Les pompiers doivent procéder à la désinfection de leur habit de combat après chacune des interventions. Les camions sont aussi désinfectés sur une base quotidienne.
Les pompiers doivent procéder à la désinfection de leur habit de combat après chacune des interventions. Les camions sont aussi désinfectés sur une base quotidienne.

Une série de mesures adoptée par les pompiers pour faire face à la COVID-19 [VIDÉO]

La pandémie oblige des travailleurs de tous les horizons à revoir leur façon de faire. Les pompiers sont du nombre. La Voix de l’Est a pu assister, en respectant la distanciation sociale, à une démonstration des mesures particulières mises en place au sein du Service des incendies de Bromont-Brigham-St-Alphonse.

Le directeur de la brigade, Hugo Brière, a accueilli la représentante du journal en expliquant d’entrée de jeu les mesures mises en place à l’arrivée des sapeurs. Une station de désinfection des mains est la première étape avant de pouvoir circuler dans le bâtiment.

Deux produits sont principalement utilisés en caserne: oxyvir et dettol. «Le dettol est un produit désinfectant connu dans le monde pour faire la lutte aux microbes, aux bactéries et aux virus, explique M. Brière. C’est devenu notre épée pour aller à la guerre. On en a assez en inventaire pour faire environ 500 litres. On en a aussi offert à nos pompiers.»

Le nettoyage et la désinfection sont au coeur des mesures mises en place. La désinfection des casernes est devenue une tâche quotidienne depuis le début de la pandémie à Bromont. Interrupteurs, poignées de porte, éviers, comptoirs, pompes à savon, téléphones, ordinateurs et clés de véhicule figurent parmi ce qui est nettoyé.

«On a fait des checklists pour que les pompiers fassent toujours la même chose, explique le chef de la brigade. Le plus qu’on peut être organisé, mieux on va avoir une efficacité.»

Au service des incendies de Granby, la caserne est décontaminée au début de chaque quart de travail à l’aide de différents produits nettoyant et désinfectant, tout comme les camions, explique le directeur de la brigade, Simon Boutin. Divers produits sont à la disposition des pompiers pour laver leurs mains, leur cellulaire, leur sac de transport d’équipement de travail et leurs bottes.

Dans les services questionnés par La Voix de l’Est, les pompiers s’assurent, lors d’une intervention, si les citoyens chez qui ils interviennent sont potentiellement infectés par la COVID-19. À Granby, les préposés de la centrale de communication questionnent d’abord les citoyens. À leur arrivée sur place, les officiers font à nouveau des vérifications.

Avant de revenir en caserne, les pompiers de Bromont doivent se désinfecter à l’aide d’un pulvérisateur s’ils ont été en contact avec des personnes potentiellement contaminées. Leurs vêtements sont aussi placés dans des sacs et transportés à la caserne où ils sont lavés.

Que ce soit à Granby, Bromont ou Roxton Pond, les camions sont aussi désinfectés. Tous les équipements des pompiers le sont aussi.

Toutes ces mesures, explique M. Brière, pourront être en place à plus long terme. «Il faut prendre des mesures qui sont faciles à mettre en place, qui sont là pour durer et qui ont le meilleur effet possible pour tout le monde», dit-il.

Le directeur du Service des incendies de Bromont-Brigham-St-Alphonse, Hugo Brière, explique que plusieurs mesures ont été mises en place dans sa caserne depuis le début de la pandémie.

À Granby

À Granby, plusieurs procédures ont également été mises en place notamment à l’égard des changements de quart de travail en passant par l’utilisation des aires communes de la caserne et la désinfection des habits de combat.

Chaque employé a notamment le devoir de nettoyer ses équipements de travail à la fin de chaque quart de travail. Des dispositions ont également été mises en place pour la période des repas alors que deux employés peuvent être présents en même temps et qu’une décontamination est effectuée après chaque occupation de la cuisine.

Quand les pompiers sont déployés sur une intervention où une personne est victime d’un arrêt cardiorespiratoire, ils ont le devoir d’effectuer que le massage cardiaque et d’utiliser le défibrillateur externe automatisé, mais en ayant préalablement enfilé des équipements de protection.

Roxton Pond et Sainte-Cécile-de-Milton

Du côté de Roxton Pond, qui dessert également la municipalité de Sainte-Cécile-de-Milton en matière de protection contre les incendies et de premiers répondants, une révision des critères d’intervention auprès d’un patient malade a notamment été effectuée.

Pendant la pandémie, les premiers répondants interviennent seulement lorsque la situation présente un risque immédiat pour la vie, par exemple lors d’un traumatisme grave ou d’un choc anaphylactique. Au retour d’une intervention, tout le matériel est désinfecté. Les équipements qui ont pu être contaminés sont jetés.

Que ce soit à Granby, Bromont ou Roxton Pond, les formations sont suspendues pour éviter les rassemblements, tout comme les visites de prévention.

«La plupart des services ont réagi très rapidement et surtout dès le début. Nous avons travaillé ensemble et nous avons partagé nos procédures, ce qui fait en sorte que jusqu’à présent très peu ou pas de pompiers sont en quarantaine ou infectés», affirme Stéphane Dufresne, directeur du Service des incendies de Roxton Pond/ Sainte-Cécile-de-Milton.

Plusieurs municipalités ont également interdit les feux à ciel ouvert dans le but de réduire les interventions des pompiers.