Émilie Desgagnés et son conjoint Julien Flipot sont certes déçus de devoir reporter leur mariage, mais ils prennent le tout avec philosophie.
Émilie Desgagnés et son conjoint Julien Flipot sont certes déçus de devoir reporter leur mariage, mais ils prennent le tout avec philosophie.

Un grand jour... qui devra attendre

Distanciation sociale oblige, les rassemblements et les fêtes familiales sont mis sur pause ce printemps, histoire «d’aplatir la courbe» du coronavirus. Pour de nombreux couples qui prévoyaient convoler en justes noces, cela signifie de tirer un trait sur le grand jour, ou à tout le moins de le reporter de quelques semaines, voire de quelques mois.

La Granbyenne d’origine Émilie Desgagnés devait épouser son fiancé, Julien Flipot, le 16 mai prochain. Une date parfaite étant donné que le couple, qui se fréquente depuis quatre ans, souhaitait un mariage printanier et pendant un long congé. «En plus, c’était la même fin de semaine que l’anniversaire de mariage de Meghan et Harry, pour qui j’ai une certaine fascination. Tout était parfait à cette date !», lance la jeune femme avec légèreté.

La situation actuelle et l’incertitude des semaines à venir ont toutefois poussé les tourtereaux à revoir leurs plans initiaux, en branle depuis un an et demi. 

« On a décidé de repousser la semaine dernière quand M. Legault a annoncé la fermeture des écoles jusqu’au 1er mai, raconte Mme Desgagnés. Pour nous, c’était comme la confirmation que la crise allait durer longtemps. »

« Même si tout revenait à la normale le 1er mai, on n’était pas à l’aise de garder notre date, ajoute-t-elle. Des gens ont perdu leur emploi, nous-mêmes on a perdu notre emploi, et on se disait qu’ils n’auraient pas envie de se promener pour venir de loin à notre mariage. On est chanceux, nous, on s’a ! »

Heureusement pour le couple, reporter le grand jour n’a pas été une source de maux de tête.

« Nos fournisseurs ont été très compréhensifs et s’attendaient à ce qu’on reporte. Le gros défi a été de trouver une date où ils pouvaient tous nous offrir leurs services », indique Mme Desgagnés.

Seuls deux emplacements sur le calendrier rendaient la chose possible d’ici la fin de l’année. Le couple a choisi : leur union sera célébrée le 17 octobre en compagnie de leurs 75 invités.

La fondatrice d’Événement signé M, Marie Gilbert.

UN DÉFI LOGISTIQUE

Pour Marie Gilbert, fondatrice d’Événement signé M, il ne fait nul doute que les mariages qu’elle doit planifier en pleine crise du coronavirus lui posent des défis logistiques. La femme d’affaires de Granby n’a pas eu d’annulation jusqu’ici, mais elle ne cache pas qu’elle nage dans le néant quant à l’avenir. 

« Chaque étape de la planification est en attente. On attend des réponses des salles de réception et on reste en contact avec eux », explique Mlle Gilbert en précisant qu’elle écoute le point de presse quotidien du premier ministre François Legault pour rester à l’affût des développements.

En temps normal, la planification des mariages pour 2020 est terminée à cette période de l’année. « On peut l’oublier et passer à celle de 2021. Mais actuellement, la moitié de l’équipe termine 2020 et l’autre est sur 2021. C’est deux fois plus de travail. » 

La crise actuelle fait en sorte que la planificatrice d’événements doit composer avec les fournisseurs et les salles de réception afin que tous deux puissent trouver une nouvelle disponibilité à leur calendrier, si jamais un mariage devait être reporté.

« C’est un tout. Si on reporte un mariage et que les fournisseurs n’ont rien lors de la nouvelle date, mais qu’on attend des réponses d’une salle de réception et que finalement elle n’est pas disponible à la date choisie, ça devient compliqué. »

Comme la saison forte pour officialiser son amour est de mai à octobre, les fournisseurs sont réservés depuis des mois, cette étape étant l’une des premières à exécuter lors de la planification.

Mlle Gilbert tient à souligner qu’elle et son équipe demeurent toutefois conciliantes dans les circonstances.

Même si ses forfaits sont basés sur le nombre d’heures travaillées, la jeune femme assure que les heures supplémentaires ne seront pas facturées. 

« C’est déjà très cher un mariage et la situation n’est pas la faute des clients », reconnaît-elle.

Une anxiété financière pour certains couples

La photographe Catherine Trudeau a fait face, jusqu’à présent, à une annulation et deux reports pour des mariages qu’elle devait immortaliser ces prochaines semaines. Comme elle donne également dans l’événementiel, son agenda s’est libéré très rapidement.

Selon elle, l’anxiété entourant la situation est davantage financière que la crainte de ne pas pouvoir unir sa destinée à l’être cher. « J’ai contacté tous mes mariés pour les rassurer, indique-t-elle en entrevue. Mais ils sont stressés et angoissés pour la plupart. J’ai des clients qui reportent leur mariage qui sont sans emploi et n’ont plus de salaire pour payer leur mariage. Ça joue quand même beaucoup sur leur angoisse. »

Malheureusement, ceux qui souhaitent être remboursés ne pourront pas l’être en entier. « On propose de reporter, parce que comme on a déjà travaillé sur les préparatifs, on ne pourra pas tout rembourser, indique Mme Trudeau. On essaie de trouver des solutions. »