Superviseur régional en Montérégie chez Dessercom, Éric Morin assure une bonne communication entre les différentes équipes qui œuvrent sur le terrain.
Superviseur régional en Montérégie chez Dessercom, Éric Morin assure une bonne communication entre les différentes équipes qui œuvrent sur le terrain.

Superviseur régional: un travail méconnu, mais essentiel

Jour après jour, Éric Morin agit comme « courroie de transmission » pour une centaine de paramédics de l’entreprise Dessercom. Superviseur régional, il supporte les équipes qui œuvrent sur le terrain et s’assure que ces dernières disposent de tout le nécessaire pour accomplir leur travail.

En poste depuis trois ans, M. Morin chapeaute la région de la Montérégie regroupant les casernes de Granby, Bedford, Acton Vale et Saint-Hyacinthe. Bien qu’il ne soit plus derrière le volant d’une ambulance, celui qui est paramédic depuis 2008 est tout de même présent sur le terrain lors de situations d’urgence majeures.

« Je vais aider en support aux équipes lors de gros déploiements », explique le superviseur en faisant référence, par exemple, à un carambolage ou un incendie.

Il est également sollicité lors de situations vécues difficilement par les membres de son équipe. Ce fut le cas au printemps 2019 lorsque des intervenants ont pris en charge la fillette de sept ans de Granby alors gravement blessée et qui a succombé à ses blessures par la suite.

Des tâches compliquées par la COVID-19

Le travail de M. Morin comporte aussi une grande quantité de tâches bureaucratiques fondamentales. Il doit notamment s’assurer que tous les paramédics de la Montérégie aient les formations nécessaires pour intervenir adéquatement lors de situations spécifiques, comme c’est le cas présentement avec la pandémie de la COVID-19.

L’un des enjeux de son travail actuellement est d’ailleurs l’approvisionnement en équipement de protection.

« Ma première tâche est d’assurer la sécurité de mes équipes », indique celui qui dirige environ 125 paramédics, précisant toutefois que cela s’est avéré plus difficile récemment avec les pénuries de matériel de protection qu’a connu le Québec.

Éric Morin souligne que l’entreprise a usé d’ingéniosité pour remédier à la situation, par exemple en acquérant des jaquettes protectrices réutilisables.

« On avait aussi des pièces d’équipement disponibles et jamais utilisées datant de l’épidémie d’Ebola », ajoute-t-il en faisant référence à une tente à pression négative. Lorsqu’un patient y est installé, il n’a aucun contact avec les intervenants. Cette tente a donc été mise à contribution lors de la prise en charge des patients infectés ou potentiellement infectés par le coronavirus.

Le superviseur a dû faire preuve de patience, de débrouillardise et, surtout, d’humanité pour rassurer les ambulanciers et les officiers qui l’appuient dans ses tâches.

« La population vivait de l’anxiété, mais les ambulanciers aussi », fait-il valoir.

Dans le cadre de son travail, le superviseur régional doit également répondre aux plaintes du public et les gérer. Il doit trouver des solutions pour s’assurer que les problématiques soulevées ne se reproduisent plus.

Même si son poste est des plus utiles, Éric Morin avoue que le contact avec les patients lui manque. Il confie que, selon lui, être ambulancier « est le plus beau métier du monde. » Il considère que son poste de superviseur régional lui permet de veiller à ce qu’il le demeure, en s’assurant que toutes les équipes soient bien équipées et qu’une bonne communication soit maintenue entre elles.

— Avec la collaboration de Karine Blanchard