Trystan Gemme a présenté un trio de photographies illustrant la tranquillité des lieux pendant la pandémie.
Trystan Gemme a présenté un trio de photographies illustrant la tranquillité des lieux pendant la pandémie.

Une ville déserte à travers l’objectif

En raison de la pandémie, certains lieux généralement très fréquentés sont devenus déserts du jour au lendemain. Des décors montrant des scènes rarement, sinon jamais vues, ont été immortalisées à Granby au cours des dernières semaines par des élèves de 2e cycle de l’école secondaire du Verbe Divin.

C’est un cliché du photographe de La Voix de l’Est Alain Dion qui a inspiré l’enseignante en arts plastiques Marie-Claude Hade.

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« J’ai vu passer sa fameuse photo de la rue Principale, qu’il avait prise au tout début du confinement, raconte la professeure. Ça m’a donné l’idée de proposer à mes élèves de recréer leur propre scène déserte pendant le confinement, dans leur rue ou près de chez eux. »

C’est le cliché <em>Saturday Night Fever</em> du photographe de <em>La Voix de l’Est</em>, Alain Dion, qui a inspiré l’enseignante en arts plastiques Marie-Claude Hade à lancer un défi créatif à ses élèves de 2e cycle de l’école secondaire du Verbe Divin.

Un projet qui devait initialement se faire par le dessin ou en peinture, mais qui était plus compliqué étant donné que ce ne sont pas tous les élèves qui disposent de matériel artistique à la maison. Comme la plupart des élèves ont accès à un téléphone intelligent ou à un appareil photo, la possibilité d’explorer ce médium se prêtait bien à l’exercice.

Avec la bénédiction de son auteur, Mme Hade a partagé la photographie baptisée Saturday Night Fever à ses pupilles pour leur permettre de s’en inspirer.

À ce jour, plus d’une trentaine d’œuvres ont été acheminées à l’enseignante, qui est ravie de la réponse des élèves. « Certains ont vraiment été motivés par le projet et ils continuent de m’en envoyer! » lance celle qui a choisi de partager un florilège de ces créations visuelles sur la page Facebook de l’école secondaire, cette semaine.

François-Olivier Bordeleau a utilisé le rétroviseur d’une voiture pour ajouter une autre dimension à sa photographie.

Le tout devait initialement composer un album souvenir collectif visant à documenter « cette période historique inusitée ». « Je voulais qu’on sente le vide, le caractère particulier de ce printemps-là pour s’en souvenir au-delà de la pandémie », explique Mme Hade.

« J’ai bien aimé le fait d’articuler le projet autour du travail d’un artiste local. Ce n’est pas juste dans nos achats qu’on peut soutenir les gens d’ici », ajoute-t-elle.

Croquer le ressenti

Lorsqu’il a vu le résultat final du projet, M. Dion a été profondément touché par l’interprétation qu’ont fait les adolescents de son œuvre. « Je suis vraiment content d’avoir pu inspirer ces jeunes-là, a fait savoir le photographe. C’est vraiment le fun ce qu’ils ont fait! »

Samuel Bourdouhxe s’est mis en scène sur une rue déserte.

Celui-ci a retrouvé dans les images des adolescents le même sentiment qu’il a ressenti au moment d’immortaliser le centre-ville de Granby.

« Ce soir-là, j’étais sorti en ville avec ma conjointe, on revenait d’aller se chercher à souper, relate-t-il. De voir la rue Principale aussi déserte un samedi soir m’avait profondément frappé. Ça démontrait le caractère particulier et inhabituel de ce qu’on commençait tout juste à vivre. »

« C’est vraiment venu me chercher de voir la vision des jeunes quant à ce qu’on vit, poursuit-il, encore plus peut-être que ce soir-là sur la rue Principale. En photographie, tu ne captures pas ce que tu vois, mais ce que tu ressens. »