L’octroi d’une subvention de 50 000 $ par la Ville de Cowansville permettra à la compagnie Bioserres Canada d’aménager un chemin d’accès au terrain qui accueillera d’ici la fin de l’année des serres de tomates et de concombres.

Cowansville investit 50 000 $ dans un projet de serres

La Ville de Cowansville­ investira 50 000 $ pour aider des investisseurs vénézuéliens à construire des serres de tomates et de concombres sur son territoire. Il s’agit d’un projet de 3,9 millions de dollars qui créera entre 20 et 25 emplois.

L’argent versé par la municipalité permettra à l’entreprise Bioserres Canada­ d’aménager un chemin d’accès le long de l’usine Planchers des Appalaches jusqu’au terrain où ils construiront leurs serres. « C’est un excellent investissement pour la Ville », assure la mairesse Sylvie Beauregard­. « Ça vaut vraiment la peine parce que ça s’inscrit dans notre volonté de développement des entreprises », a-t-elle expliqué mardi soir en entrevue au terme de l’assemblée où le conseil a autorisé le subside.

L’octroi de la subvention est cependant conditionnel à l’achat par les investisseurs en février du terrain où se trouveront les serres d’ici la fin de l’année. Le terrain appartient en partie au propriétaire de Planchers des Appalaches, Jean Leduc, et à Daniel Morgan.

Selon nos informations, deux phases sont prévues : une première verrait la construction d’une serre de 2000 mètres carrés, puis la deuxième, deux ans plus tard, l’ajout d’une serre de 10 000 m2. Les deux serres auraient une production annuelle de 500 000 kilogrammes de légumes.

Mme Beauregard n’a pu dire si le projet de Bioserres Canada était en péril sans l’aide financière de la Ville. Elle y voit un coup de pouce important en faveur de l’entreprise en plus de générer de nouvelles taxes foncières pour la Ville.

Le choix de s’installer à côté des Planchers des Appalaches ne relève pas du hasard. Le producteur de légumes veut utiliser les résidus de bois de sa voisine comme biomasse pour chauffer ses serres. Un système mécanique de convoyeur transportera les résidus de l’usine aux serres, a indiqué Olivier Ricard, directeur du service de l’aménagement urbain et de l’environnement de la Ville. « On n’a pas encore les plans et devis, mais c’est ce qui est prévu », a-t-il dit. « C’est un bel exemple d’économie circulaire avec la valorisation des résidus de bois », a-t-il indiqué.

Longues démarches

La Ville travaille de concert avec les investisseurs depuis le printemps dernier. Elle a procédé à quelques changements à sa règlementation, notamment de zonage, pour accompagner le projet. Une demande d’exclusion du terrain de la zone d’urbanisation pour le replacer en zone agricole a aussi été déposée à la MRC Brome-Missisquoi­ et des discussions se sont déroulées avec le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation pour obtenir des autorisations afin que les serres soient alimentées en eau potable par des puits. Les tests ont permis de conclure que les puits suffiront à la demande, a dit M. Ricard.

« On a beaucoup travaillé sur ce projet depuis plus de sept mois. Ç’a été long, mais c’est un projet tellement intéressant », a fait valoir M. Ricard.

En mai dernier, le maire d’alors, Arthur Fauteux, avait souligné que la production de tomates et de concombres à l’année dans la région s’inscrivait dans une perspective de développement durable. Outre l’atteinte d’une économie circulaire avec les résidus de bois, mentionnait-il, la proximité des consommateurs avec le producteur allait réduire les gaz à effet de serre émis par le transport de produits similaires importés de pays étrangers.

Aucun échéancier de construction des serres n’a été déposé à la Ville. M. Ricard s’attend toutefois à ce qu’elles soient érigées d’ici la fin de l’année.