La Ville de Bedford a maille à partir avec une usine de cryptomonnaie dont le bruit des systèmes de ventilation cause des désagréments à des voisins.

Cryptomonnaie: Bedford à bout de patience

Incapable d’inciter une usine de cryptomonnaie à réduire le bruit de ses équipements, la Ville de Bedford modifiera son règlement sur les nuisances en incluant un plafond de décibels autorisés pour des activités commerciales et industrielles.

L’entreprise au cœur de cette controverse est Donat Real Estate. Depuis décembre, à partir d’un bâtiment sur la rue Massicotte, elle opère un centre de calculs de cryptomonnaie. La présence de nombreux équipements informatiques nécessite des systèmes de ventilation pour les refroidir. Ceux-ci fonctionnent 24 heures sur 24, occasionnant du bruit qui dérange les résidants du secteur.

« On discute depuis plusieurs mois avec les propriétaires pour qu’ils trouvent une solution. Ils ont demandé un permis de rénovation, mais sans nous expliquer comment ils allaient réduire le bruit. On a fini par le donner. Mais, ils nous disent maintenant qu’ils vont seulement apporter les correctifs en septembre. Les équipements pour réduire le bruit ne seraient pas disponibles. On a de la difficulté à croire que c’est le cas », dénonce le maire Yves Lévesque.

Les citoyens concernés sont nombreux à se plaindre du bruit causé par l’entreprise, confirme Guy Coulombe, directeur général de la Ville. « On sort d’une période de canicule. Les gens avaient leurs fenêtres ouvertes pendant tous ces jours. Ça n’a pas dû être agréable pour eux avec ce bruit constant. Ce n’est pas réglé », a-t-il dit.

La municipalité a mandaté une firme spécialisée pour déterminer le niveau sonore des équipements extérieurs de Donat Real Estate. Les tests menés ont démontré que le bruit atteint les 50 décibels. « Ce n’est peut-être pas très élevé, mais c’est constant. C’est jour et nuit », indique M. Lévesque.

Le conseil municipal a déposé au début du mois une nouvelle version de son règlement sur les nuisances. L’ancien ne mentionnait pas le bruit, explique M. Coulombe.

Le nouveau règlement plafonnera à 45 décibels le bruit toléré par des activités commerciales et industrielles. Il devrait être adopté lors de la séance régulière d’août, a dit M. Coulombe. Il entrera en vigueur dans les jours suivants, a-t-il indiqué.

La Ville doit établir des limites, a dit le maire. « On a une entreprise qui ne semble pas se soucier du bruit qu’elle fait. Ce n’est pas acceptable pour les citoyens. On va prendre les mesures qui s’imposent », a-t-il dit.

Les règlements municipaux sur les nuisances sont toujours associés à des amendes. « On va pouvoir agir autrement avec des pénalités [monétaires] », a dit M. Lévesque.

Relations publiques
L’industrie de la cryptomonnaie cherche à se faire accepter dans la région où la MRC de Brome-Missisquoi a décrété un moratoire sur l’arrivée d’entreprise du genre ou l’expansion de celles déjà en place. La compagnie Bitfarms était un des principaux commanditaires au tournoi de golf de la mairesse de Cowansville, Sylvie Beauregard, le 5 juillet. L’entreprise a une usine dans cette municipalité.

Bitfarms a également des équipements informatiques dans l’ancienne usine de Beaulieu Canada à Farnham. Elle accapare toute la capacité électrique des lieux. La puissance électrique du bâtiment devra être augmentée pour attirer d’autres locataires, nous a confié une source.

Le maire Lévesque regrette qu’une telle entreprise se soit installée à Bedford. « Ça ne crée pas d’emploi, c’est énergivore. Je ne vois aucun bienfait pour notre communauté. »

L’un des propriétaires de Donat Real Estate, Adam Atlas, n’a pas donné suite lundi à notre demande d’entrevue.