Jean Bourgeois, directeur du Service de police de Bromont, et des agents ont fait de la sensibilisation sur les mesures de sécurité sanitaires pour éviter la propagation de la COVID-19.
Jean Bourgeois, directeur du Service de police de Bromont, et des agents ont fait de la sensibilisation sur les mesures de sécurité sanitaires pour éviter la propagation de la COVID-19.

Un barrage policier pour sensibiliser les automobilistes

Connaissez-vous les directives du gouvernement ? Cette question, des policiers de Bromont l’ont posée à de nombreuses reprises, samedi, alors qu’ils tenaient un barrage de sensibilisation à la COVID-19 à l’entrée de la ville, près du camping Vacances Bromont.

L’objectif de ces barrages, qui se feront fréquents jusqu’à nouvel ordre, est de rendre visibles les policiers, mais aussi de rappeler les directives des gouvernements Legault et Trudeau. 

Il n’y a pas lieu pour l’instant de s’informer d’où viennent les gens et de la raison de leur entrée dans la ville. Il est trop tôt pour poser ce genre de questions intrusives, indique Jean Bourgeois, directeur du Service de police de Bromont, rencontré par La Voix de l’Est sur place, même si François Legault demande d’éviter les déplacements non essentiels entre les régions, les villes et même les quartiers.

« On croit que, par ces interventions-là, le travail va se faire par lui-même. On est là vraiment en mode sensibilisation. On a vu, suite aux informations qu’on a transmises hier (vendredi), que certaines personnes craignaient qu’on puisse interdire l’accès à la ville de Bromont. Ça ne fait partie d’aucun plan, nuance M. Bourgeois. On veut juste s’assurer que les gens qui se présentent chez nous connaissent bien toutes les mesures qui sont en place. »

Ce type de barrage sera tenu le plus régulièrement possible. Certaines plages horaires stratégiques seront choisies pour l’opération afin de rejoindre le maximum de personnes.

Déplacements entre les villes

Le maire de Bromont, Louis Villeneuve, se fait plus insistant envers les gens qui voyagent encore vers Bromont et les prie d’attendre à la fin de la crise pour revenir. La ville fait en effet partie de la région sanitaire de l’Estrie, la deuxième région la plus touchée par la COVID-19.

« On fait appel aux gens de ne pas faire exprès d’aller à Bromont. On ne dit pas aux gens qu’on ne veut pas les voir, mais je ne mettrai pas une pancarte à l’entrée de la ville disant “Bienvenue à Bromont”, illustre-t-il. Ceux qui n’ont pas affaire à Bromont, essayez de rester dans votre région. M. Legault a demandé d’éviter ces voyages-là. Ça vaut pour Bromont. »

Il a même rencontré deux cyclistes venus de l’extérieur pour pédaler à Bromont, samedi matin. Après leur avoir demandé s’ils étaient au courant des consignes et leur avoir demandé pourquoi, alors, ils étaient là, ils ont collaboré et sont repartis.

« Comme maire, pensez-vous que c’est plaisant d’éviter que les touristes viennent chez nous ? On est une ville touristique. Pour nous, ce sont des sacrifices aussi. Économiquement, ce n’est pas facile pour nos marchants. On est dans une crise mondiale. Faut que chacun fasse sa part. » 

Quant aux snowbirds qui s’apprêtent à venir faire leur quarantaine au camping Vacances Bromont, il leur demande de respecter leur période d’isolement obligatoire et de ne pas se présenter dans les lieux publics, comme les supermarchés, que ce soit après s’être installés ou avant d’entrer sur le site de camping.

Bonne réception

L’initiative de la ville et de son service de police a été bien reçue par les automobilistes rencontrés. 

« Il faut qu’on soit proactif par rapport à la maladie, s’est réjoui un Bromontois après son passage au barrage. Je demeure dans la montagne et des weekenders, je n’en vois pas. Je vois juste ceux qui sont là à temps plein. Les snowbirds, ils vont s’en aller en quarantaine. Alors je ne suis pas inquiet outre mesure. »

« On est très satisfait », a commenté une conductrice qui connaît bien le sujet, travaillant dans un hôpital.

Un jeune homme qui livrait des colis, et qui est à même de voir les changements comportementaux dus à la COVID-19, croit que « c’est une bonne idée ».

Les policiers ont interrogé tout le monde en se tenant à distance.