Ce contenu vous est offert gratuitement, il ne vous reste plus de contenu à consulter.
Créez votre compte pour consulter 3 contenus gratuits supplémentaires par jour.
Des employés en services sociaux de la région de Granby ont bruyamment manifesté leur ras-le-bol de leurs conditions de travail, mercredi.
Des employés en services sociaux de la région de Granby ont bruyamment manifesté leur ras-le-bol de leurs conditions de travail, mercredi.

Cri du coeur des travailleurs en services sociaux: «on s’en va droit dans le mur»

Jean-François Guillet
Jean-François Guillet
La Voix de l'Est
Article réservé aux abonnés
Des employés des services psychosociaux et en réadaptation d’ici ont vivement manifesté leur ras-le-bol concernant leurs conditions de travail, mercredi midi, devant le centre administratif de Granby. Manque d’écoute, de personnel, salaires à revoir, la liste des revendications est longue.

Dès le début de son allocution, la présidente par intérim du syndicat des travailleurs et travailleuses (CSN) du Centre intégré de santé et des services sociaux de la Montérégie Ouest (CISSSMO), section Estrie, Jeanne Laliberté, a galvanisé les troupes. « Nous sommes ici aujourd’hui pour dire au gouvernement que c’est assez. Il y a urgence d’agir. On n’en peut plus. Si notre gouvernement continue à refuser d’améliorer le sort du personnel, on s’en va droit dans le mur. Nous sommes rendus au bout du rouleau. »

Sans convention collective depuis près d’un an, les travailleurs en réadaptation et en services psychosociaux dénoncent leurs conditions salariales comparativement à plusieurs autres secteurs d’activité en santé. L’entente de principe conclue récemment entre Québec et la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ) est un irritant, a concédé Jeanne Laliberté. « À chaque négo, la FIQ a toujours une entente avant les autres. Mais c’est un fait. Nos conditions salariales doivent être revues, ça presse », a-t-elle dit.

Jeanne Laliberté, présidente par intérim du syndicat des travailleurs et travailleuses (CSN) du CISSSMO en Estrie.

L’exode de jeunes travailleurs, et même de personnel expérimenté, est un problème criant que l’on doit résoudre sans tarder, a renchéri la représentante syndicale. « On veut tenir le fort, mais est-ce qu’on va pouvoir le faire ? Dès qu’on réussit à avoir du soutien, des bras de plus dans le réseau, les gens quittent après une à deux semaines à cause des conditions de travail. Le TSO (temps supplémentaire obligatoire) est constant. Il faut que ça cesse. »

Appartenance

Selon Jeanne Laliberté, le manque de reconnaissance de l’employeur mine également le moral des troupes. « Le siège social du CISSS de la Montérégie Ouest est à Châteauguay. Les services sociaux dans la région de Granby sont relégués aux oubliettes. On n’a aucune écoute », a-t-elle déploré.

Le transfert de tous les secteurs d’activité en santé vers l’Estrie est enclenché. La pandémie a toutefois mis le processus sur pause. À l’instar de la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ), tous les services sociaux devraient être intégrés dans une entité distincte ayant « le pouvoir de prendre ses propres décisions » et de « gérer son propre budget », a mentionné la représentante syndicale. « On devrait tenter de garder notre bulle de services sociaux en s’associant avec la DPJ en Estrie. Pourquoi ne pas le faire en projet pilote ? On ne peut plus rester dans une aussi grosse structure de CISSS et de CIUSSS qui ne pensent qu’en fonction des besoins en santé, principalement dans les hôpitaux. »

Délais

L’exode du personnel et la lourdeur des dossiers à traiter, dans des conditions « à des années-lumière de ce qu’elles devraient », font en sorte que les délais d’attente s’allongent pour obtenir des services. « On a une clientèle de gens qui ont un TSA (trouble du spectre de l’autisme). Des gens qui souffrent, qui peuvent parfois être violents à cause de leur condition. Et malheureusement, on voit la liste d’attente s’allonger. Certaines familles attendent jusqu’à deux ans avant d’avoir accès aux services directs. C’est intenable », a clamé Mme Laliberté.