La MRC Brome-Missisquoi barre les centres de cryptomonnaie.

Cryptomonnaies: prolongation du moratoire dans Brome-Missisquoi

L’implantation de nouvelles mines de cryptomonnaies ne sera pas possible à court ou moyen terme dans la MRC Brome-Missisquoi. L’organisme vient de prolonger son contrôle intérimaire de trois mois sur ce type d’entreprise et planche sur un moratoire à long terme.

Les maires de la MRC se sont familiarisés ces derniers mois sur cette industrie des devises virtuelles. Après analyse, ils réitèrent qu’ils n’y voient pas une filière économique intéressante pour développer leur municipalité. « Il n’y a pas de création d’emplois, pas beaucoup du moins. Et ça prend énormément d’électricité. On pense qu’on peut l’utiliser à des fins plus utiles », explique Sylvie Dionne-Raymond, préfète de la MRC.

Le prolongement du contrôle intérimaire, approuvé à l’unanimité par les maires, a pour effet d’empêcher une entreprise de cryptomonnaie d’ouvrir dans les 21 municipalités de la MRC. Les quatre centres de traitements des données déjà en place conservent le droit d’y rester, mais ils ne pourront occuper plus d’espaces dans les locaux qu’elles louent.

Des entreprises sont présentes à Farnham, Cowansville, Bedford et Notre-Dame-de-Stanbridge. Celle installée dans l’ancien incubateur industriel à Bromont a récemment plié bagage suite à l’annulation de son bail par le propriétaire de l’édifice.

Il appert que les locataires n’avaient pas informé le propriétaire de l’immeuble des nuisances liées à leurs activités, indique Charles Lambert, directeur général de la société de développement économique de Bromont. « Il s’est aperçu que les opérations dégageaient beaucoup de chaleur et que le système de refroidissement de l’immeuble ne pouvait pas gérer toute cette chaleur. Et il y avait le bruit. Un hum continuel », dit-il.

M. Lambert n’est pas déçu du départ de cette entreprise. Il assure être favorable à accueillir des entreprises qui misent sur l’informatique. Pourvu qu’elles emploient des gens et qu’elles fassent œuvre utile, dit-il. Il donne l’exemple d’entreprises qui ont recours à de puissants ordinateurs dans le domaine de la recherche médicale. « Elles mettent au point des logiciels et des systèmes capables d’analyser des radiographies, de les comparer à des centaines de milliers d’autres, et d’arriver avec un diagnostic précis. C’est une grande avancée pour la lutte au cancer du sein. »

Le fait d’accueillir une nouvelle entreprise est habituellement synonyme d’une bonne nouvelle, signale Yves Lévesque. Les élus ont intérêt à y penser deux fois lorsqu’il s’agit d’un centre de cryptomonnaie, avertit le maire de Bedford.

Son administration est aux prises avec des problèmes de bruits persistant depuis qu’un centre de cryptomonnaie, Donat Real Estate, s’est installé avant les Fêtes dans un local commercial sur la route 235, derrière un quartier résidentiel. « Ils ont des entrées d’air et des ventilateurs qui fonctionnent 24 heures sur 24 pour refroidir leurs serveurs. C’est un bruit constant, en sourdine. Ce n’est pas acceptable pour nos citoyens », soutient-il.

L’entreprise doit déposer cette semaine un plan pour modifier ses équipements pour atténuer le bruit, a dit M. Lévesque. « On est en discussion avec les promoteurs pour qu’ils nous amènent des solutions. »

Avec le recul, M. Lévesque regrette que l’entreprise ait choisi Bedford. « On était très positif. Mais on commence à connaître cette industrie, ce qu’elle fait. Ce n’est pas un créateur d’emplois. Il y a un technicien qui vient de temps en temps, c’est tout. On n’a pas de retombées pour la ville. Si on avait su, on ne serait jamais allé de l’avant. »