Caroline Bellot, présidente intérimaire du Syndicat du soutien scolaire Chemin-du-Roy et Paul Lavergne, président du Conseil central du Coeur du Québec CSN.
Caroline Bellot, présidente intérimaire du Syndicat du soutien scolaire Chemin-du-Roy et Paul Lavergne, président du Conseil central du Coeur du Québec CSN.

Une prime COVID-19 pour les employés des services de garde d’urgence?

Brigitte Trahan
Brigitte Trahan
Le Nouvelliste
Trois-Rivières - La présidente par intérim du Syndicat du soutien scolaire Chemin-du-Roy, Caroline Bellot, demande au gouvernement d’accorder une reconnaissance aux employés des services de garde d’urgence, au même titre qu’il l’a fait pour les travailleurs de la santé, soit une prime de COVID-19 de 4% à 8%. «Ces gens-là sont au front depuis six semaines», souligne-t-elle.

«On espère que le ministère reconnaisse les gens dans les services de garde, un peu comme il l’a fait au niveau de la santé. Il leur offre une prime parce que, justement, ces gens sont sur le front depuis le début de la crise», fait valoir Paul Lavergne, président du Conseil central du Coeur du Québec CSN.

Les employés de soutien, ajoute-t-elle, s’inquiètent de la rentrée progressive des élèves, les 11, 12 et 13 mai. «Ça va être un grand défi», prévoit Mme Bellot. «De quelle façon ça va être fait?», s’est demandé la présidente lors d’un point de presse tenu mardi.

L’inquiétude se situe également au niveau des équipements de protection. Il y a quelques jours à peine, rappelle-t-elle, le ministère disait qu’il n’y aurait pas besoin de masques tant que la distance de deux mètres était respectée. Or, «ce n’est pas possible», assure la présidente.

Le problème, souligne-t-elle, c’est «qu’on a des enfants avec des problématiques particulières, que ce soit dans des écoles spécialisées, comme Marie-Leneuf, que ce soit dans des groupes de TSA (troubles du spectre de l’autisme) ou dans des groupes d’enfants avec troubles graves de comportement», dit-elle.

La Commission scolaire, dit-elle, «a décidé de fournir des ensembles de protection complets comme on en trouve dans les milieux hospitaliers: la jaquette, le masque, la visière et les gants.»

Ces vêtements seront fournis à «toutes les personnes qui vont travailler avec des enfants avec des particularités et avec qui la distanciation ne sera pas possible. Il y a des enfants qui crachent, qui mordent ou qui font des crises», rappelle-t-elle.

Les employés qui ont besoin de ces protections s’attendent «à les avoir lundi prochain», indique Mme Bellot. «Dans l’éventualité où on ne les aurait pas, ce qui a été convenu avec la direction générale de la Commission scolaire, c’est qu’on reporterait la rentrée pour ces enfants-là», dit-elle.

«C’est inquiétant parce que l’enfant ne comprendra peut-être pas. Déjà, un enfant qui arrive du régulier a de la difficulté à comprendre la distanciation de deux mètres. Un enfant à problématique particulière, ça va être pire», prévoit-elle.

«On ne sait pas ce qui va se passer dans les prochaines semaines», dit-elle mais «le personnel connaît assez les élèves pour savoir que certains «feront des crises qui vont justifier des maintiens physiques. Ces enfants vont être là la semaine prochaine», signale-t-elle.

«Une des mesures qui pourraient être mises de l’avant par les employeurs, ce sont des formations sur la prévention, le lavage de mains, le port des équipements de protection individuelle et peut-être avoir une ressource spécialisée par milieu ou par région pour répondre aux questions qui vont être soulevées au fur et à mesure», demande Paul Lavergne.

Le Syndicat du soutien scolaire s’est fait dire par la Commission scolaire, la semaine dernière, que «les infirmières scolaires devraient apporter leur grain de sel et être dans les milieux pour voir comment ça se passe», indique Mme Bellot qui est elle même technicienne en éducation spécialisée.

Cette dernière croit que la rentrée progressive les 11 mai (pour le premier cycle du primaire), 12 (pour le 2e cycle) et 13 mai (pour le 3e cycle), «ce n’est pas mauvais. Après le 13 mai, on aurait l’école au complet, mais ça va être tout un casse-tête à cause du ratio 1/15», prévoit-elle. Au niveau des services de garde, le ratio demandé est de 1/10. L’éducateur ou l’éducatrice doit être avec 10 enfants, mais s’il y a plus d’enfants, ça va prendre un autre éducateur. On va manquer de personnel», s’inquiète-t-elle en rappelant que certains employés ne pourront entrer au travail, ce qui diminue les effectifs. Il y a beaucoup d’inconnus. «C’est très insécurisant», fait-elle valoir.

Le personnel de soutien comprend notamment les secrétaires, les personnel administratif, les techniciens en éducation spécialisée, les éducateur(trice)s en service de garde, les ouvriers spécialisés, les techniciens en organisation scolaire, les concierges, les techniciens en transport, les infirmières auxiliaires, les préposés aux élèves handicapés et les techniciens interprètes.