Un service essentiel en temps de crise

Les maisons pour femmes victimes de violence conjugale demeureront ouvertes pendant la lutte à la COVID-19. Un service essentiel, de l’avis des directrices des maisons de Dolbeau-Mistassini et de Roberval.

En entrevue avec Le Quotidien, la directrice de la Maison Halte Secours de Dolbeau-Mistassini, Judith Cantin, confirme que cette période d’incertitude et de crise augmente les facteurs de risque en matière de violence conjugale.

« Dans un contexte de confinement et de stress financier, le risque de voir augmenter les situations de violence conjugale est bien réel. On a observé une certaine hausse des demandes d’aide et chaque demande est évaluée. »

Dans un tel contexte, il est donc essentiel que l’organisme continue d’offrir les services d’aide, estime-t-elle, même si elle a dû revoir les façons de faire de son équipe d’intervenantes.

« On continue d’être là et si les femmes sont inquiètes pour leur sécurité, elles doivent nous appeler. On continue d’offrir des services aux femmes qui doivent gérer des enjeux de violence conjugale. Certaines intervenantes font aussi du télétravail. Notre priorité, c’est de maintenir l’hébergement ouvert. »

Comme le centre offre des services d’hébergement, elle assure que des mesures préventives assez strictes ont été mises de l’avant afin de minimiser les risques de propagation chez la clientèle hébergée et au sein de son équipe.

Pour toute demande d’information ou pour signaler une situation, il est possible de joindre la Maison Halte Secours au 418 276-3965.

Auberge de l’Amitié

Du côté de l’Auberge de l’Amitié de Roberval, la directrice, Marie-Andrée Beaudoin, croit aussi que les femmes vivant avec un conjoint ayant des comportements violents sont encore plus à risque maintenant, alors que la plupart des entreprises sont appelées à fermer leurs portes temporairement.

« Avec toutes les fermetures, plusieurs femmes vont se retrouver avec leur conjoint violent. On s’attend donc à une hausse des comportements violents. »

Paradoxalement, Mme Beaudoin croit qu’il y aura une baisse des appels de la part des femmes violentées. « On s’attend à une baisse des appels, car le conjoint risque d’être là en tout temps. C’est un méchant problème ! Les femmes peuvent quand même appeler au 9-1-1, car les appels seront retracés. »

Comme solution alternative, elle encourage l’entourage immédiat des victimes à garder une communication régulière avec les femmes plus vulnérables « pour assurer un certain filet de sécurité ».

Elle ajoute que les maisons venant en aide aux femmes victimes de violence conjugale doivent demeurer ouvertes, comme n’importe quel autre service essentiel à la population.

Pour joindre l’Auberge de l’Amitié : 418 275-4574.

Par ailleurs, au Saguenay, il est possible de joindre les intervenantes de La Chambrée de Jonquière, au 418 547-7283.