Raphaëlle Daigle, une étudiante originaire de Shefford est présentement confinée à son auberge de jeunesse à Cuzco, au Pérou, après que le gouvernement péruvien ait décrété lundi la fermeture des frontières.
Raphaëlle Daigle, une étudiante originaire de Shefford est présentement confinée à son auberge de jeunesse à Cuzco, au Pérou, après que le gouvernement péruvien ait décrété lundi la fermeture des frontières.

Une Sheffordoise coincée au Pérou

Marie-Ève Martel
Marie-Ève Martel
La Voix de l'Est
Une étudiante originaire de Shefford est présentement confinée à son auberge de jeunesse à Cuzco, au Pérou, après que le gouvernement péruvien ait décrété la fermeture des frontières lundi à minuit, heure locale.

Raphaëlle Daigle, qui a obtenu son diplôme en orientation professionnelle en décembre, s’est envolée vers l’Amérique du Sud le 30 janvier dernier, un voyage de fin d’études bienvenu avant d’entamer sa maîtrise en mai, deux années qui promettent d’être fort chargées.

Or, la jeune femme ignore si elle sera de retour de voyage à temps, puisque le président du Pérou, pays où elle se trouve depuis jeudi, a annoncé la fermeture des frontières lundi soir. En raison d’une mauvaise information transmise par le propriétaire de l’auberge de jeunesse où elle se trouve, à savoir que le dernier vol partant du Pérou avait décollé ce dimanche, ses démarches pour tenter de rentrer à la maison ont été entamées beaucoup plus tard qu’il n’aurait fallu.

« J’ai environ 24 heures seulement pour trouver une solution, alors que les vols possibles vers Montréal sont complets, ou bien 2000 $ minimum ou comportent deux escales dans certaines villes qui ont fermé les frontières », écrit-elle dans un message envoyé à l’auteure de ces lignes. Ses tentatives de réserver une place à bord d’un avion en direction du Canada sont demeurées vaines jusqu’à présent, d’autant plus que l’aéroport du secteur où elle se trouve, à une vingtaine d’heures de voiture de la capitale, Lima, est moins fréquenté par les compagnies aériennes internationales.

« J’ai finalement réussi à trouver un billet d’avion le vendredi 20 mars, mais nous sommes dans l’incertitude. Les informations sur les vols ne sont pas claires et on ne sait pas si on pourrait décoller », explique la Sheffordoise.

À moins d’un miracle, elle pourrait être confinée dans son auberge de jeunesse pour les deux prochaines semaines. « On nous a avisés qu’il est impossible d’y sortir, même pour aller à l’épicerie, sinon je ne peux pas rentrer. Certains hôtels à Cuzco ont fermé complètement, laissant seulement quatre heures aux voyageurs pour se trouver un autre hébergement », décrit Mlle Daigle, qui se trouve actuellement avec deux Québécois originaires de la région de Québec et un Torontois.

Le quatuor a tenté de contacter l’ambassade canadienne, avec difficulté. « La ligne coupe constamment, indique-t-elle. Un des Québécois a laissé un message vocal à l’ambassade canadienne à Lima ce matin à 9 h. Ils l’ont rappelé pour l’informer qu’ils n’ont pas d’information officielle pour la suite et de les informer si nous manquons de nourriture, que quelqu’un se chargera de venir nous voir. »

Panique

Si Raphaëlle Daigle se dit en sécurité et avoir tout ce dont elle a besoin, elle est aussi témoin de la panique qui gagne les autres résidents de l’auberge. « Depuis hier soir, tout le monde est rivé sur les écrans en tentant de trouver une solution, témoigne-t-elle. Des gens sont partis en courant de l’auberge en direction de l’aéroport. Certains pleurent, d’autres boivent pour oublier et d’autres font du yoga dans la salle commune... »

« Ma seule inquiétude est d’être loin de l’aéroport de Lima et de ne pas pouvoir aller marcher dans les rues. On se sent prisonnier. J’aimerais juste quitter le pays », laisse-t-elle tomber.

La crise du coronavirus en Amérique du Sud n’est pas encore de l’ampleur de l’Europe. Actuellement, 43 personnes auraient été infectées au Pérou.