Lynda Bonneau, directrice des services éducatifs de la commission scolaire du Val-des-Cerfs
Lynda Bonneau, directrice des services éducatifs de la commission scolaire du Val-des-Cerfs

Un retour en classe important

La commission scolaire du Val-des-Cerfs (CSVDC) a accueilli cette année pas moins de 737 élèves immigrants et réfugiés. L’arrêt des cours, à la mi-mars, a aussi signifié la mise sur pause de leur intégration.

La CSVDC offre deux services d’intégration à cette population, soit les classes d’accueil et celles de francisation.

Les classes d’accueil ont été intégrées aux services de la commission scolaire il y a cinq ans pour répondre à un besoin grandissant : l’accueil de familles de réfugiés ayant un parcours migratoire « beaucoup plus difficile durant lequel les élèves n’ont pas été scolarisés ou sous-scolarisé », explique la directrice des services éducatifs de la CSVDC, Lynda Bonneau.

Les élèves qui présentent une méconnaissance similaire de la langue française et de la culture sont regroupés dans ces classes. Le rôle de la femme, les règles d’hygiène et les façons de s’approvisionner en nourriture figurent parmi les enjeux abordés lors de cette année intensive, ajoute Mme Bonneau.

Francisation

Les classes de francisation permettent quant à elles aux enfants qui arrivent avec des besoins moins grands d’être intégrés dans une classe ordinaire qu’ils quittent seulement lors des leçons de français, afin d’être accompagnés par une enseignante spécialisée dans le cadre de cours plus intensifs.

Les apprentissages de la langue par les enfants à l’école « aident aussi les parents », assure la professeure Michèle Vatz Laaroussi spécialisée en médiation interculturelle à l’Université de Sherbrooke.

Des trois classes d’accueil de la CSVDC au niveau primaire, on en retrouve deux à l’école Saint-Jean et une à l’école de l’Assomption. Au secondaire, c’est à l’école de la Haute-Ville, aussi située à Granby, qu’on retrouve les trois classes d’accueil.

Compte tenu de la crise, les intervenants au secondaire se sont mobilisés pour accompagner leurs élèves par téléphone afin de leur donner un coup de pouce pour terminer l’année scolaire à distance, indique Lynda Bonneau.

Accompagnement

Les intervenants de l’organisme Solidarité ethnique régionale de la Yamaska (SERY) assurent le pont entre l’école et la maison. Ces « partenaires essentiels », comme les nomme Lynda Bonneau, ont accompagné les familles dans le retour en classe.

« Il a fallu les contacter, leur expliquer qu’ils avaient un questionnaire à remplir et une date limite à respecter, rassurer certains qui avaient des inquiétudes, toujours en respectant le choix des parents. Si ce n’est pas une décision facile pour les familles québécoises, imaginez pour les personnes qui viennent d’arriver », fait valoir le directeur général de SERY, Frey Guevara.

Les enfants qui ont retrouvé les bancs d’école étaient tous contents d’être de retour, rapporte Mélanie Fortin, enseignante au soutien linguistique à l’école de l’Assomption. « C’est vraiment positif », témoigne-t-elle.

« Le plus difficile pour eux c’est qu’il y en a plusieurs qui habitent en appartement et qui vivent dans des familles nombreuses. C’est certain que pendant le confinement, ils avaient moins d’espace », rapporte l’enseignante, qui a maintenu un contact hebdomadaire avec ses élèves pour s’assurer de leur bien-être.

« Ils semblaient bien informés, ils suivaient les nouvelles. Dans certaines communautés, comme la communauté africaine, il y a beaucoup d’entraide et de transfert d’information entre les familles », dit-elle, précisant que le travail de transmission de l’information du SERY y avait grandement contribué. « Ce sont des partenaires très aidants et efficaces », soutient-elle.