Un cas de berger allemand dangereux a été entendu par la juge Monique Perron de la Cour municipale à Cowansville, jeudi. Elle a demandé son euthanasie immédiate.

Cowansville: un chien jugé dangereux sera euthanasié

Le jeune règlement concernant les animaux de Cowansville a fait face à sa première épreuve, jeudi dernier, alors qu’un cas de chien dangereux a été présenté à la Cour municipale. Le test a été réussi avec succès, se réjouissent la Ville et la SPA des Cantons.

Le chien, un berger allemand nommé Carlo et impliqué dans au moins six incidents sera euthanasié. « Il a terrorisé un quartier complet à Cowansville, raconte Carl Girard, directeur de la SPA des Cantons. Tout le monde en avait peur. J’ai essayé d’éviter le plus possible d’y aller drastiquement. On a fait signer à la propriétaire des conditions de garde à deux reprises, qui étaient archisimples : de le tenir en laisse en tout temps et lui faire porter une muselière. Elle l’a fait quelques semaines, puis elle a abandonné. »

Selon les témoignages recueillis par M. Girard, le chien de 117 livres était utilisé pour intimider le voisinage et il a mordu une fois. Il a demandé une évaluation comportementale après que Carlo ait mordu, mais personne n’a été capable de l’approcher, hormis sa maîtresse.

« Il nous chargeait systématiquement. Le niveau de dangerosité était très élevé. La dame m’a fait une crise de larmes et je lui ai demandé de le garder en muselière. Une couple de semaines après, une autre plainte [nous a été signalée] : le chien était lousse et il a encore servi à intimider. J’ai signifié à la ville qu’il fallait faire de quoi, mais on n’avait pas encore testé le nouveau règlement. »

Euthanasie immédiate
C’était l’occasion de mettre ce dernier à l’épreuve. Sachant que la juge de la Cour municipale Monique Perron, était à l’aise pour traiter ce genre de dossiers, la Ville a déposé une requête il y a quelques semaines à ce niveau de juridiction, plutôt que de s’adresser à la Cour supérieure comme par le passé, ce qui générait de longs délais et d’importants coûts.

« On avait six témoins assignés, on avait des preuves photo, des preuves vidéos, des déclarations écrites, évoque M. Girard. On avait une preuve en béton et la juge nous a accordé l’euthanasie immédiate du chien — du moins le plus rapidement possible — parce que le chien représentait une menace pour les voisins. On a plaidé dans l’après-midi et à la fin du procès on avait les papiers. »

Carl Girard, directeur de la SPA des Cantons

La SPA des Cantons s’est présentée chez la maîtresse de Carlo pour réquisitionner le chien et procéder au jugement, mais il n’y était plus. « Elle nous a dit que le chien était parti à l’extérieur de la région depuis janvier. Mais on a quelqu’un qui l’a pris en photo en février. Le jugement reste actif, alors on l’a averti que dès que le chien revient sur le territoire, c’est une saisie et une euthanasie immédiate. »

« Je sais que des gens vont dire qu’on n’est pas correct de demander l’euthanasie, mais j’ai une personne irresponsable qui a un gun chargé dans les mains ! Je fais quoi ? Il pèse 117 livres, il peut tuer un adulte. »

« Très contents »
« On est très content des résultats de notre règlement, commente la mairesse de Cowansville, Sylvie Beauregard. Il est clair et il a fait ses preuves. On en a occasionnellement des cas comme ça, alors il faut s’assurer de la sécurité des gens. »

Cowansville a modifié sa règlementation l’an dernier à la suite de mauvaises expériences vécues avec l’ancien règlement. Le nouveau est similaire à celui que le directeur de la SPA des Cantons avait proposé à la Ville de Bromont.

« Il a été bâti pour l’ensemble des municipalités de la MRC, ajoute Mme Beauregard. [...] Il est sur le point d’être adopté par l’ensemble des municipalités de la MRC pour que ce soit uniforme pour la SQ. Quand chaque municipalité a sa propre règlementation, ça devient complexe pour les policiers. »

Ce règlement ratisse large et ne cible pas seulement une race ou une catégorie de chiens. Carl Girard, qui critiquait il y a deux ans un premier projet de règlement de Bromont qui ne visait que certaines races, dont les pitbulls, avait lui-même fait l’objet de critiques de la part des anti-pitbulls.

« Vas-tu plus protéger la population si tu contrôles les fusils d’assaut ou si tu contrôles l’ensemble des armes à feu ? Poser la question c’est y répondre. C’est la même affaire pour les chiens. Es-tu mieux de contrôler l’ensemble des animaux ou seulement les pitbulls ? »

Depuis que le règlement a été adopté à Bromont, six cas de chiens agressifs ont été traités hors cour. Parmi ces canidés, aucun n’est un pitbull.