Michel Guillemette des Constructions MF Guillemette croit aussi que ce retour après une suspension de cinq semaines devra être bien coordonnée.
Michel Guillemette des Constructions MF Guillemette croit aussi que ce retour après une suspension de cinq semaines devra être bien coordonnée.

Un défi logistique attend le monde de la construction

René-Charles Quirion
René-Charles Quirion
La Tribune
C’est un défi logistique qui attend le monde de la construction en Estrie, comme ailleurs au Québec, avec une reprise des activités après un arrêt imprévu de cinq semaines en raison de la pandémie de la COVID-19.

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Le vice-président aux affaires publiques de l’APCHQ, François Bernier, signale que la réouverture des chantiers était une grande préoccupation.

Au 31 mars dans la grande région de Sherbrooke, 1528 unités étaient en construction, sur les 40 000 pour l’ensemble du Québec. Le quart, soit environ 350 à 375 unités, devait être livré d’ici le 1er juillet.

« L’industrie va travailler très fort pour minimiser les retards. La mission première est de rappeler les fournisseurs afin d’aligner les travaux. Les entrepreneurs doivent faire une nouvelle cédule pour planifier les travaux », explique le vice-président aux affaires publiques de l’APCHQ.

« Certains délais sont prévus à la base dans la planification des chantiers notamment en raison de la température. Certains ajustements devront être faits dans les chantiers. Par exemple, la priorité devra être mise pour offrir un toit à ceux dont la livraison était prévue le 1er juillet au lieu que la finition soit faite dans une autre unité », ajoute le porte-parole de l’Association de la construction du Québec, Guillaume Houle. 

Le vice-président développement chez Services Immobiliers First qui développe le projet Humano Sherbrooke, Matthieu Cardinal, estime que ce défi logistique est possible.

« Si tout le monde se parle et collabore, je ne vois pas pourquoi nous ne serions pas en mesure de livrer. Nous avons tenu deux fois plus de réunions de coordination pendant cette suspension de travaux afin d’être prêts pour la relance », soutient M. Cardinal.

Michel Guillemette des Constructions MF Guillemette croit aussi que ce retour après une suspension de cinq semaines devra être bien coordonnée.

« Ce sera une course contre la montre de toute la chaîne de distribution », soulève Michel Guillemette.

« Il faudra que tous les corps de métier soient coordonnés. Il y aura aussi certaines méthodes de travail à modifier en raison des règles de distanciation », ajoute Christian Belleau de l’entreprise de construction du même nom.

Humano Sherbrooke prévoit livrer les 60 unités prévues pour le 1er juillet dans les délais promis aux clients.

« Les logements seront complétés à 100 pour cent. Nous allons nous concentrer nos efforts sur chaque unité. S’il y a du retard, ce seront les espaces communs qui seront retardés », indique Matthieu Cardinal.

Ce sont 46 unités de logement que les Constructions MF Guillemette doivent livrer d’ici le 1er juillet dans quatre secteurs de Sherbrooke.

« Nous allons faire le maximum. Il y a une dizaine de personnes qui m’ont confirmé pouvoir s’arranger alors que je peux en reloger temporairement trois ou quatre autres. Je fais mon possible pour trouver des solutions afin que tout le monde puisse avoir un toit », assure Michel Guillemette.

Aux Constructions Christian Belleau, on se réjouit aussi de cette reprise partielle de la construction le 20 avril prochain.

« Nous recevions plusieurs questions de nos clients à ce sujet. Nous allons être en mesure de livrer les 50 unités prévues, parce que nous avions pris de l’avance. Nous invitons tout de même nos clients à être compréhensifs. Nous allons travailler à ce que les gens puissent entrer dans leurs maisons avec des armoires et des salles de bain, mais pour la finition des sous-sols entre autres, il pourrait y avoir des délais », indique Christian Belleau.

François Bernier de l’APCHQ croit que la communication entre les clients et les divers partenaires du monde de la construction est essentielle.

« C’est certain que certains travaux devront être priorisés pour que les logis soient habitables. De la même façon que les propriétaires qui n’ont pas reloué un logement qui se libère puissent accommoder leur locataire dont le nouveau logement n’est pas prêt », estime M. Bernier. 

Le Regroupement des propriétaires d’habitations locatives (RPHL) appuie la décision de réouverture des chantiers afin que les locataires puissent intégrer les logements dont la livraison était prévue le 1er juillet prochain. 

« Il faut éviter que les locataires et les propriétaires se retrouvent sans solution à cause des nouveaux logements dont la construction a été retardée en raison de la COVID-19. Le RPHL se réjouit du fait que le gouvernement ait décidé de limiter l’ouverture des chantiers aux projets dont la livraison est prévue le ou avant le 31 juillet 2020. Cette décision permettra de concentrer les ressources disponibles afin de leur accorder la priorité que la situation requiert », indique par communiqué le président du RPHL, Martin Messier.

Michel Guillemette estime que ce retard dans les chantiers en raison de la pandémie pourrait être une occasion de repousser la fin des baux au 30 septembre.

« À l’automne, c’est une course contre la première neige alors qu’au printemps, nous sommes à la merci du dégel. Ça fait dix ans que je dis que tout le monde serait gagnant à repousser la fin des baux », croit Michel Guillemette.