Distanciation sociale oblige, les travaux de végétalisation des talus se déroulant depuis mardi le long de cours d’eau agricoles ont été effectués par quatre employés de l’organisme qui ont dû maintenir un écart de deux mètres en chacun.
Distanciation sociale oblige, les travaux de végétalisation des talus se déroulant depuis mardi le long de cours d’eau agricoles ont été effectués par quatre employés de l’organisme qui ont dû maintenir un écart de deux mètres en chacun.

Végétaliser pendant la pandémie

Pandémie ou pas, l’environnement n’attend pas. L’Organisme de bassin versant (OBV) de la Yamaska a entrepris cette semaine son premier chantier sur le terrain de l’année, qui consiste à l’aménagement de deux kilomètres de bandes riveraines sur des terres agricoles à Saint-Pie. Il s’agit là d’un des cinq projets prévus pour l’OBV dans tout autant de MRC de la région au cours des prochaines semaines.

Ce projet vise à stabiliser les rives de cours d’eau des bassins versants des Douze et Métairie, à en réduire l’érosion et à en améliorer la qualité notamment par la plantation et l’ensemencement de végétaux. Ces travaux permettront aussi de prolonger la durabilité des travaux d’entretien des cours d’eau réalisés précédemment par la MRC des Maskoutains, qui a chapeauté le projet.

«Lors de cet entretien, ils sont passés avec de la machinerie pour retirer les sédiments du cours d’eau. On a profité de ce contexte-là pour réaménager la rive», souligne Alex Martin, directeur général de l’OBV Yamaska.

«Ces sédiments n’arrivent pas de nulle part, poursuit-il. Ils se rendent dans les cours d’eau par l’écoulement des terres agricoles. En rendant la bande riveraine plus résistante grâce aux racines, lorsque la végétation aura poussé et se sera bien installée, ça va créer un effet de captation des sédiments qui n’iront pas dans l’eau.»

«Avec cet aménagement-là, on a bon espoir que les talus seront stabilisés pour un moment», a pour sa part fait savoir en entrevue Bénédicte Ballard, agente de liaison des comités de bassin versant à la MRC. Le succès de l’opération sera également dû à l’excellente collaboration entre les organismes et comités citoyens de bassin versant, la municipalité et les producteurs agricoles concernés, fait-elle mention.

Le secteur où sont réalisés les travaux d’aménagement propose une «dynamique particulière» en raison de son sol principalement composé de terre noire, propice au ruissellement. Le tout a aussi influencé le choix des espèces végétales utilisées pour la revégétalisation des berges.

«Comme ça se trouve au bout d’une terre agricole, il a fallu éviter tout ce qui est envahissant pour que ça n’empiète pas sur le sol en culture», illustre M. Martin.

Du travail en équipe au travail à la chaîne

Distanciation sociale oblige, les travaux de végétalisation des talus ont été effectués par trois employés de l’organisme, qui ont dû maintenir un écart de deux mètres entre eux. Le travail d’équipe est donc devenu du travail à la chaîne.

«Le travail en tant que tel, ça se fait bien, confirme M. Martin. C’est sûr qu’il a fallu changer un peu nos techniques de travail et s’adapter. On a séparé les opérations. Par exemple, un employé était responsable de creuser les trous le long de la berge et l’autre passait ensuite pour y planter un arbuste, et le troisième finissait le travail.»

Le covoiturage des collègues, monnaie courante avant la pandémie, a dû être proscrit. Des outils supplémentaires ont aussi dû être achetés pour équiper chaque travailleur afin d’éviter le partage de l’équipement.

Le projet bénéficie d’une aide financière de 35 529$ provenant du Fonds d’appui au développement des régions octroyée par le ministère des Affaires municipales et de l’Habitation. Le reste de la facture, soit 8135$, est épongé par la MRC, qui n’a pas eu à défrayer le coût des arbustes, offerts par Arbres.eco à titre de compensation carbone.