Selon l’étude du magazine Maclean’s sur les villes les plus dangereuses au Canada, Granby occupe le 164e rang parmi 229 municipalités et régions recensées.

Criminalité au Canada: il fait bon vivre à Granby

Tout porte à croire que les Granbyens peuvent dormir sur leurs deux oreilles. Seule représentante de la région dans l’étude du magazine torontois Maclean’s sur les villes les plus dangereuses au Canada, Granby occupe le 164e rang parmi 229 municipalités et régions recensées. Présentant un « Indice global de gravité de la criminalité » de 45 selon les plus récentes données de Statistique Canada, colligées en 2016, la princesse des Cantons-de-l’Est est également classée 13e sur 24 au Québec.

Toutes proportions gardées, Granby se compare avantageusement à Montréal (97e au Canada, première au Québec), Magog (130e), Saint-Jean-sur-Richelieu (150e) et Sherbrooke (153e). Elle fait toutefois moins bonne figure que Châteauguay (175e), Mirabel (192e) et Repentigny (211e, le meilleur pointage au Québec). 

Capitaine au Service de police de Granby, Benoit Desautels y est allé de commentaires prudents puisque l’échantillon étudié diffère de celui du rapport transmis aux différents corps policiers par Statistique Canada. De façon générale, il juge néanmoins que Granby fait plutôt bonne figure. 

« Il ne faut pas se cacher que Granby n’est pas une banlieue. C’est la ville-centre du secteur, avec toutes les infrastructures que ça comporte. Donc qu’on se classe dans le début du troisième tiers, c’est quand même intéressant », a-t-il souligné. 

« On considère que Granby est une ville sécuritaire. C’est ce que la population nous dit. (...) On tente d’assurer un sentiment de sécurité et une présence régulière. »

Avec un pointage de 52, la ville avance en 127e position pour ce qui est de l’« Indice de gravité de crimes violents ». 

Le capitaine Benoit Desautels, du Service de police de Granby

Zones d’ombre

Quelques zones d’ombre se dégagent toutefois des résultats publiés par le Maclean’s pour Granby, principalement chez les jeunes. Un total de 35 infractions à la Loi sur le système de justice pénale pour les adolescents ont été relevées localement, ce qui représente un taux par 100 000 habitants trois fois supérieur à la moyenne canadienne. Granby occupe le 21e rang à chapitre, étant devancée uniquement par Magog au Québec. 

« À Granby, on a deux policiers qui sont à la prévention à la division jeunesse, plus un enquêteur jeunesse. Évidemment, plus on travaille ces dossiers-là et plus on donne des informations (aux jeunes), c’est normal qu’on ait un niveau de dénonciations peut-être plus important qu’ailleurs », a plaidé le capitaine Desautels. 

Par ailleurs, deux homicides sont survenus à Granby en 2016, un chiffre qui dépasse tout de même la moyenne au pays. Huit données sont en hausse localement par rapport à l’année précédente, y compris l’« Indice général de gravité de la criminalité ».

Points positifs

Granby se situe en dessous de la moyenne nationale pour 10 des 12 types de crime étudiés. Les vols sont notamment 3,6 fois moins fréquents sur son territoire. Le nombre d’agressions — qu’elles soient physiques ou de nature sexuelle — est près de 1,8 fois inférieur compte tenu de la population granbyenne. 

Qui plus est, Granby ne semble pas être un milieu favorable au commerce des drogues, bien au contraire. On y a noté un ratio pondéré de 2,98 arrestations par 100 000 habitants pour la production ou le trafic de cocaïne, alors que la moyenne canadienne est de 19,73. Le portrait est également positif en ce qui concerne le cannabis et la conduite avec les facultés affaiblies. 

« Idéalement, il n’y en aurait pas du tout, on s’entend là-dessus. Ce n’est pas une réalité granbyenne, mais plutôt provinciale. Mais oui, tant mieux [pour les bons résultats relatifs aux drogues] », a mentionné Benoit Desautels. 

La Voix de l’Est n’a pu obtenir les commentaires du maire de Granby, Pascal Bonin, jeudi. 

Notons que selon le rapport de Statistique Canada, les postes de la Sûreté du Québec de Brome--Missisquoi et de Rouville obtiennent eux aussi un « Indice global de gravité de la criminalité » pouvant être arrondi à 45, similaire à Granby. Ils ne sont toutefois pas inclus dans le relevé du Maclean’s.