Le vigneron Simon Naud, du Vignoble de la Bauge, est toujours à la recherche de main-d’œuvre, alors qu’en ce moment six personnes, dont M. Naud et ses deux garçons Thomas et Liam, s’occupent de tailler les vignes.
Le vigneron Simon Naud, du Vignoble de la Bauge, est toujours à la recherche de main-d’œuvre, alors qu’en ce moment six personnes, dont M. Naud et ses deux garçons Thomas et Liam, s’occupent de tailler les vignes.

Une dose de plein air au vignoble

La fermeture des frontières canadiennes entraînée par la pandémie de la COVID-19 a carrément pris de court des vignerons de la région qui ont rapidement dû trouver de la main-d’œuvre locale pour exécuter les tâches extérieures.

À ce temps-ci de l’année, la taille de la vigne est habituellement assurée par des travailleurs étrangers. Mais leur arrivée est retardée, voire annulée, en raison de la pandémie.

« Le gouvernement doit noliser des vols. L’arrivée des travailleurs était prévue pour le 8 avril, mais je ne pense pas les avoir avant le 1er mai », estime Simon Naud, propriétaire du Vignoble de La Bauge, à Brigham.

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Comme les vignes sont présentement en dormance, les vignerons doivent profiter du momentum pour les tailler avant l’éclosion des bourgeons prévue entre le 2 et 5 mai.

Du côté du Vignoble de l’Orpailleur à Dunham, la taille de la vigne a commencé il y a deux semaines. Son propriétaire, Charles-Henri de Courssergues, attendait l’arrivée des travailleurs mexicains le 18 mars pour exécuter cette tâche, entre autres. « Les frontières ont été fermées le 17 mars... », se désole-t-il encore.

« Les plantes ne prennent pas de pause [...]. On avait une échéance à court terme et on a stressé », raconte-t-il.

Il faut dire que la taille de la vigne est une étape cruciale en viticulture, alors qu’il faut la concentrer en un seul mois, soit du 15 mars au 15 avril.

Le Domaine Cartier-Potelle, à Rougemont, comptait quant à lui sur les travailleurs guatémaltèques qui devaient arriver à la mi-avril.

« Ce ne sera pas possible, parce que le Guatémala a fermé ses frontières depuis une semaine » indique la propriétaire Josée Cartier.

Travailleurs locaux

À travers la crise qui les affecte, les vignerons ont fait preuve de persévérance pour dénicher de la main-d’œuvre locale, alors que plusieurs Québécois ont subi des mises à pied temporaires.

Mme Cartier a engagé une dizaine de travailleurs locaux qui seront d’une aide précieuse pour assurer la plantation de vignes cette année.

M. de Courssergues a, quant lui, lancé un appel sur Facebook pour trouver des gens intéressés à travailler sur son vignoble. « La réponse a été très bonne et on a même dû refuser des gens. »

Pour respecter la distanciation sociale, une à deux personnes sont placées parmi les 16 parcelles.

Au Vignoble de La Bauge, même procédé. Chaque travailleur est installé dans une rangée, à une distance de dix pieds l’une de l’autre. On prend aussi soin de stériliser les sécateurs.

« L’idée c’est de garder les gens dans leur bulle et d’être en plein air », avance M. Naud.

Le vigneron est toujours à la recherche de main-d’œuvre, alors qu’en ce moment six personnes, dont M. Naud et ses deux garçons Thomas et Liam, s’occupent de tailler les vignes.

« On cherche encore trois, quatre personnes pouvoir avoir au moins 10, 12 travailleurs. On leur offre une formation et ensuite ils sont prêts à partir », assure M. Naud.

Toute personne en forme âgée de 15 ans et plus et de 70 ans et moins est la bienvenue.