Des élus de la région ont vécu l’expérience des cuisines collectives, mercredi, à l’occasion d’une journée nationale qui leur est consacré. Dans l’ordre habituel : le conseiller municipal à la Ville de Granby, Robert Riel, la directrice générale des Cuisines collectives de la Montérégie, Martine St-Germain, et le maire de Shefford, Éric Chagnon.

Cuisines collectives: des élus vivent l’expérience

Quelques tabliers, des planches à découper, des légumes ici et là et bien sûr, l’odeur de la bonne bouffe qui mijote. Des élus de la région ont travaillé dans cet environnement en devenant des cuisiniers d’un jour à l’occasion de la Journée nationale des cuisines collectives.

« J’étais curieux de venir voir comment ça se déroulait, voir les gens qui bénéficient de ce service-là. Je trouve ça très bien l’organisation, l’emplacement. Je trouve ça le fun d’échanger, de travailler avec eux. C’est très positif jusqu’à maintenant et je vais renouveler mon expérience l’année prochaine », a raconté le maire de Shefford, Éric Chagnon, alors qu’il préparait les premiers ingrédients aux côtés du conseiller municipal de Granby, Robert Riel et d’un participant.

Comme le veut la tradition, ces élus — les représentants des députés François Bonnardel et Pierre Breton ont aussi participé — ont cuisiné mercredi pour souligner la Journée nationale des cuisines collectives qui se déroulait sous le thème « Manger, un droit ! ».

« Chaque année, on a une belle réponse. C’est une activité qu’ils apprécient parce qu’ils sont vraiment dans le bain de ce qu’on fait quotidiennement avec nos participants. Ils peuvent aussi échanger avec nos participants sur les raisons pour lesquelles ils viennent aux cuisines collectives », explique Martine St-Germain, directrice générale des Cuisines collectives de la Montérégie.

L’expérience semble effectivement être appréciée des élus. Le conseiller Robert Riel en était à sa quatrième participation ! « On sait que les cuisines sont là pour aider les gens dans le besoin. C’est là pour tout le monde », a souligné celui qui est responsable du développement social et communautaire au sein du conseil municipal.

Un organisme, plusieurs services
L’activité organisée dans les cuisines situées au Centre communautaire St-Benoit de Granby est également une opportunité pour l’organisme afin de faire découvrir ou redécouvrir les services qu’il offre ainsi que leurs besoins, notamment en matière de financement.

La mission première est d’offrir des cuisines collectives à la population par le biais, entre autres, de formations, d’ateliers et d’éducation. « Ce n’est pas juste des gens qui viennent cuisiner, poursuit Mme St-Germain. On les conscientise sur une bonne alimentation. On les amène à développer une autonomie et une économie au niveau alimentaire. Il y en a qui viennent ici et qui ont rarement pris un couteau dans leurs mains ou qui sont très peu allés à l’épicerie. C’est vraiment une éducation. »

Vingt-cinq groupes cuisinent avec le support des animatrices de l’organisme. Quelque 225 personnes différentes ont participé aux cuisines collectives en 2017. Plus de 43 000 portions sont cuisinées chaque année. Il en coûte en moyenne un dollar ou moins par portion.

Des camps culinaires destinés aux enfants sont également offerts pendant la saison estivale. Des ateliers s’adressant aux adultes sont aussi proposés par un chef cuisinier. L’organisme est également responsable des cinq jardins collectifs. Les Cuisines collectives de la Montérégie songent maintenant à offrir une nouvelle activité s’adressant aux entreprises, soit des ateliers de team building.

Le droit à une saine alimentation
L’activité organisée mercredi a permis à l’organisme communautaire de rappeler que la saine alimentation est un droit. Une tournée de conférences régionales est d’ailleurs présentée par une professeure en droit à l’Université du Québec à Montréal et à l’Université d’Ottawa sous le thème « Manger, un droit ! »

« Le Regroupement des cuisines collectives du Québec s’est penché sur différentes statistiques: le prix du panier d’épicerie, l’indice de prix à la consommation pour les aliments. Ce serait intéressant d’avoir une politique alimentaire au Québec », explique Martine St-Germain.

Après avoir lavé, coupé, mesuré et fait cuire les ingrédients, les élus ont pu goûter au fruit de leur travail: une soupe aux lentilles. Pas moins de 200 portions ont été cuisinées. Elles ont été offertes aux bénéficiaires du Partage Notre-Dame de Granby. Une façon de donner au suivant, souligne Mme St-Germain.