La saison 2018 des jardins collectifs et communautaires en Haute-Yamaska est lancée. De gauche à droite : Catherine Bernard, Anne-Marie Cadieux, Jane Ash, Dominique Brault, Nicolas Luppens et Stéphany Chrétien.

Cultiver l’esprit de communauté

La saison 2018 des jardins collectifs et communautaires a été officiellement lancée mercredi. Divers acteurs communautaires ont assisté à l’événement qui présentait les 12 projets d’agriculture urbaine mis en branle.

Vent chaud et soleil radieux : le temps était parfait, mercredi après-midi, pour amorcer la saison d’agriculture urbaine en Haute-Yamaska. Le lancement officiel, qui avait lieu devant les jardins adaptés à l’entrée du Centre communautaire Saint-Benoit, réunissait notamment Robert Riel, conseiller municipal, ainsi que plusieurs acteurs communautaires et des jardiniers de différents sites d’agriculture urbaine.

L’événement était organisé par le Groupe Actions Solutions Pauvreté (GASP), un regroupement qui œuvre à améliorer les conditions de vie des personnes défavorisées et des exclus sociaux.

Les jardins urbains s’inscrivent dans cette démarche en facilitant l’accès à des denrées fraîches peu dispendieuses.

Nicolas Luppens, coordonnateur du GASP, annonce qu’une douzaine de projets de jardinage auront lieu cette année : les sites collectifs sont cultivés en groupe et les récoltes sont partagées entre les jardiniers, tandis qu’avec les sites communautaires, chacun opère sa propre section parmi les parcelles de terre.

Selon les différents intervenants communautaires présents au lancement, l’agriculture urbaine contribue à l’éducation populaire en encourageant les citoyens à adopter une alimentation saine, écoresponsable et locale. Cela crée également un espace de partage de connaissances pour les maraîchers en herbe.

Catherine Bernard, animatrice et intervenante communautaire aux Cuisines collectives de la Montérégie, précise que les 12 projets annoncés ont avant tout une portée sociale. « Le but n’est pas tellement axé sur la production en grande quantité. C’est un peu comme un perron d’Église », illustre-t-elle.

« Les jardins urbains, ce n’est pas juste pour lutter contre la pauvreté : ça crée un bon voisinage et ça amène de la solidarité. Ça permet aussi de sortir de l’isolement, de sortir dehors et de mettre les mains dans la terre. C’est très thérapeutique! », témoigne M. Luppens, qui reconnaît tirer un grand bien de la culture de son potager.

Implication citoyenne
Selon lui, l’agriculture urbaine serait en plein essor dans la région depuis quelques années, phénomène qu’il attribue à la popularité grandissante du jardinage. Du même souffle, il souligne que les citoyens intéressés par les jardins urbains auraient avantage à se manifester rapidement, car plusieurs jardins urbains affichent déjà complet.

Pour simplifier les démarches d’inscription ou de demandes de renseignements, M. Luppens recommande de communiquer avec le GASP, qui pourra rediriger vers les ressources pertinentes.

Il n’est par ailleurs pas nécessaire de participer à un jardin collectif ou communautaire pour s’impliquer. Stéphany Chrétien, de l’équipe de Commun Frigo, a profité du lancement pour promouvoir une autre solution pour contrer le gaspillage alimentaire : le retour des réfrigérateurs ouverts à tous.

« On va installer deux beaux frigos neufs au Centre communautaire Saint-Benoit : un à l’intérieur et un à l’extérieur, protégé par un cabanon. Si les gens chez eux ont des surplus de leurs jardins, s’ils ont des légumes en vraiment trop grandes quantités ou s’ils partent en vacances et ont peur de les perdre, ils peuvent aussi venir les porter dans l’un des réfrigérateurs », explique-t-elle.