Un quatrième foyer d’éclosion dans le département d’obstétrique de l’hôpital de Chicoutimi

Le CIUSSS du Saguenay-Lac-Saint-Jean ne semble pas avoir songé à déplacer vers Alma les accouchements prévus dans les prochains jours malgré trois cas positifs au coronavirus et le retrait de neuf membres du personnel (quatre gynécologues et cinq soignants) du département d’obstétrique, à l’hôpital de Chicoutimi, dans ce qu’il est convenu d’identifier comme le quatrième foyer d’éclosion de la région.

Le directeur de la Santé publique du Saguenay-Lac-Saint-Jean, Donald Aubin, a confirmé mercredi la présence du coronavirus dans ce service de l’hôpital de Chicoutimi. Il a été prudent en ce qui concerne la répartition des cas, mais selon les informations recueillies depuis mardi, deux médecins ont obtenu des diagnostics positifs, ainsi qu’une infirmière. Une autre infirmière présentant des symptômes associés à la maladie aurait quitté le travail dans la nuit de mardi à mercredi.

Le patron de la Santé publique a indiqué ne pas être en mesure pour le moment de se prononcer sur la possibilité ou la nécessité d’opter pour le déplacement des accouchements vers Alma, cet hôpital n’ayant pas encore été désigné comme centre COVID-19 par le ministère de la Santé et des Services sociaux.

« C’est une question à laquelle je ne serais pas en mesure de répondre. Elle a probablement déjà été analysée, mais je vais quand même m’en assurer pour que l’on ait une réponse adéquate. Ça se parle plus avec l’équipe de spécialistes », a expliqué le médecin qui doit revenir sur le sujet ultérieurement.

Il n’y a pas de risque, selon l’expérience chinoise, de transmission de la maladie entre la mère et le fœtus, ni même de présence du virus dans le lait maternel. Par contre, toujours selon les situations vécues en Chine, les bébés entre 0 et 18 mois qui développent la maladie sont à risque.

D’autre part, les quatre gynécologues qui sont toujours autorisés à travailler en obstétrique sont en nombre suffisant pour supporter le service. Le docteur Aubin signale qu’en plus de ces médecins, certains omnipraticiens feront partie de l’équipe.

Le directeur de la Santé publique assure que les mesures ont été prises afin de mener l’enquête épidémiologie nécessaire pour retirer du service les personnes qui auraient pu être exposées aux trois autres professionnels dont les tests ont été positifs.

CHSLD de la Colline

Pendant ce temps, l’éclosion se poursuit au CHSLD de la Colline avec deux nouveaux cas, pour un total de 17, dont 6 membres du personnel et 11 résidents. Il y a aussi une progression des cas au sein d’une communauté religieuse avec 18 cas (un ajout de 3) et finalement la Villa St-Alexis avec 17 cas.

Le nombre de cas a donc augmenté de 15 pour l’ensemble de la région, selon le décompte présenté par la direction de la Santé publique.

Ce sont les secteurs de Chicoutimi et de La Baie qui affichent les plus importantes concentrations de cas avec respectivement 69 et 26. Ces concentrations découlent de la présence dans ces deux secteurs des principaux foyers d’éclosion. On compte moins d’une quinzaine de personnes infectées au Lac-Saint-Jean (MRC du Domaine-du-Roy et de Lac-Saint-Jean Est) et il n’y a toujours aucun cas répertorié dans la MRC Maria-Chapdelaine.

Les spécialistes de la Santé publique ont établi que le sommet de la courbe de progression de la pandémie sera possiblement atteint le 18 avril au Québec. Donald Aubin a indiqué que nous accusons dans la région une dizaine de jours de retard. On pourrait donc atteindre le sommet de la crise vers le 28 avril.