Une patiente dénonce les mesures de prévention à l'Hôpital de Hull

Une mère de famille de Gatineau est loin d’être impressionnée par les mesures de prévention en place à l’urgence de l’Hôpital de Hull, où elle a dû amener sa fille présentant des symptômes de la COVID-19 après un séjour en Amérique centrale.

La Gatinoise, qui souhaite garder l’anonymat, a raconté au Droit qu’en revenant de voyage plus tôt cette semaine, sa fille n’a pas eu de questions des autorités frontalières, puisqu’elle n’a pas séjourné dans un pays considéré à risque.

Voyant son adolescente aux prises avec des frissons et de la toux, jeudi, elle a communiqué avec Info-Santé, qui lui a recommandé d’amener sa fille à l’urgence de l’Hôpital de Hull. On l’a informée qu’il fallait «mettre des gants et un masque» et s’identifier dès leur arrivée. Une fois à l’urgence, il y avait des masques, mais pas de gants. «Personne pour s’identifier», rapporte la mère.

Le passage au triage se fait «assez vite». Après, «on nous envoie à l’enregistrement où ma fille qui est pourtant en isolement se fait remettre un stylo pour signer les formulaires et se fait mettre un bracelet par une employée sans gants».

La mère et la fille retournent ensuite dans la salle d’attente «avec les autres, sauf pour une petite vitre qui nous sépare». Une fois appelées pour le test, l’infirmière qui les reçoit est protégée, «pratiquement en hazmat», et leur dit de ne rien toucher. Mais aucune consigne de la sorte ne leur avait été donnée auparavant, déplore la mère. «On a touché plein de chaises, de portes», dit-elle.

Alors que le Québec prend des mesures draconiennes pour faire face à la crise,  la Gatinoise estime que «la logique ne tient pas» si sa fille est envoyée à l’urgence, là «où les gens sont les plus vulnérables».

Elle a été d’autant plus surprise en apprenant que de l’autre côté de la rivière des Outaouais, l’Hôpital Queensway-Carleton a un service de dépistage sous la forme d’un service à l’auto pour les patients y ayant été référés par Santé publique Ottawa. «Le contraste est ahurissant», s’étonne la Gatinoise.

Du côté de l’urgence de l’Hôpital de Gatineau, des témoignages obtenus par Le Droit font état de consignes ayant été données dès l’arrivée, avec port d’un masque et de gants. 

Une patiente ayant consulté à l’urgence de Gatineau a confié avoir eu une expérience «très positive» avec des employés qui «font un travail remarquable» au sein d’une «machine» qui doit s’adapter d’heure en heure.

Le Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Outaouais (CISSSO) indique suivre «les recommandations et le protocole de la santé publique». La présidente-directrice générale du CISSSO, Josée Filion, a mentionné vendredi que l’ouverture d’une première clinique de COVID-19 à Gatineau, samedi, allait permettre de séparer les cas potentiels des autres usagers. «On fait dans la mesure du possible avec l’environnement qu’on a», a-t-elle dit, en soulignant que l’organisation a le «défi» de tenir son personnel informé de l’évolution rapide des consignes et directives à suivre.

Une ordonnance collective pour les prélèvements de COVID-19 a par ailleurs été signée jeudi au CISSSO pour le dépistage des patients qui se présentent avec des symptômes compatibles.

Une ordonnance collective est signée par un médecin et permet de procéder à des examens ou des traitements pour un groupe de personnes pour des situations cliniques précises.