Devant un chiffre d’affaires en chute libre, Taxi 3000 a diminué ses heures d’ouverture.

Taxis à Granby: des heures d’ouverture restreintes

De moins en moins d’usagers de la route utilisent les taxis en raison de la fermeture temporaire et graduelle des différents lieux de travail. Les entreprises granbyennes Taxi 3000 et Taxi DR ont ainsi été contraintes de réduire leurs heures de service.

Le président de Taxi 3000, Elvis Redzepagic, a choisi de fermer le service de minuit à 6h. Il demande également aux usagers qui veulent un taxi ou un taxi-bus tôt le matin de réserver dès la veille. Deux ou trois travailleurs font appel à Taxi 3000 entre minuit et 1h30. M. Redzepagic les a appelés pour leur demander de réserver quelques heures d’avance afin qu’une voiture soit mobilisée spécialement pour eux.

« L’ouvrage a baissé de beaucoup, explique-t-il. On n’a quasiment plus d’appels, même le jour. Le chiffre d’affaires a baissé de plus de 50 %. »

Des 36 voitures en circulation chaque jour, il n’y en a plus qu’une dizaine. Plusieurs chauffeurs restent chez eux, puisqu’il n’y a plus de clients, d’autres se sont retirés parce qu’ils ont plus de 70 ans et quelques-uns font partie de la population à risque.

« C’est peut-être mieux comme ça, parce que ça veut dire que les gens restent chez eux», philosophe M. Redzepagic.

Taxi DR a aussi réduit ses heures d’ouverture et ferme de minuit à 6h. Quant à Taxi Granby, les heures sont restreintes depuis environ un an déjà et elles ne changent pas.

Essentiels, mais risqués

Selon le gouvernement Legault, les taxis font partie des services essentiels.

« Je trouve qu’on est trop exposés aux risques, considère toutefois le président de Taxi 3000, lui-même en quarantaine depuis son retour de vacances. Je trouve que les gens qui travaillent dans les taxis et les autobus, leur vie est vraiment exposée. Ils sont aussi des héros. »

Pour protéger ses chauffeurs, il a mis en place un protocole que tous doivent respecter, conducteurs et clients.

« On peut refuser des clients s’ils ne respectent pas nos demandes», insiste-t-il.

D’abord, chaque voiture ne prendra désormais à bord et à l’arrière qu’un maximum de deux passagers adultes ou d’un adulte et de deux enfants.

Il raconte que la répartitrice a refusé récemment des familles complètes voulant aller faire leur épicerie en prenant un taxi. Celles-ci n’étaient pas heureuses de cette mesure, mais M. Redzepagic se questionne sur la nécessité d’être deux adultes et trois enfants à l’épicerie en temps de pandémie où la distanciation sociale est notamment obligatoire...

Les clients sont également obligés de se laver les mains avec leur propre désinfectant avant d’entrer dans le taxi ou dans les minutes précédentes, avec du savon et de l’eau. Le chauffeur peut leur fournir du désinfectant au besoin.

On demande aussi aux clients d’éviter les conversations inutiles pour diminuer les gouttelettes de salive dans l’air, ainsi que de couvrir leur bouche.

Les chauffeurs prennent le temps, entre chacun, de désinfecter le nécessaire dans la voiture.

Les consignes ont été affichées sur la page Facebook de l’entreprise.