La Ville de Cowansville pourrait obliger les propriétaires de chats sur son territoire à les stériliser. Les élus étudieront le dossier que prépare la Société protectrice des animaux des Cantons.

Cowansville envisage de faire stériliser les chats

Les chats errants trouvés à Cowansville pourraient bientôt être stérilisés. C’est la solution qu’étudieront prochainement les élus municipaux pour éviter que ces animaux continuent de se reproduire sans contrôle.

C’est la principale recommandation que fait Carl Girard pour s’attaquer à ce qu’il décrit comme étant le « plus grand problème animalier en Amérique-du-Nord ». « Toutes les municipalités font face à la surpopulation de chats errants. La stérilisation est la façon la plus simple et la plus efficace pour contrôler cette population », explique le directeur général de la Société protectrice des animaux des Cantons.

Bon an, mal an, la SPA des Cantons capture entre 1200 et 1300 animaux errants dans les 26 municipalités de la région qu’elle dessert. De ceux-là, entre 800 et 900 sont des chats, estime M. Girard. Et du lot, plus de 75 % sont des chats domestiques, les autres vivant à l’état sauvage.

La stérilisation de tous les chats, qu’ils aient des propriétaires ou qu’ils soient féraux, c’est-à-dire qu’ils sont retournés à l’état sauvage, est souhaitable, soutient M. Girard, pour réduire les nuisances qu’ils causent et les impacts sur les écosystèmes. « On a souvent des plaintes de gens qui ont des excréments sur leur terrain ou que les chats creusent leurs platebandes ou que ça sent l’urine. Mais on oublie que les chats causent aussi des dommages à la faune. Le nombre d’oiseaux est en déclin. Et les chats en sont les responsables », indique-t-il.

La prolifération de ces petites bêtes est impressionnante, assure M. Girard. La progéniture d’un couple de chats atteint en quatre ans 20 000 chats.

Les impacts de cette multiplication féline sont également financiers pour les municipalités, fait remarquer la mairesse de Cowansville Sylvie Beauregard. Le contrôle des chats est coûteux, dit-elle. « On les voit partout. Ça devient difficile de gérer ce problème. On a demandé à M. Girard de monter un dossier pour voir ce qu’on peut faire », a-t-elle dit en entrevue mardi au terme de l’assemblée du conseil.

La stérilisation des chats errants a également un but humanitaire, fait remarquer M. Girard. En contrôlant leur population, le recours à l’euthanasie deviendra moins fréquent, dit-il. Son entreprise doit euthanasier environ 300 chats par année, dit-il. « C’est la dernière option. Mais c’est impossible de trouver des familles d’accueil pour autant de chats. Impossible. »

De tous les chats recueillis, seulement 5 à 10 % de leurs propriétaires passent les chercher à la fourrière. Ses années d’expérience lui permettent de conclure que les propriétaires de chats ne tiennent pas autant à leurs animaux que les propriétaires de chiens.

Cette première semaine de juillet confirme son analyse, dit-il. « On vient de vivre plein de déménagements. À date, on a ramassé 27 chats, 12 chiens, deux serpents et un furet. Des propriétaires de chiens vont passer chercher leur animal. Personne ne va venir pour les chats », se désole M. Girard.

Outre la stérilisation, les municipalités devraient obliger les propriétaires de chats et de chiens à installer des puces électroniques sous leur peau en lieu et place des médailles.

Années 1980
« On est encore dans les années 1980 avec les médailles. Ce n’est pas pratique. Les chiens les perdent et ce n’est pas une bonne idée d’en mettre pour les chats parce qu’ils pourraient s’accrocher quelque part et se blesser. Une puce, c’est là où on est rendu. Ce n’est pas très coûteux et ça nous permet de savoir immédiatement, quand on capture un animal errant, à qui il appartient », dit M. Girard.

Le directeur général de la SPA des Cantons se donne jusqu’à la fin de l’année pour préparer son dossier à l’intention du conseil municipal. Il espère qu’une règlementation sur la stérilisation et le port d’une puce électronique sera adoptée d’ici deux à trois ans.

La Ville de Montréal a depuis 2010 un programme de stérilisation des chats féraux, note M. Girard. Les agents les capturent, les stérilisent, les relâchent ou les maintiennent. Plusieurs villes américaines ont depuis longtemps entrepris ce virage pour contrôler la multiplication de cette espèce, dit-il.

L’administration municipale vient de renouveler le contrat de la SPA des Cantons. Elle versera 85 850 $ pour deux ans afin que l’entreprise assure la gestion animalière sur son territoire.