Une partie des ballots abandonnés par Récupération 2000 sera revalorisée, affirment les maires de Dunham, Farnham et Cowansville (Pierre Janecek, Patrick Melchior et Sylvie Beauregard), accompagnés ici du directeur général de la Régie intermunicipale de gestion des matières résiduelles de Brome-Missisquoi, David Rumsby.

Crise du recyclage dans Brome-Missisquoi: tout ne sera pas jeté, disent les élus

Les montagnes de matières recyclables qui s’accumulent derrière l’ancien centre de tri de Cowansville ne finiront pas toutes à l’enfouissement, assurent les élus.

Une partie des 15 000 tonnes de ballots sera nécessairement envoyée au dépotoir compte tenu de son état de dégradation, a convenu le directeur général de la Régie intermunicipale de gestion des matières résiduelles de Brome-Missisquoi, David Rumsby, en conférence de presse mercredi.

Mais « on va valoriser ce qui pourra l’être », a-t-il ajouté. « On veut faire le travail comme il faut », a souligné le maire de Farnham, Patrick Melchior.

Décomposition

La Presse + faisait état, samedi, des immenses amoncellements de matières recyclables abandonnées sur le terrain de Récupération 2000, l’entreprise ayant déclaré faillite en août. Certains sont dans un état de décomposition avancé et la possibilité que tout soit envoyé à la poubelle est soulevée, une opération dont le coût est estimé à 2 M $.

Réunis à l’hôtel de ville de Cowansville, les élus ont assuré que ce n’était pas leur intention et qu’ils attendent que le ministère de l’Environnement analyse le site avant de bouger.

La fermeture de Récupération 2000 est un événement « malheureux et ponctuel », a dit le mairesse de Cowansville, Sylvie Beauregard. « Le ministère doit maintenant faire son travail. C’est sûr qu’il va faire de quoi avec le site. »

Impuissance

Mme Beauregard estime que les élus et la MRC de Brome-Missisquoi ont « agi selon nos devoirs » et qu’il leur était impossible de prévenir ou d’empêcher la fermeture du centre de tri. Les équipements vétustes et la piètre qualité de ballots produits par Récupération 2000 l’ont placé en position financière précaire quand la Chine, son principal client, a resserré ses normes d’achat en début d’année.

« On ne pouvait pas faire plus », a dit la mairesse. La Ville avait fait une demande de subvention pour améliorer l’équipement de l’entreprise, sans succès, puis déposé une plainte au ministère de l’Environnement en septembre.

« C’était une compagnie privée, on ne pouvait pas s’ingérer », a mentionné le maire de Dunham, Pierre Janecek. « Avant que la Chine ne ferme ses portes, ça fonctionnait bien », a dit David Rumsby. Il précise que le risque de pollution est mince parce que les matières recyclables « ne se lixivient pas autant que les matières organiques ».

Facture

Depuis août, les municipalités de Brome-Missisquoi jadis desservies par Récupération 2000 envoient leur recyclage chez Sani-Eco, à Granby. La facture est un peu plus élevée pour les villes, mais le citoyen ne verra pas d’augmentation, a dit Sylvie Beauregard.

Elle enjoint les citoyens à continuer de recycler et de composter afin de réduire l’enfouissement. « Nous avons reçu des appels de citoyens qui étaient inquiets. Ils se demandaient si leurs efforts ont été vains pour le recyclage. La réponse est non. Le recyclage est présent depuis plusieurs années dans nos habitudes et il faut poursuivre nos efforts en ce sens », dit la mairesse de Cowansville.