démolition Maison Robinson, Cowansvsille. photo Christophe Boisseau-Dion

Cowansville: nouveau règlement sur la démolition

Les maisons, commerces et usines ne peuvent plus être démolis au bon vouloir de leurs propriétaires à Cowansville. Ils doivent maintenant obtenir l'autorisation de la Ville avant de procéder et s'engager dans l'année à réutiliser le terrain.
Comme prévu, le conseil a officiellement adopté mardi son règlement sur la démolition. Celui-ci impose une façon de procéder aux propriétaires qui souhaitent démolir un bâtiment leur appartenant. Ils doivent déposer une demande, laquelle sera analysée par le service de l'urbanisme. Puis un comité de démolition, composé de trois élus, tranchera.
Le nouveau règlement prévoit notamment la publication d'un avis public. Les personnes opposées à la démolition ont dix jours pour se manifester auprès de la Ville. Dans tel cas, une consultation publique sera organisée. Le comité disposera de deux mois pour rendre une décision finale.
La Ville s'est gardé des marges de manoeuvre, a souligné le maire Arthur Fauteux. «Le danger, c'était de bureaucratiser tout ça, de rendre ça trop compliqué pour l'appliquer. On a réussi, je pense, à trouver le juste milieu.»
Cas par cas
Les dossiers seront jugés au cas par cas, a-t-il dit. «C'est un outil pour mieux planifier le développement de notre ville. Les gens devront nous démontrer que le fait de démolir un bâtiment pour le remplacer par autre chose sera une plus-value pour la ville.»
La Ville s'est inspirée de quatre règlements pour écrire le sien, a indiqué M. Fauteux. Il ressemble en plusieurs points à celui de la Ville de Repentigny, a-t-il dit. L'administration municipale a également profité des conseils de l'urbaniste Hélène Doyon pour rédiger sa législation.
Le sujet a fait grand bruit au printemps lorsque les propriétaires de la maison Robinson l'ont passé au pic de démolition. Plusieurs citoyens ont alors appris que la Ville ne possédait aucune réglementation sur la démolition. Un bâtiment pouvait être démoli sans l'approbation de la ville.
Le maire espère que le fonctionnement du comité de démolition ne sera pas contesté. Il digère encore mal que des opposants au projet d'un édifice de 150 logements de quatre étages sur les berges du lac Davignon aient affirmé que la maison Robinson avait une valeur patrimoniale.
C'est sur ce terrain que les promoteurs souhaitaient construire l'édifice destiné à accueillir des personnes âgées autonomes. «La pression populaire peut être utilisée par des gens pour essayer de changer une opinion qui est objective», a philosophé le maire.