Le premier budget sous la férule de la mairesse de Cowansville Sylvie Beauregard permettra à la population de reprendre son souffle après une année 2017 fort chargée en investissements.

Cowansville: le compte de taxes reste stable

Le compte de taxation foncière des Cowansvillois bougera peu cette année. Ça s’explique par le fait que la valeur de leurs maisons ne s’est appréciée que de 3,3 % depuis le dernier rôle d’évaluation foncier en 2015.

Cette faible hausse se traduira quand même par une réduction du taux de taxation résidentielle. Dans son budget adopté lundi soir, le conseil municipal a retranché 2 ¢ du taux de taxation. Il passe de 96 ¢ à 94 ¢ par 100 $ d’évaluation, soit une réduction de 2,08 %.

La maison moyenne à Cowansville­ vaut maintenant 211 910 $, en hausse de 6042 $ par rapport à 2017. Pour les propriétaires d’une maison de même valeur, en soustrayant la baisse de 2 ¢ du taux de taxation de la hausse de sa valeur en 2018, leurs taxes foncières leur coûteront 15 $ de plus cette année. Cela représente une hausse de 0,62 %. « C’est très, très bas. C’est une hausse presque nulle quand on la compare à l’indice des prix à la consommation », souligne Josée Tassé, trésorière de la Ville.

La valeur de l’ensemble des propriétés, qui inclut non seulement les maisons, mais aussi les immeubles à logements, les commerces, les industries et les fermes, a crû en moyenne de 3,83 %. Les commerces enregistrent une petite hausse de 2,52 %, tandis que les industries encaissent un recul de 1,88 %.

Les immeubles de six logements et plus (8,08 %), les immeubles agricoles (8,14 %) et les terrains vagues desservis (22,28 %) ont connu des majorations de leur valeur beaucoup plus importantes. Le taux de taxation du premier a été révisé de 1,01 $ à 96 ¢ et celui des deux autres de 96 ¢ à 94 ¢.

Comme l’avait fait l’ancien maire Arthur Fauteux en 2016, la nouvelle mairesse Sylvie Beauregard a convaincu son administration de réduire la charge foncière des commerçants et des industriels. Le taux de taxation des commerces se situe maintenant à 2,35 $ par 100 $ d’évaluation, soit une baisse de 5 ¢. Le taux de taxation industriel passe à 2,40 $, une réduction de 20 ¢. Les baisses avaient respectivement été de 10 ¢ pour les commerces et de 20 ¢ pour les industries en 2016.

Entendre le message

Mme Beauregard espère que les gens d’affaires entendront le message envoyé par ces baisses de taxation. « Nous voulons donner une chance à nos entrepreneurs d’être compétitifs. On voit ça comme un investissement de la Ville dans nos entreprises », a-t-elle dit en entrevue lors de la rencontre médiatique en matinée. 

Le conseil étudiera les impacts des nouveaux taux avant de statuer si d’autres baisses seront annoncées, a indiqué Mme Beauregard.

Pour son budget 2018, la Ville prévoit des revenus de 23 258 879 $, ce qui représente une hausse de 3,79 % comparativement à 2017. Ses dépenses devraient être de 20 337 279 $, en hausse de 2,57 %.

Notons que les taux de toutes les taxes de services (eau potable, eaux usées, ordures, collecte sélective­ et écocentre) sont gelés.

Le programme triennal d’immobilisation sera plus modeste en 2018. Un montant de 6 026 895 $ y sera consacré. En 2017, l’ensemble des travaux et des acquisitions prévu était estimé à 16 185 429 $. Un peu plus de 12 millions de dollars ont finalement été investis.

La Ville procédera au remplacement du système de réfrigération au Pavillon des sports Roland-Désourdy. Elle y injectera 606 019 $ alors que le ministère de l’Éducation, de l’Enseignement et des Sports versera une subvention de 380 183 $.

Fréon et interdiction

Des travaux permettront à la Ville de ne plus utiliser le fréon comme gaz réfrigérant à son aréna, explique Claude Lalonde, directeur général de la Ville. « On modernise nos équipements qui sont en fin de vie et on va respecter avant 2020 l’interdiction d’utiliser du fréon. On fait d’une pierre deux coups », image-t-il.

Le développement commercial et résidentiel prévu à l’intersection de la route 139 et de la rue Joliette sera l’un des plus importants en cours d’année. Le conseil y consacrera 875 000 $. Des travaux de 700 000 $ sont au programme pour moderniser les réseaux d’aqueduc et d’égout de la rue Church, entre la Place Philippe-Fortin et la rue James. Deux autres phases dans ce projet sont prévues en 2019 et 2020. Un montant de 345 000 $ apparaît aussi au PTI pour le prolongement du réseau d’aqueduc et d’égout de la rue Albert.

DETTE: « ON EST VIGILANTS », ASSURE LA MAIRESSE

La dette de la Ville de Cowansville devrait atteindre 37 978 347 $ d’ici la fin de l’année. De ce montant, 31 595 428 $ seront à la charge de la municipalité, les 6 382 919 $ restants étant la responsabilité du gouvernement du Québec.

À la fin de 2017, la portion de la dette à la charge de Cowansville était estimée à 29 460 422 $. La différence avec 2018 s’explique par le fait que les prêts contractés en 2017 ont commencé à être comptabilisés cette année.

La mairesse Sylvie Beauregard ne s’en inquiète pas. « La dette est sous contrôle. On planifie nos budgets de façon serrée justement pour la contrôler. On a eu beaucoup de travaux l’an dernier, des travaux où on a obtenu 83 % de subventions », signale-t-elle. « On est vigilants. »

La municipalité versera cette année 2 380 000 $ en capital et intérêts sur sa dette. C’est 9,33 % de moins qu’en 2017. Le tout s’explique par la décision du conseil de l’époque de rembourser un emprunt de 658 600 $ au lieu de le refinancer.

Comme dans l’ensemble de la région, c’est le troisième rôle d’évaluation consécutif en baisse à Cowansville. En 2009, la valeur des maisons avait explosé de 23,2 %, un record. En 2012, la hausse avait atteint 16,76 %. Elle avait été de 11,5 % en 2015.