seraient maintenus, mais on s’est finalement ravisé en raison des conditions routières difficiles entraînées par la glace et le verglas.

Le service de transport adapté et collectif de Brome-Missisquoi a lui aussi été suspendu pour la journée de jeudi.

Des pannes d’électricité dans le secteur de Saint-Paul-d’Abbotsford et de Stukely-Sud ont été recensées en matinée par Hydro-Québec, mais à peine quelques dizaines de résidences étaient touchées. 

Le tout est rentré dans l’ordre au courant de la journée.

Prudence prolongée

Jeudi matin, il faisait six degrés, soit un de plus que le maximum prévu par MétéoMédia. 

Des accumulations de 20 millimètres de pluie étaient attendues dans le secteur de Granby, avant de se transformer graduellement en neige en soirée. La station météo de la rue Brosseau indiquait en fin d’après-midi que 33 mm de pluie étaient tombés à Granby, indique M. Méthot-Borduas.

À cela, il faut ajouter le ruissellement d’eau issu de la fonte de neige provoquée par le redoux. Toujours selon la station météo de la rue Brosseau, le couvert de neige y a fondu d’environ 16 centimètres.

« Depuis quelques semaines, on se trouvait dans un dôme froid et les systèmes qui auraient pu le réchauffer passaient au sud. Cette semaine, nous nous sommes trouvés dans sa trajectoire », explique André Monette, météorologue chez MétéoMédia.

La nuit de jeudi à vendredi devrait voir le mercure passer à moins neuf degrés. La température devrait demeurer au-dessous de zéro dans la journée de vendredi.

André Monette invite les piétons et les automobilistes à être aussi prudents vendredi, étant donné que de la neige est encore attendue et que les températures tomberont sous les normales de saison au cours de la fin de semaine. 

« Toute l’eau va geler, explique M. Monette. Samedi, on s’attend à des températures minimales de -18 degrés et maximales de -10 degrés. Ce sera difficile sur les routes et sur les trottoirs. »

Selon le météorologue, il faudra s’habituer à connaître des écarts de température comme celui observé ces derniers jours. 

« Ce n’est pas une situation unique. L’an dernier, on a aussi connu un redoux en janvier, particulièrement en Estrie et en Montérégie, illustre M. Monette. On risque de voir de plus en plus de variations extrêmes en raison des changements climatiques. »