Therappx permet de trouver, en répondant à six questions simples, l’application mobile qui répond le mieux à ses besoins pour gérer son anxiété.
Therappx permet de trouver, en répondant à six questions simples, l’application mobile qui répond le mieux à ses besoins pour gérer son anxiété.

S’y retrouver parmi les applications de gestion de stress

Cynthia Laflamme
Cynthia Laflamme
Initiative de journalisme local - La Voix de l'Est
Une jeune compagnie de Granby rend accessible gratuitement au grand public un outil qui permet de trouver les meilleures applications mobiles pour gérer son stress et son anxiété. Therappx existe depuis deux ans et s’adressait aux professionnels de la santé, aux employeurs et aux assureurs.

«On a développé une technologie qui nous permet de détecter les meilleures applications pour les patients, explique Alexandre Chagnon, l’entrepreneur derrière le site Question pour un pharmacien. Le client type de Therappx, c’est vraiment un assureur qui veut rembourser une application au même titre qu’un médicament. Ça fait environ 18 mois qu’on voit ça au Québec et au Canada. Nous, on aide ces organisations-là à trouver les applications qu’ils devraient rembourser.»

En voyant toute l’anxiété générée par la pandémie de COVID-19, les associés, Michael Cardinal, pharmacien dans la région de Montréal, et Alexandre Chagnon, directeur général, ainsi que les programmeurs Alexandre Guertin et Alexi Gasse, se sont penchés sur une version grand public ciblant particulièrement la santé mentale. Elle a finalement été lancée lundi.

«Il y a 170 000 applications dans les magasins d’applications. C’est énorme. Et là-dedans, il y a un petit paquet qui a du sens au niveau clinique. Notre travail, c’est de les trouver. La personne qui souffre d’anxiété a deux choix. Le premier est de se trouver un psychologue ou autre ressource pour une consultation à distance, mais on se rend compte que la plupart des psychologues sont débordés et que la plupart aiment avoir une première consultation en personne pour tisser des liens. L’autre alternative est de se tourner vers le web et les applications mobiles. On fait un ménage là-dedans pour les aider à trouver les bonnes applications.»

Une équipe de professionnels et un robot

Pour faire le ménage dans les applications, Therappx a développé un robot qui se «promène» dans les deux magasins virtuels principaux afin de trouver, selon les critères définis, les applications qui répondent aux critères cliniques.

Ensuite, un comité composé d’une vingtaine d’individus évalue les applications. Ils sont médecins, pharmaciens, physiothérapeutes, infirmières ou infirmiers ou encore psychologues.

«Ils ont reçu une formation sur la santé numérique, ajoute M. Chagnon. J’enseigne la santé numérique à l’Université Laval et, donc, j’ai adapté mon cours aux outils numériques en santé. Leur travail est d’utiliser une méthodologie qu’on a développée il y a deux ans en se basant sur la littérature pour évaluer les applications. On est capable, au bout d’un cumul de deux à trois heures de tests, de voir si une application a du sens. Le professionnel doit répondre à la question : est-ce que je serais prêt à prescrire ou à recommander cet outil-là à un de mes patients.»

Il arrive en de rares occasions que l’entreprise communique avec le développeur d’une application, après qu’elle ait été acceptée, pour lui proposer des améliorations.

Par exemple, ils ont proposé à un développeur d’intégrer les normes canadiennes dans son application sur l’hypertension afin que les Canadiens puissent s’y référer. Cependant, ils veulent garder leur neutralité et évitent autant que possible d’intervenir.

Simple et rapide

Ce nouvel outil est simple à utiliser pour les consommateurs. Ils n’ont qu’à se rendre au https://covid19.therappx.com/fr et à répondre à six questions, comme les fonctionnalités recherchées, la langue, si notre téléphone intelligent est un Android ou un Apple et notre province. Avec ces quelques questions, l’outil réussit à cibler les applications qui répondent le mieux aux besoins de la personne.

En quelques heures lundi, environ 300 personnes avaient déjà utilisé l’outil. De ce nombre, 30 % voulaient avoir une application pour obtenir de l’information, mais «la plupart veulent des outils pour faire face au stress et être en mesure de parler à un chatbot. Ça nous a surpris un peu ! Il y a des applications qui permettent d’avoir une discussion avec un robot et il y a beaucoup de gens qui, par curiosité ou intérêt, cliquent sur cette option-là. Il y a des applications super intéressantes, comme Woebot, avec lesquelles ont est capable d’avoir une discussion par écrit.»

Les résultats sont tout aussi intéressants, signale le pharmacien. Avant de pouvoir accéder la liste, une fenêtre secondaire prévient que la ressource ne doit pas se substituer à un professionnel de la santé et qu’il doit solliciter l’aide d’un professionnel ou du 911 si elle est dans une détresse psychologique importante.