Avec 95 cas, la ville de Sherbrooke est la région la plus touchée en Estrie par la pandémie du coronavirus.
Avec 95 cas, la ville de Sherbrooke est la région la plus touchée en Estrie par la pandémie du coronavirus.

Tout près d'une centaine de cas à Sherbrooke

Avec 95 cas, la ville de Sherbrooke est la région la plus touchée en Estrie par la pandémie du coronavirus. La Haute-Yamaska, incluant Granby et Bromont, compte quant à elle 66 cas. En tout, il y a 296 infections sur le territoire du CIUSSS de l'Estrie - CHUS. 

Les autorités ont dévoilé des chiffres plus précis dimanche concernant l’Estrie à la demande du premier ministre.

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Le Réseau local de service de Memphrémagog avec 40 cas (en très forte majorité à Magog) et celui du Val Saint-François avec 42 comptent aussi un nombre important d’infections.

Le secteur de Cowansville compte 29 cas.

La MRC de Coaticook (5 cas), la MRC du Haut-Saint-François (7 cas), la MRC du Granit (5 cas) et la MRC des Sources (1 cas) sont plus épargnées par la pandémie.

Un chiffre « encourageant »

Le maire de Sherbrooke, Steve Lussier, ne s’inquiétait pas du chiffre de 95 cas dévoilé par la santé publique.

« Il faut regarder par rapport à la population, lance le maire. Sur une population de 170 000 personnes, on est plus bas que d’autres régions. Ce chiffre me dit que les gens ont respecté les règles dans l’ensemble. Ça m’encourage de voir que ça ne monte pas plus que ça. »

« Je pense que les gens suivent les consignes, poursuit M. Lussier. Les commerces et les industries aussi. Ce n’est pas toujours facile. Il reste toujours des gens qui ne suivent pas les consignes et pour ceux-là on doit travailler un peu plus fort. »

Steve Lussier confirme avoir une conférence téléphonique avec la santé publique lundi. Il entend demander des données plus précises concernant Sherbrooke.

« On ne veut pas de noms, mais d’avoir des lignes, ça nous permet de nous enligner. On peut voir ce qui se fait de mieux dans certains secteurs. Pourquoi ne pas échanger les bonnes pratiques ? »

Plus de détails

Vicki-May Hamm, mairesse de Magog, n’est pas surprise des chiffres dévoilés par la santé publique.

« C’est plus réparti que ce que je pensais, mentionne-t-elle. Je pensais qu’il y avait une concentration plus importante à Sherbrooke et à Granby. Je ne suis pas surprise d’une quarantaine de cas à Magog. »

Mme Hamm espérait toutefois pouvoir compter sur des données plus précises.

« Je comprends qu’ils ne veulent pas pointer des gens du doigt, mais si c’était plus précis, ça nous permettrait de dire quel endroit éviter, souligne la mairesse. On comprend pourquoi ils ne l’ont pas fait jusqu’à maintenant, mais maintenant qu’il y a un grand volume, j’espère qu’on va avoir un peu plus de détails. »

« Si je savais dans ma ville qu’il y a une concentration dans tel coin, ça nous permettrait de mieux intervenir, précise-t-elle. En ce moment, je sais que certaines personnes l’ont, mais je le sais des réseaux informels. »

Mme Hamm n’hésite pas à faire un parallèle avec sa demande de savoir ce que les trains de marchandises transportent lorsqu’ils traversent la ville.

« Je me suis fait dire qu’on ne pouvait pas dire ça publiquement, que ça pourrait causer des vandales ou du terrorisme, résume-t-elle. Je leur ai dit de le dire à seulement une personne aux mesures d’urgence et que ça allait nous permettre de mieux intervenir. Mais même si, oui, j’aimerais avoir le plus d’information possible pour mieux intervenir, je comprends que tout le monde est débordé. »

À l’instar de Mme Hamm, la mairesse de Windsor, Sylvie Bureau, souhaiterait obtenir une localisation plus précise des cas.

« Il faudrait savoir d'où ça vient, plaide-t-elle. Est-ce qu’il y a en a dix dans la même résidence de personnes âgées, dix qui ont été dans une école ensemble ? Je trouve que ce n’est pas le même impact que par exemple 42 personnes qui se promènent partout séparément. Puis, c’est aussi pour ça que les résidences pour aînés doivent être protégées le plus possible. S’il y a un cas, ça peut se propager très facilement. »

Pas encore pertinent, dit la DSP

« Nous avons décidé de les mettre par [Réseau local de service (RLS)], car il y a plusieurs villes en Estrie où un recense un cas ou deux. Je comprends l’intention du premier ministre d’identifier les points chauds, mais ce n’est pas vraiment pertinent pour nous, à l’heure actuelle », explique le directeur de la Santé publique de l’Estrie, le Dr Alain Poirier. 

Les enquêtes épidémiologiques révèlent plutôt des cas liés à des voyages, qui ont ensuite contaminé d’autres personnes lors de fêtes ou des visites, poursuit-il. Il donne en exemple la municipalité de Racine, où une vingtaine de cas ont été recensés, mais qui remontaient tous à une personne qui revenait de voyage et qui a transmis le virus lors d’une fête. « Ce n’est pas la ville de Racine qui est dangereuse », indique-t-il.

Les données actuelles ne permettent pas de déterminer qu’on doive isoler certains secteurs ou villes de l’Estrie, assure le Dr Poirier. 

« J’étais très content que le premier ministre nous donne le “allez-y” pour identifier des zones à éviter. Mais, pour nous, ce n’est encore pas le cas. J’aime qu’il nous donne la latitude de l’expliquer à la population », affirme le Dr Poirier.

Appel à la prudence

Luc Cayer, préfet de la MRC du Val-Saint-François, se dit certainement « inquiet » devant le dénombrement de 42 cas d’infection au coronavirus dans sa région. Une donnée dont il n’a eu connaissance que dimanche, au même titre que le reste de la population.

« Ce que ça nous dit, c’est qu’il faut être plus vigilants. Mais est-ce qu’on est rendus à mettre une municipalité en quarantaine ? Non », note celui qui appelle à la prudence quant à l’interprétation de ces statistiques.

« J’ai écrit immédiatement au CIUSSS lorsque j’ai reçu les chiffres, explique-t-il. Ce sont des données incomplètes. Ce n’est pas qu’elles ne sont pas bonnes, mais il faudrait savoir combien de tests ont été effectués au total. Si moi j’ai effectué dix fois plus de tests qu’une autre MRC, c’est peut-être normal que j’aie dix fois plus de cas. »

La MRC du Val-Saint-François, qui regroupe 18 municipalités, devait déjà tenir une rencontre de conseil exécutif dans les prochains jours. « On va voir ce qu’on peut faire pour améliorer encore plus les mesures », affirme M. Cayer.

Hausse de 43 cas

L’Estrie a connu une hausse plus importante que la veille de cas de la COVID-19 dimanche avec 43 cas supplémentaires. On en dénombrait 26 additionnels samedi. On ne signalait toutefois aucun nouveau décès en Estrie au courant de la fin de semaine.

L’Estrie est donc toujours la deuxième région du Québec la plus touchée par la pandémie du coronavirus.